A deux reprises, à l’occasion de commentaires chez consœurs et confrères, j’ai exprimé ce qui me semble être des miennes particularités concernant la musique. Je ne reviendrai pas sur le commentaire fleuve chez Karregwenn à propos de la musique dite classique. Mais plutôt sur mon ignorance dont je dis un mot chez Lancelot.

J’y expliquais que j’étais la plupart du temps incapable d’associer le moindre son à la ribambelle de noms d’artistes musicaux, disons dans les domaines du jazz (j’imagine), rock, variété internationale, dont j’entends les noms, à la radio ou, parfois, de la bouche de connaissances. Quand il s’agit d’amis, je regarde ailleurs, de peur qu’on me demande si j’aime ou pas. Il en va de même, évidemment, pour les noms de groupes. J’ai d’ailleurs assorti le mot jazz d’une précaution rhétorique, car j’ai aussi des difficultés avec les catégories. Un jour, il y a quelques années, des élèves me disent : « tu sais que tu ressembles terriblement à … » [On me prête beaucoup de ressemblances] et bien sûr je n’avais jamais entendu le nom de ce type. Stupéfaction. C’était feu le chanteur un groupe hyper connu dont j’ai oublié le nom.

Une seule fois j’ai parcouru d’un œil les disques de Vladimir. Il y en avait trop, je ne connaissais aucun nom, ça m’a découragé.

Je suis un peu moins crasse pour les artistes français, non par intérêt particulier, mais parce qu’il est plus difficile d’y échapper, mais je dois avouer que récemment, lorsque nombre d’entre vous a rendu hommage à un chanteur disparu, moi je le croyais mort depuis longtemps.

En fait, ce dont je voulais témoigner, c’est que je n’arrive pas bien à comprendre ce qui fait que je connaisse si peu de chose, ou, car tout est relatif, que les autres en connaissent autant. Ma façon de vivre a-t-elle été si différente ? Quand j’étais jeune adulte, oui sans doute, j’en ai déjà parlé.

J’ai donc moi-même, très très peu de disques. Et je les mets très rarement. C’est que pour mettre de la musique, il faut soit que je fasse le ménage ou la cuisine, soit que je décide de ne rien faire du tout, car toute autre activité m’est impossible en musique. Car la musique, si elle me plait, me happe.

De la même façon, je n’ai jamais pu comprendre qu’on puisse mettre de la musique quand on reçoit. Ca me dépasse. Je conçois très bien qu’on veuille faire découvrir une chanson ou un morceau à des amis mais jouer un disque en musique de fond ! Soit j’aime et les gens qui parlent me gênent, soit je ne suis pas attiré et je n’en n’entends pas une note. Ceux qui me connaissent savent que je ne suis, je  crois, ni difficile à vivre, ni faiseur de chichi, c’est juste que je fonctionne comme ça.

Donc peut-être ceci explique cela.

Et j’ai pratiqué 10 ans un instrument de musique assidument ! Allez y comprendre quelque chose.