EN ALAN AR MEURVOR

PAS DE BLOG CE WEEK END

londres

Posté par karagar à 20:47 - Commentaires [1] - Permalien [#]


IWERZHON 3

L'ÎLE PAROXYSTIQUE

skellig-map6bis Nous sommes sympathiquement accueillis dans le gîte par notre hôte. Nous occuperons une petite partie d’un bâtiment assez étrange, d’apparence composite, dont nous découvrirons le corps de logis principal, d’une grande modernité, le dernier jour. Mais ce qui me frappe - et me plait - à cet instant, c’est son isolement, dernière maison au bout d’une longue voie en cul-de-sac, entouré de pâtures et de landes.

Après les entrées en matière d’usage – c’est notre propriétaire qui prononcera le ‘from home to home’ mentionné au début de ce récit en apprenant d’où nous venions – Vladimir s’enquiert de la meilleure route pour se rendre à Portmagee où nous devons nous rendre le lendemain matin pour embarquer à destination de Skellig Michael. Celui-ci ouvre des yeux ronds : Vous aller aux Skelligs ! Ouah, quelle chance ! Il jette un œil à la mer qu’on domine, jauge l’aspect des vagues. Il ne devrait pas y avoir de problème. Car parfois, pour les Skelligs…

Oui, de la chance, nous en avons, plus sans doute qu’il n’imagine.

Peut-être vous souvenez-vous que j’annonçais notre intention ici d’aller en Irlande par une photo de Skellig Michael. Car malgré tous les attraits de ce pays, c’est la première chose qui me soit venue à l’esprit. Pourtant, j’ai connu l’existence de cette île assez tardivement. Par le biais de son phare. Je me souviens très bien que je tournais les pages du chapitre d’un grand livre sur les phares de l’arc atlantique consacré à l’Irlande quand je restai saisi par la photo de l’île d’An Tiaracht de l’archipel des Baskets avec son phare minuscule, tant la situation de ce dernier m’avait semblé extrême. inish3 Je tournai la page suivante et mon étonnement fut à son comble en ce qu’elle montrait une île plus escarpée encore, quoique très ressemblante. Ce crescendo m’avait fasciné. Cette seconde île c’était Skellig Michael. MI+Skellig+Michel+island+kerry+star+wars+Tourism+Ireland

Curieusement, ce n’est que bien plus tard que j’ai découvert l’existence du célèbre établissement monastique et subséquemment la possibilité de visiter le site classé à l’Unesco. Et c’est aussi en fonction de ce projet que l’organisateur-en-chef-des-hébergements Vladimir nous dégota notre gîte de Ballinskelligs., du gaélique Baile an Sceilg, le village des Skelligs ! Pourtant, bien qu’assez peu distantes, les Skelligs sont totalement invisibles du village, une montagne de plus de 400 mètres s’élève entre les deux.  DSC03015 Le nom vient de ce que les moines ont quitté leur ermitage au XIIème siècle à la suite de changements dans l’église irlandaise et durcissement des conditions climatiques pour fonder ici une nouvelle abbaye dont on voit les ruines près d’un ancien château-fort.

kastell abati1    abati2 abati3

Bien avant le départ, par prévoyance, nous voulons réserver des billets pour l’île. Et là, horreur, nous nous rendons compte à quel point nous avons été naïfs et même au contraire imprévoyants. J’ignorais en effet quelques éléments essentiels du dossier. Sur ce site important de nidification, le nombre de visiteurs quotidien est limité. Or, la demande est grande, d’autant – et j’ignorais cela aussi! – que le final du dernier opus de Star Wars se passe au Skelligs! Bref, tout était réservé et même aurions-nous décidé de revenir à la fin de notre séjour, plus de deux semaines plus tard que nous n’aurions pas eu plus de place. Je pars donc en Irlande sachant que je n’irai sans doute pas à Skellig Michael mais que nous aviserions sur place.

