Le lendemain donc, jour de Noël, ce dont je n'eus conscience qu'après que Vladimir me l'avait rappelé,nous nous mîmes en quête du roque Faneque qui domine l'Atlantique de plus 1000 m. Contrairement à beaucoup d'endroits, ce site exceptionnel  était assez peu commenté sur le web. Rien en français ou si peu, le castillan m'était assez peu accessible, c'est en anglais que je trouvai les renseignements. Le sentier part du parking du parc naturel de Tamadaba. Ce parc est en fait une grande forêt de pinus canariensis. Ce conifère d'altitude condense la brume sur ses aiguilles qui glissent au sol et... arrose la terre. Cette partie verdoyante contraste avec les zones désertiques du sud.

Néanmoins, pour atteindre ce parc, tout proche à vol d'oiseau, il nous faut tournicoter longtemps par des routes de montagne. C'est étonnamment verdoyant et varié, fleuri. Plusieurs choses attirent mon attention : à une certaine altitude apparaissent des châtaigniers, en phase automnale, avec leurs feuilles dorées qui tombent au sol. Après la végétation désertique, ou subtropicale, après le clin d'oeil printanier des amandiers, me voici encore tout déstabilisé (d'autant que des étendues de fougères-aigles roussies les accompagnent !). Et puis, un truc incroyable: Il y a dans la capitale historique du Cap, une grande plante grimpante mystérieuse, assez frileuse (elle a dégusté l'hiver dernier) que je n'ai vu que là et dont j'ignore tout. Je l'ai bouturée avec succès et j'en ai donc un jeune exemplaire, mais je ne sais toujours pas qui elle est ! Eh bien, de la voiture, j'en vois une qui grimpe sur un grillage ! Mais j'ignore toujours ce qe c'est. (Je sais  quand même qu'il y en a au moins trois dans le monde !)

Nous passons au dessus d'un ancien cratère

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et un peu plus loin, le roque del Nublo se fait voir, c'est le site lep lus célèbre de l'intérieur et nous irons le voir le lendemain.

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Nous voici dans la forêt de pins et descendons gentiment vers la mer

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et puis autour de nous la montagne cède le pas et dégringole vers la mer, sauf notre sentier qui file vers le promontoire.

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Et puis soudain, entre deux arbres, apparaît Agaete et notre port, 1000 mètres plus bas, qui semble vus d'avion. De l'autre côté aussi, le mer se profile, dans ce voile constant qui rend les photos bizarres.

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nous arrivons au premier roc, la plus facile d'accès. C'est impressionnant mais peu photographiable.

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En nous penchant nous voyons les premiers lacets du la GC-200, route un peu mythique dont je reparlerai.

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C'est l'heure du repas de Noël :

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Vient ensuite le second roc, d'où on voit le premier où nous étions...

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Quand au troisième, celui qui nous permettrait d'être au bout du bout, il est séparé d'une faille dont j'avais lu que le franchissement relevait de l'escalade. Nous ne nous y aventurerons donc pas.

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(Ce film me prouve que nous avons bien fait, il faut être plus au moins encordé).

Pendant toutes ces heures de ballade, nous n'avons croisé qu'un couple.

Il est encore tôt, et nous décidons d'aller jeter un oeil au Mirador del Balcon, petite vigie au dessus des falaises de la côte Ouest, au départ de la fameuse GC-200. Mais une fois de plus, si nous sommes à une dizaine de km de l'endroit désiré, il nous faudra plusieurs heures pour l'atteindre.

Nous devons nous rapprocher du centre montagneux et emprunter un barranco (disons gorges) interminable, à la route étroite, qui nous balade sur des kilomètres dans un paysage  à la "Colorado", de nouveau désertique et ocré. Je suis vraiment très dépaysé (et épuisé de conduite). Peu de photos car les arrêts étaient rarement possibles. Sur l'une d'elle, on voit que le pennistetum (sans doute setaceum, pas rustique) est la graminée la plus répandue. Or j'aime l'herbe aux écouvillons.

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Et tout cela nous amène à la mer.

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De là, je trouve la route du mirador, avec un peu de flair et de chance, car il n'est plus indiqué et le GPS ne le connaît plus. C'est qu'il est au début de la GC-200 qui est condamnée car devenue trop dangereuse.

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Nous osons pousser quelques kilomètres après le mirador jusqu'à la barrière. On voit bien la fameuse route qui part en corniche à l'assaut de la montagne. Ce sont les éboulements, malgré les filets, qui la rendent impraticables. Voici ce qu'on en dit :

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C'est un tunnel qui la remplace, mais je constate finalement que seulement la première partie est interdite (le tunnel n'est pas fini) et nous parcourons donc le second tronçon, mais de nuit!  Ca vaut peut-être mieux. Mais, j'ai dans la tête de revenir voir ça de jour!