Dans le champ des fougères, aujourd'hui, j'ai eu trop chaud. Au crépuscule, alors qu'il me tardait de faire glisser l'eau chaude sur mon corps, je musarde sur le balcon, je réfléchis aux tracés qu'il me reste à faire, profitant de la vue panoramique.  La fraîcheur tombe vite, mais les oiseaux ont changé de répertoire. Rien ne m'émeut plus que ces chants crépusculaires magnifiés par le silence où ils s'enchâssent comme de stridentes pierres gemmes. J'ai les larmes aux yeux.  Pourquoi ces gazouillis ont-ils une telle résonance en moi? Parce que je suis né au printemps? Ce moment de joie intense, car il est impartageable, paradoxalement me rend nostalgique. On nous annonce de la douceur, incontestablement déjà arrivée ici. Le printemps accoste, ma saison, mes fleurs de monde rêvé. J'ai longtemps imaginé des ajoncs en fleurs comme signes avant coureur d'un grand évènement. Je me trompais d'attendre autre chose, car le printemps est le plus grand évènement de l'année, sans concurrence.