Arrivé sur le sol irlandais, Vladimir téléphone aux différentes compagnies. C’est bien sûr booké ! L’un des interlocuteurs lui dit cependant : « Je pourrais vous dire de venir sur le quai dans l’attente d’un éventuel désistement, mais c’est très aléatoire… Mais voici un numéro de téléphone. Ne téléphonez pas, il ne répondra pas, mais envoyez un sms. » C’était pour le moins bizarre. Cela qui fut fait néanmoins. Réponse laconique. Venir à telle heure, tel jour (le lendemain de notre arrivée dans le Kerry en fait), lire les consignes de sécurité à telle adresse internet. Un autre sms, le lendemain, nous demandera d’arriver une demi-heure plus tôt que prévu.

Nous prîmes donc la petite route en balcon au dessus de la mer, priant pour ne pas nous trouver derrière (ou croiser) un car, jusqu’à Portmagee. Là, une flottille de bateaux attend (une dizaine) et une grille barre l’entrée du quai ! Au portier nous donnons le nom du mystérieux sms-eur et la porte fut ouverte en nous indiquant un rouquin près d’un bateau, le plus petit du lot. Nous sommes huit, je crois à pouvoir monter dessus. Le bateau quitte le port, alors que nous ne comprenons toujours pas à quel saint ou à quel dieu des gaëls nous devons cette chance qui reste inexpliquée. On nous distribue des gilets de sauvetage et aussi de grands cirés qui n furent pas en trop. La mer fut en effet plus rude que prévu et la traversée fut assez impressionnante au vu de la taille de l’embarcation. Et j’adore ça.

Nous accostons au petit môle, où les bateaux font une ronde pour déposer les passagers. Quel étrange sentiment de se trouver au pied de la sombre pyramide au milieu des flots.

 

 

 

DSC02729 DSC02730

 

skellig-map-2 De là part le chemin qui devient rapidement un escalier abrupt - au pied duquel nous avons droits aux consignes de sécurité et au rappel des morts survenues parmi les touristes imprudents... - qui conduit au monastère. Nous n'aurons pas accès aux phares afin de préserver la tranquillité des volatiles.

DSC02733 DSC02747 DSC02794 DSC02795 DSC02781  DSC02741

En chemin j'apperçois un premier macareux (angl. puffin, bret. poc'han). Tel un Cornus je me démène pour réussir la photo quand, levant le nez de mon appareil, je vois qu'ils sont par centaines autour de moi...

DSC02735 DSC02737 DSC02739 DSC02740

On ne parle pas le même anglais...

DSC02743

Nous arrivons sur le replat, à 180 mètres au dessus de la mer. C'est le monastère. Les moines ont bien choisit l'endroit qu'on n'y sent pas le moindre souffle de vent.

Le monastère aurait été créé au VIème siècle et douze moines aurait vécu ici avec un abbé. On peine à croire à la possibilité de cette vie quand on sait qu’au XXème siècle, le gouvernement irlandais lui-même a fait évacuer les derniers habitants de certaines îles jugées trop rudes. Les huttes sont bien sûr typiques du monachisme celtique ancien et ont dû être restaurées (nous en verrons une intacte plus tard). 

DSC02749 DSC02754 DSC02758 DSC02774 DSC02770

DSC02786 Nous pique-niquerons au pied de l'autre pic qui culmine à plus de 210 mètres au dessus des flot et accessible uniquement par escalade. De là nous pouvons voir en contrebas, le chemin qui reliait les deux phares (l'un d'entre eux est ruiné).

DSC02797

L'heure est venue de rejoindre notre bateau.

DSC02805 DSC02813

Sur le chemin du retour, le bâteau prend son temps temps au pied de Little Skellig (Sceilig Bheag), la deuxième plus grande colonie de fous de bassan d'Europe (après St Kilda !). J'avais vu quelque chose de semblable en Bretagne, aux 7 îles, mais les proportions sont autres.

 

DSC02808 DSC02809

Et retour au port. Nous quittons les Skelligs mais elles titilleront encore bien souvent nos yeux les jours suivants...

DSC02815

Posté par karagar à 22:58 - Commentaires [6] - Permalien [#]

IWERZHON 2

ARRIVEE DANS LE KERRY ET HONTE DE FROMFROM

 

BigMap 22

 

Nous quittons Baltimore pour faire route vers le Kerry avec l'idée d'aller voir Mizen Head. A l'approche de la pointe, le paysage prend un aspect conforme à l'idée qu'on se fait de l'ouest irlandais.

