Le lendemain nous prenons l'ascenseur pour faire quelques courses et découvrir le bourg de Valtournenche, "capitale" de la vallée. Il est dominé par la Becca d'Aran que nous avions escaladée la veille. 

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Nous trouvons vite un magasin nommé la Maison des Gourmands, la bien nommée.

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Ici l'expression "produits locaux" n'est pas usurpée : fromages nombreux, pâtes bien sûr, gâteaux (dont la tarte friable chocolat noisettes que j'adore), jambons, Genepi, avec explications détaillées de l'épicier. J'apprendrai ici  - car nous reviendrons - à la fin du séjour ce qu'est le Genepi, que l'avais goûté pour la première fois deux jours avant, avec force détails sur la plante (même genre que l'absinthe), les règles de cueillette etc... (c'est Cornus qui m'apprendra ici que j'en avais d'ores et déjà photographié une sans le savoir). Si cette Italie là ressemble bien peu à celle que j'avais visitée il y a quelques années, il y a dans le rapport à la nourriture quelque chose qui m'avait plu et que je retrouve.

C'est bien sûr, au vu du nom du magasin, l'occasion d'évoquer la langue mystérieuse qui n'est autre que le français. Bon, j'avais lu avant d'y aller que le val d'Aoste était plus ou moins francophone, ce que j'ignorais à vrai dire. Et évidemment, ce qui m'a immédiatement frappé ce sont les noms de lieux dont beaucoup sont en langue d'oil "classique"; la signalétique est bilingue, les inscriptions dans certaines églises entièrement français sans un mot d'italien, beaucoup de noms de magasins, d'hôtels également, bref la langue française est partout, parfois dans un mélange anarchique avec l'italien. J'aurais dû bien sûr le remarquer dès le passage de la frontière ,129777717 mais ça ne m'avais tout bonnement - et bêtement - pas frappé. Et soudain, car tout le monde parlait italien uniquement autour de nous, l'analogie m'a sauté aux yeux: le français est ici comme le breton en Bretagne, on le voit partout, on l'entend très peu. Pourtant c'est différent car le fait est que beaucoup de gens passent au français sans problème s'il le faut. Tourisme? Connaissance traditionnelle? Je l'ignorais jusqu'au jour où, buvant un capuccino dans un bar, j'ai entendu un vieux qui parlait quelque chose qui me semblait une alternance entre les deux langues. Là, je tenais quelque chose. Dernier indice, le hameau où nous habitions est noté sur les cartes, je l'ai dit, comme "le Château", mais le panneau à l'entrée donnait un nom très différent. En le lisant plusieurs fois à haute voix, je me suis rendu compte que ça devait être la prononciation locale du mot français château.

Enfin, pour clore sur le sujet, je me suis rappelé, une fois rentré en Bretagne, qu'il avait été question, il a plus de deux ans, que j'aille en Italie, pour y recevoir un prix littéraire (littérature en langue autochtone, comme on dit maintenant), le covid est passé par là et la chose a dû être annulée. Mais j'ai le vague souvenir que c'était dans un coin montagneux, en rapport avec des langues minoritaires, et où le fait que je ne sois pas italophone n'aurait pas posé problème. J'ai oublié le nom du bled, mais peut-être était-ce dans ce coin... Alors si c'est relancé, j'irai avec plaisir.

Après les courses, nous remontons la vallée jusqu'au "terminus", à savoir la station de Breuil, au pied du Cervin, car le temps pouvait nous laisser espérer voir la bête. 

IMG_4565 Breuil, c'est très moche, mais le site, une sorte de cirque dominé par le Cervin est, à l'inverse, très beau. Nous trouvons un coin hors de la ville pour pique-niquer au pied d'un Matterhorn encore un peu pudique, avec un soleil jouant à cache-cache...

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En redéscendant la vallée nous visitons le gouffre des Busserailles et ses "marmites".

IMG_4646 C'est une faille creusée dans la roche, de 104 mètres de longueur, qui remonte à l’ère glaciaire et qui s’est formée suite à l’action de l’eau et des glaciers du Cervin, qui inondaient la vallée à des époques lointaines.

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Nous descendons la vallée jusqu'au lac du Maen (sic) au pied du Mont Mené (re sic)

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Le lendemain nous envisageons l'ascension du Grand Tournalin (3379 m) le point culminant de l'amphithéâtre de montagnes qui nous entoure. C'est déjà plus haut qu'aucun des sommets pyrénéens français.

(Tournalin au centre de la photo, derrière l'hôtel)

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Ce matin là, le Cervin est plutôt bien luné.

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En chemin, belle vue sur la Becca d'Aran et un convoi d'équidés avec en arrière plan, "notre" maison.

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La montée est longue et douce, moins éreintante que pour la Becca.

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A partir d'une certaine altitude et d'une altitude certaine, pierriers et névés sont au rendez-vous.

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Nous arrivons enfin au col entre le Grand et le Petit Tournalin. Nous sommes déjà à 3100 m.  Ce sera le lieu du pique-nique ce jour. Il fait tellement froid que j'ai mal aux doigts en mangeant.

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(ici le Petit Tounalin, moins haut mais plus difficile d'accès encore)

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Il faut alors s'engager sur la crête sommitale. Wikipédia nous dit "On atteint le sommet suivant un parcours sur la crête assez difficile et franchissant le Mauvais pas." Le mauvais pas c'est une crête en pierre lisse, très étroite et aérienne, qu'on ne peut franchir qu'à l'aide d'une corde. Techniquement faisable, mais quelques centimètres pour mes pieds avec plusieurs centaines de mètres de vide de part et d'autre, ça m'est impossible. Je ne franchirai pas le Mauvais Pas.

(là je suis allé, l'endroit terrible est quelques mètres plus haut)

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Nous sommes autour de 3200 m, ce qui reste le plus haut point où mes pieds m'ont mené, après le pic du Taillon (Pyrénées, 3144 m).  Mais c'est néanmoins un échec. Nous redescendons par un chemin différent ce qui nous offre de nouvelles perspectives.

Le Grand et le Petit Tournalin

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Une des images plus haut vous a montré la montagne tantôt grise, tantôt rouille. La couleur marquante dans le coin est aussi le vert, grâce à la présence de la serpentinite, surnommée marbre vert.

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