Canalblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
EN ALAN AR MEURVOR
Publicité
EN ALAN AR MEURVOR
Publicité
Publicité
Derniers commentaires
Archives
Publicité
21 novembre 2007

TORFED EN ILIZ-VEUR

180px_Thomas_Becket_Murder_1_En des temps reculés, le vingt neuf décembre 1170, le sang fut versé à l’intérieur même de la cathédrale de Cantorbéry, près de l’autel et l’homme que l’on assassinait n’était autre que l’archevêque lui-même, Thomas Becket. Mais tout crime n’est pas crime de sang et les églises épiscopales peuvent être le théâtre de toute sortes d’actes condamnables. Il en est un, particulièrement, et sous l’effet d’une transmutation étrange qui tient de l’alchimie, dont le caractère délictueux ne s’avère que lorsqu’il est perpétré dans l’enceinte sacrée d’une église.

         En ce premier du mois de Septembre 2007, en la bonne ville de Quimper Corentin, messires Vladimir et Karagar ne pouvaient réellement ignorer que ce qu’ils s’apprêtaient à faire les exposaient à d’éventuelles remontrances des autorités épiscopales. Sieur Karagar, en effet, avait décidé, après avoir recueilli l’assentiment de Sieur Vladimir, de procéder à l’échange des anneaux symbolisant leur union, en la nef de l’église cathédrale de la dite cité. Il avait en cela pour ainsi dire répondu à un appel de l’édifice lui-même, reçu un soir, au couchant. Bien que ne partageant pas la foi qui avait fait ériger le vénérable édifice, il respectait la sacralité dont on avait habillé ce lieu et considérait, appartenant lui-même à une civilisation dont l’architecture gothique est une des émanations, que la cathédrale parlait un langage qui traduisait fort bien son besoin de rituel et qu’il n’avait pas la présomption de trouver un autre endroit qui l’exprimât mieux. Il savait également que la période qui avait vu s’élever la cathédrale admettait mieux qu’aujourd’hui que chacun vienne dans l’église avec son besoin, sa motivation propres, qu’un office même n’interdisait pas, comme aujourd’hui, la déambulation dans le sanctuaire pour y accomplir un rituel personnel. Le plan lui-même des églises est le résultat de siècles de recherche pour faciliter précisément cette double fonction de la communion et de l’individuel. Il savait aussi qu’au Moyen Age, décidément paradoxal, et malgré l’interdit, des prêtres avaient marié des hommes.

         Pris dans l’élan de ce moment, Sieurs Vladimir et Karagar, sans arrière pensée aucune, échangèrent un baiser et furent vus par un sacristain qui, par manque de chance, considérait déjà auparavant Karagar comme persona non grata dans la cathédrale, car il avait l’outrecuidance d’y faire des visites guidées en langue bretonne alors qu’il parle très bien français (sic). C’est ainsi qu’ils furent, ainsi que leur joyeux équipage, vertement priés de quitter le sanctuaire. Il était certes midi, mais son empressement à les chasser était assez douteux.

Sieur Karagar ne fut guère ému de cet événement sur le coup. La petitesse n’entacherait pas la journée. Il n’ouvrit pas la bouche pour se défendre et ne résista à aucune tentation pour le faire.

Mais à ce moment, preux chevalier inattendu, Maître Cornus vola à leur secours avec maîtrise et bon sens, dans une intervention qui fut remarquée et appréciée à sa juste valeur par beaucoup.

Ce geste m’a beaucoup ému. Connaissant le parcours de Maître Cornus, qu’il se mette en première ligne pour défendre une cause dont jusqu’alors il parlait peu et qui pouvait peut-être lui être sujet sensible, m’avait paru alors d’un très grand courage. Je tenais aujourd’hui à lui rendre, pour ce geste,  un hommage – encore un mot médiéval – désormais possible .

wpok

Publicité
Commentaires
L
qu'est ce qu'un sacristain, sinon le gardien d'un lieu clos, de quelques objets consacrés auxquels on accorde bien plus de valeurs qu'ils n'en ont?<br /> Le sacré, dans la cathédrale, c'est l'air qui circule entre les piliers, c'est la cathédrale elle même. <br /> Et je suppose que la cathédrale n'a aucunement protesté, elle? :-)<br /> Le sacré, en ce premier du mois de septembre 2007, c'était l'amour que vous avez offert à ce lieu, en y laissant briller le votre.<br /> Et bravo à Maitre Cornus!<br /> La photo est magnifique: le moment qui précède le baiser immortalisé. Cela donne une dimension sans fin à tout ce qui va suivre
Répondre
K
Moi non plus, je n'y crois guère...<br /> Je suis heureuse que vous ayez pu vivre ce moment extraordinaire et mémorable dans la cathédrale que j'aime tant ! Il ne faut en conserver que le meilleur...
Répondre
K
Kridienn> Je n'ai pas de renseignement pour des unions de femmes. Mais j'ai je n' y crois guère...<br /> Kleger> Que tu l'aies vécu comme çà me rend vraiment heureux...<br /> Cornus> Je voulais parler de ton intervention depuis longtemps ici, mais comme je voulais mettre en perspective, je ne pouvais. Ton timing aura donc été le mien.<br /> Cornus2> C'est un vrai chemin de croix que vous concoctez pour Dame Kleger?
Répondre
C
Autrement, je me réjouis de la relative sérénité retrouvée par Dame Kleger. Elle n'aura donc aucune excuse quand elle viendra nous visiter dans nos terres spetentrionales et bourguignonnes, même si elle pourra y avoir d'autres sujets d'intérêt.
Répondre
C
Alors quelques explications tout de même.<br /> Pour ne rien cacher, il est vrai que peut-être dans mon subconscient, j'étais un peu aux aguets en même temps que j'étais ému par la cérémonie, par la présence des invités pour la plupart encore inconnus, mais surtout par la présence de deux charmantes personnes, deux amis qui accomplissaient là un geste d'une extraordinaire beauté.<br /> Dire que mon intervention était inattendue, je ne sais pas. Dans certains cas, ma capacité d'indignation peut surprendre, surtout si elle prend ses racines dans un acte ou des paroles que je perçois comme injustes.<br /> Quant à mon parcours, il n'a pas été un frein mais sans doute une raison supplémentaire à mon intervention. Enfin, alors que je connais des curés ouverts et sympas, je supporte de moins en moins les hommes d'église ou les "cathos" arriérés et bien-pensants.<br /> Alors non, je ne suis pas un preux chevalier, ça s'est juste passé comme ça.
Répondre
Publicité