DSC02634 DSC02638

C'est aussi, sauf à se rendre sur l'île de Cape Clear, l'endroit le plus proche du mythique phare du Fastnet (Carraig Aonair), célèbre à plusieurs titres. 

DSC02640 DSC02687

 

DSC02641 Sur le site de Mizen Head, beaucoup de ce qui nous sera montré est consacré au Fastnet. 

Sur cette photo on voit le petit phare métallique qui a précédé la tour actuelle. La mauvaise qualité du rocher obligea à chercher des assises plus bas d'où l'étrange configuration d'aujourd'hui.

DSC02650

On peut même voir l'agencement des pierres (venues des Cornouailles) typique de la construction de phare à la britannique. (dovetail mansonry)

DSC02653 DSC02652 Sans titre

 

Le phare de Mizen Head est lui même très peu spectaculaire. Comme beaucoup de phares irlandais, la côte donnant l'élévation nécessaire à une bonne portée géographique du feu et la rudesse de l'océan incitant plus à se tapir qu'à tendre le cou, c'est une tout petite bâtisse, aujourd'hui privée de sa lanterne, remplacée par un fanal à même la roche. 

DSC02677 DSC02665

Il est séparé de la pointe par une profonde crevasse qu'on traverse aujourd'hui par un pont étonnant.

DSC02686

C'est un musée, mais le gardien est toujours fidéle à son poste.

DSC02664

Bien qu'un peu trop bien aménagé - mais cela garantit son accès - Mizen Head m'a séduit par ses falaises formidables et ses noirs rochers formant d'inextricables chaos.

DSC02684

DSC02660 DSC02669

DSC02681

La route est encore longue, car tournicotante à souhait, mais je fais une halte obligée à Bantry Bay... DSC02698 et de là j'envoie un sms à Fromfrom ! Qui dit ceci : Suis à Bantry Bay, attention à l'évanouissement! Elle est la seule de toute les vacances à qui j'envoie un sms et à mon romantisme échevelé elle me répond par un bovin (asinien?) "Hañ?"

Que je suis dépité ! Me voici donc obligé de lui rafraîchir la mémoire: 

Nous entrons dans le county Kerry:

DSC02701 DSC02702

Mais il faut aller tout au bout de la péninsule d'Iveragh, la plus grande du Kerry car nous logerons à Ballinskelligs (Baile an Sceilg), le village des Skelligs, ce qui laisse deviner nos intentions.

DSC02714

 DSC02708 DSC02696

DSC02693 DSC02694

Et soudain, au détour d'un virage, dans le jour déclinant, la vision tient du miracle, d'autant qu'à ce moment précis, nous n'osons toujours pas croire que les îles du couchant seront accessibles.

DSC02709bis

Nous arrivons enfin à ce qui sera notre home pendant une semaine. Voici ce que nous voyons de notre porte :

DSC02718 DSC03309 DSC03311 

DSC02717

 

 DSC03308

Mais le lendemain il ne faudra pas traîner...

Posté par karagar à 21:48 - Commentaires [7] - Permalien [#]

SUR LES PAS DE JACQUES LE BÂTISSEUR

Petite interruption dans la série irlandaise pour vous parler du cadeau que nous a fait Maître JacquesDSC04839 en nous conviant à visiter sur ses traces les lieux interdits de la cathédrale du Mans. 

Tout commença par le spectacle nocturne consacré à la cathédrale qui nous fit redécouvrir le choeur gothique sous des éclairages fantastiques alors que la nef était scandée par des bougies. 

DSC04790 

DSC04800 DSC04805 DSC04831

DSC04804 DSC04797 DSC04818 DSC04847

Lorsque le spectacle fut terminé, on nous fit signe de rentrer de nouveau vite fait, alors que les grands vantaux de la cathédrale se refermaient sur ses mystères pour le commun des spectateurs. C'était chose très insolite de pouvoir déambuler presque seuls dans ce choeur si majestueux, encore sous les feux des projecteurs et où comédiens et techniciens s'affairaient pour effacer leurs traces avant la messe du lendemain. Ambiance de théâtre, décor de cathédrale. Je ne savais plus où j'étais.

