IMG_9011 Je monte à bord un peu soucieux. Cela fait une semaine que je suis officiellement guéri, que j'ai repris le travail, les bains de mer, mais depuis trois jours, la toux qui avait semblé un épiphénomène est revenue, un peu plus marquée. Les préparatifs divers m'ont semblé légèrement poussifs et j'aborde le port de Roscoff avec une sensation de fatigue. Je crains la rechute. D'autant qu'il y a quelques ascensions costaudes au programme... Des ascensions difficiles en Grande-Bretagne, j'en imagine déjà certains sourire. Nous verrons bien...

Je suis donc très prudent une fois rejoint les niveaux supérieurs du navire. Je me partage, malgré le beau temps, entre sieste et lecture à l'intérieur - je lis d'une traite une série de nouvelles consubstantielles écrites par un ami - alors que les britanniques, très largement majoritaires à bord, se dorent sur le pont.

IMG_9009 En fin de traversée, je me décide enfin à sortir. Et là, miraculeusement, j'ai envie de dire, il est là, au même endroit. A chaque traversée, au moment où je sors sur le pont, me disant intuitivement que le Devon approche, Eddystone pointe plein ouest sur une mer argentée, côtoyé par son moignon.

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J'ai déjà évoqué ce phare historique, le premier jamais construit en pleine mer, si bien maçonné que la roche qui le portait s'est usée avant lui. On en bâtit un nouveau, plus grand, sur l'étoc voisin, mais les anglais, ayant un sens aigu bien avant l'heure de ce que l'on appellera bien plus tard le patrimoine, le démontèrent soigneusement pour le remonter sur le fameux Hoe,IMG_9035 là où Drake aurait tranquillement joué aux boules attendant la marée pour aller combattre l'Armada espagnole.

Les côtes du Devon sont désormais bien visibles, dominées par Dartmoor et son célèbre chien.

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Désormais dans la rade, je m'amuse avec le phare portuaire, et avec la magie du zoom, je l'associe à son grand frère Eddy !

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Vladimir m'attend à terre où nous irons manger un fish and chips (je goûte le poisson mais pas les frites alors que je goûte les pommes vapeur du jardin, et je commence à comprendre, grâce à de précédentes expériences, que plus la nourriture est transformée, moins j'ai de chance de la goûter/sentir).

Alors que le vin c'est fini pour moi, j'ai la chance de goûter encore la bière. Celle que je prends est grande-cornouaillaise et s'appelle Korev ! part0000011 bis Les bretons comprendront...