IMG_6102Nous quittons Durdle Door en traversant les Purbeck Hills. Je ne suis pas mécontent de situer l'origine de ce fameux "marbre", utilisé à foison dans l'architecture gothique anglaise pour les colonnettes et autres corniches qui dessinent d'un trait noir les élévations intérieures. Sa couleur noire ou sombre m'avait toujours intrigué mais je lis à l'occasion que c'est le résultat d'une teinture médiévale.

Je m'empresse de vérifier l'altitude de ces "hills" dès que j'ai un accès Internet. Car l'impression est étonnante, à les traverser. C'est hélas un camp militaire - ce qui dit-on, les a préservées ! - et la météo n'a pas permis une seule photo montrable, mais les pentes sont telles que la voiture peine, le relief est marqué, le paysage très sauvage. Le point culminant, renseignements pris,  atteint pourtant à peine les 200 m !

Cette impression ne fait que confirmer un sentiment que j'ai souvent eu. Ce pays aux altitudes modestes ondule, bourgeonne, fait le dos rond, se cambre, sa cabre, si bien que 100 mètres vous font une belle colline et deux cent une montagne. La campagne anglaise est tout sauf monotone. Je ne connais pas la cause de ce relief si marqué. Et bien sûr, je ne parle pas du reste. Le reste ce sont les arbres - j'ai l'habitude de dire par boutade, mais je ne suis pas loin de la réalité, qu'il y a là bas dans une seule prairie plus de beaux arbres que dans tout le Finistère -, les prairies naturelles à l'infini, les manoirs et parcs attenant à chaque tournant. Je me demande ce qu'un anglais pense lorsqu'il aborde le nord de la France (au sens large). Je précise avant de clore le sujet, qu'ayant parcouru pas mal de pays ouest européens en voiture, aucun ne m'a frappé comme la Grande Bretagne pour la beauté de ses campagnes.

Le 24, à la nuit tombée - pas difficile vu qu'elle tombe à 16h00 - nous arrivons dans un petite village bien au nord de Londres où nous passerons Noël. La veille de Noël n'est pas ici l'occasion d'agapes particulières.

Le jour de Noël se passe sur un rythme très spécial qu'un non natif ne comprend pas. Mais je me laisse porter...

L'ouverture des cadeaux prend presque la journée. Ça se fait par petites doses. Le repas à lieu assez tard après midi.

Voici notre table décorée, avec crackers et autres choses pétaradantes prêtes :taol nedeleg

Le menu est invariablement le même dans tous les foyers et relève, à le comparer aux habitudes françaises, de la diététique. Pas d'entrée, une assiette unique : dinde au four, saucisses anglaises (bof), morceau de farce (aux marrons?) et légumes variés cuits au four ou à l'eau : patates (excellentes), choux de Bruxelles, panais... Dommage - et c'est là où les anglais pèchent - que tout cela fût précédé d'amuses-gueules du pire acabit, gustativement et diététiquement parlant.

Mais je ne vous fais plus attendre, vous êtes tous impatient de savoir quel était le dessert !

Voici toute les étapes du service du fameux Christmas Pudding, confectionné comme il se doit, par la reine mère maman de Vladimir (flambé au brandy - made in France!).

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Un fois dans l'assiette, on y fait fondre du brandy (encore!) butter et on l'arrose de crème.

Eh bien je dois dire que cette année, qu'il était plus "moist" que d'habitude et que j'ai eu plaisir à le manger.

J'y allais un peu à reculons - je garde en mémoire le premier Noël où j'étais très mal à mon aise -  mais je dois dire que ce fut très agréable. J'étais plus détendu, l'anglais me venait plus facilement et mes hôtes furent très amicaux à mon égard. Je me suis senti un peu de la famille - étrange sentiment mêlé de familiarité et d'exotisme qui perdure -. C'est vrai que cela fait 12 ans maintenant !

Vladimir blague sur le brexit à l'occasion de l'annonce de sa nouvelle nationalité. Mais cela retombe. J'avais entendu dire que c'était le sujet à éviter en GB pour le repas de Noël!