Après, on nous avais dit que ce serait barbecue. Oui mais où? Un technicien me montre la direction d'une chapelle rayonnante (ah les chapelles rayonnantes du Mans, "profondes comme des églises", disait la litanie des célèbres cathédrale françaises et leur caractéristiques). Au fond de celle-ci, derrière les projecteurs amassés, une porte minuscule où je peine à me faufiler ouvre sur un jardin. C'est là !

DSC04862

Le lendemain, après la messe (enfin le marché dominical pour nous), retour à Saint Julien irradiée du soleil du matin.

DSC04864DSC04872

Retour sur les lieux du barbecue, mais par la grande grille en fer forgé du conservatoire du patrimoine cette fois. Cet endroit sera ouvert quand les fouilles seront terminées. On voit ici le mur romain qui encerclait la ville et que le choeur gothique, bien trop grand pour tenir dans l'antique cité enjambe allègrement.


DSC04868 DSC04879

Petit tour "normal" à l'intérieur.


DSC04880 DSC04889 DSC04975

Cet échiquier serait un instrument de musique.

DSC04973

Je découvre l'existence de ce vitrail de l'Ascension qui serait, tenez-vous bien,  le plus vieux au monde en place (1120). Son graphisme est étonnant de modernité, et ces couleurs !

DSC04928

Rien de ce qui se dit dans la salle capitulaire ne doit en sortir, nous dit cette statuette énigmatique...

DSC04885

Maître Jacques sort son trousseau et ouvre la porte de la tour... Une roue pour monter les cloches (jamais observée jusqu'ici).

DSC04890

Grafitti XIXème ! DSC04892

Julien en personne (c'est le nom du bourdon, derrière !)

DSC04894

Ses copines...

DSC04898 DSC04900

Le sommet avec vue sur le vieux Mans, lieu de tournage de tant de films et feuilletons.


DSC04923 DSC04909

Nous redescendons ensuite pour ouvrir une autre porte, prendre un autre escalier qui nous conduit dans les toits des bas côtés de la nef éclairé par les fenêtres des "tribunes". Sous ces toit des vestiges divers qui indiquent que tout cela était utilisé autrefois.

DSC04926

Nous redescendons mais maître Jacques peine à réouvrir la porte et nous sortons enfin sous les yeux médusés des touristes qui entendaient farfouiller derrière la petite porte secrète, pour emprunter un nouvel escalier sous les yeux envieux d'autres touristes. Cette fois l'escalier est logé dans une des piles de la croisée (comme dans un certain roman, tiens quand j'y pense). L'escalier est jalonné de portes placardées d'écritaux qui mettent en garde et interdisent. Je brave l'interdit et ouvre la plus haute de ces porte : elle ouvre sans rambarde ni garde fou sur le vide du grand vaisseau !

Nous sortons, et c'est sans doute l'endroit qui me marquera le plus, sur le toit du bas côté supérieur, dans la forêt des arcs-boutant. Malgré mes ascensions innombrables, je n'avais jamais été dans ce genre d'endroits dont je rêvais depuis longtemps. Ajoutons qu'en matière d'arcs boutant, le Mans est une des plus belles et des plus complexes volées que tout le Moyen-âge ait bâti.

DSC04950

DSC04953 DSC04936 DSC04954 DSC04956 DSC04940 

On parle souvent du peuple des figurines invisibles qui hante les hauteurs des cathédrales, merveilles faites presque "pour rien". J'en prends vraiment conscience ici.

DSC04874 DSC04876 DSC04947 DSC04948 DSC04966 

On aurait pu croire le périple terminé mais une fois en bas, une dernière porte sera dévoilée qui nous mène dans une crypte sous la chapelle d'axe où sont enterrés les évèques.

DSC04977

Jamais je n'eus l'impression autant de visiter les "entrailles" d'une cathédrale!

Posté par karagar à 00:15 - Commentaires [7] - Permalien [#]

IWERZHON 1

BigMap1Nous arrivâmes à Cork, ou du moins au terminal ferry proche de cette ville - que nous ne vîmes pas - par un temps maussade. Du pont du navire, ma première action fut d'estimer la hauteur des nuages. Car, plus que la pluie ou l'absence de soleil, je redoutais ces nuages bas qui masquent le moindre relief. Or les régions que nous nous apprêtions à visiter étaient notoirement montueuses. 30 - 40 mètres fut mon estimation qui n'augurait rien de bon. La journée devait être consacrée à nous rapprocher du Kerry où nous allions séjourner une semaine avec comme escale le petit havre de Baltimore.

Le haltes se firent au gré de nos découvertes. Le port de Kinsale d'abord, assez touristique où nous ne fîmes que quelques pas, histoire de fouler le sol irlandais. Ce fut aussi le premier contact avec les maisons colorées assez emblématiques du pays.

DSC02510 DSC02511

J'avais repéré ensuite la pointe de Old Head, qui me semblait une belle entrée en matière côtière, avec ses falaises et son phare noir et blanc. A notre arrivée, les nuages, toujours présents s'étaient élevés, dégageant la vue. Déjà la route s'engageait sur cette longue et prometteuse avancée mais notre élan fut vite stoppé par une immense grille où se tenait un vigile à qui il semblait qu'on dût montrer patte blanche pour aller au delà. Toute la pointe, phare compris, se trouvait être un terrain de golf ! Terriblement frustrant. Vladimir, naïvement, demande s'il est possible de contourner le terrain privé par un chemin de falaise... En vain. Cette petite mésaventure m'est occasion de préciser qu'en Irlande, il n'y a pas de loi littorale , pas plus quee de sentier côtier et que le doit de passage n'existe pas Nous constaterons à plusieurs reprises qu'il n'est guère possible de baguenauder où bon nous semble sur la falaise. Et contrairement à ce que peuvent laisser croire ces belles étendues vertes qui ondulent, le hors sentier n'est pas si facile sur cette terre où le "bog" nous guette à chaque brin d'herbe.

DSC02513 

DSC02515 DSC02544

Quand on ne connaît pas un pays, le premier jour, on croit voir des choses originales, qui s'avéreront être la norme. Ainsi m'étonnai-je que les ruines de l'abbaye de Timoleague (Tigh Molaige), confrérie franciscaine des XIII et XIVème siècles, joliment située en fond d'estuaire, soit un cimetière. Or toutes les ruines d'églises (très, très nombreuses, on y reviendra) sont converties en cimetière. Soudain, le ciel devient bleu.

DSC02531

 

DSC02524 DSC02537

 De la route, en pleine campagne, j'apperçois du coin de l'oeil un grande carcasse qui semble être la ruine d'un château. Ma curiosité est piquée et je repère une (toute) petite route qui semble y mener. Le grand manoir est au milieu d'un pré. Nous bravons les barbelés et malgré des coups de feu répétés et inquiétants dans le voisinage, nous nous approchons de la bâtisse. Je croyais ces clichés destinés à rester ceux d'un manoir sans nom perdu en pleine campagne irlandaise, mais en entrant dans une église à quelques kilomètres de là, j'y trouve une photo du manoir et une notice historique ! C'est Coppinger's Court, construit de manière dispendieuse en 1615 (avec dit-on, une fenêtre pour chaque jour de l'année) par une riche marchand mais attaqué mis à sac en 1641 et jamais reconstruit depuis! Une fois de plus, ce qui me semble particulier (un château délabré au milieu de nulle part) se signalera bientôt comme une constante du paysage.

DSC02549

Plus exceptionnel sans doute, le cromlech de Drombeg, au cercle parfait et aux pierres bien resserrées est un des plus archétypiques que j'aie vus. Le chemin pour s'y rendre est bordé d'une autre constante, les haies de fuscia magellanica, belle chilienne devenue, bien qu'exotique, une des caractéristiques végétales les plus marquantes du paysage rural irlandais. J'ai compris ce qui manque à la Bretagne pour que beaucoup d'espèces qui y poussent pourtant fort bien soient invasives ou frappées de gigantisme, la chose est désormais claire : la pluie !

DSC02564 DSC02569

 

DSC02559

Petite escale au mini port de Glandore, sur une ria avant d'atteindre Baltimore, cette fois sous un ciel ou le bleu domine vraiment. Ce sera une des seules fois.

DSC02575

Baltimore est la porte d'entrée d'un impressionnant archipel dont l'île la plus proche, Sherkin island, clôt si étroitement la baie que cette dernière ressemble à un lac. 

De notre home nous allons à pied jusqu'au détroit qui nous sépare de l'île. A cette endroit s'élève un amer, une très grande soeur de celle de Porzh Teolenn. Dans la lumière du soir, j'ai ma première grande émotion devant un paysage irlandais.

DSC02594

 

DSC02615 DSC02592

 

 

DSC02597

DSC02613

Je garde un souvenir étrange de cet endroit, un peu difficile à recoller avec le reste. Au pied de notre fenêtre, une petite crique abritée, où, jusqu'à une heure tardive, des enfants s'ébrouent.DSC02584Il y a des petits jardins fleuris devant la baie, c'est très coquet et très doux à l'aune de ce que nous verrons ensuite. Comme c'est sans doute une des première journée de beau temps depuis longtemps, les terrasses des quelques pubs et restaurants sont bondées. Il est plus de neuf heures, je tremblote devant ma bière (nous avions quitté une Bretagne surchauffée !) et je reconnais les irlandais au premier coup d'oeil : pas à leur cheveux roux mais il sont tous en T-shirt!

DSC02618

DSC02621

Posté par karagar à 00:23 - Commentaires [4] - Permalien [#]


PREMIERE CAPISTE

La première tarte aux prunes du jardin depuis.... mon enfance !

DSC04787

Posté par karagar à 21:35 - Commentaires [7] - Permalien [#]

PREAMBULE A L'HIBERNIE

Nous voici de retour après un périple de trois semaines qui nous fit découvrir plusieurs contrées de l'Irlande.

Avant de vous embarquer dans mon bateau à souvenirs quelques remarques liminaires s'imposent.

C'est nettement Vladimir qui avait choisi notre destination estivale. Mon adhésion était totale mais il n'est pas indifférent de constater que je n'ai pas pris l'initiative de visiter ce pays qui pourtant me faisait rêver sans doute plus que tous les autres que j'ai vu jusqu' à aujourd'hui. Pensez donc, le seul pays européen où les romains n'ont jamais mis les pieds! Chacun peut facilement deviner entre les aspects culturels, musicaux, et le cadre naturel, tout ce qui pouvait m'attirer dans cette île. Et bien comme souvent, il se passe beaucoup de temps avant que je ne touche les rêves du doigt et il faut de surcroît un peu m'y pousser !

La toute première chose qui m'a frappé arrivé là bas est cette impression, qui ne m'a pas quitté dès lors, d'une très grande familiarité, ce sentiment d'être dans un autre chez soi. Notre premier hôte résuma assez bien mon état d'esprit qui, apprenant d'où nous venions, formula un "from home to home" assez éloquent. Et cela ne tenait  pas uniquement au climat océanique, aux murets de pierres, aux cheminées jumelles des maisons anciennes, aux fougères et à quantités de petits détails que partagent les pays atlantiques, il y avait autre chose que je n'avais éprouvé ni en Ecosse, ni en Cornouailles, ni même, il y a bien longtemps, au pays de Galles. 

Curieusement, j'ai très vite entendu l'accent. Vladimir fustige assez souvent mon incapacité à entendre les formes diverses et variées que prend la langue anglaise pour que j'ai pu craindre, une fois de plus, de ne pas le percevoir. Ce ne fut pas le cas, et cette nouvelle ambiance sonore m'aida sans doute à être sensible à la spécificité du pays. Car, soyons honnête, j'aurais pu craindre que ne me saute pas aux yeux - ou aux oreilles - ce qui aurait frappé d'emblée un parfait anglophone saisissant la nuance des propos et des caractères, et qu'au fond ce pays qui parle essentiellement anglais et fortement anglicisé par ailleurs dans le cours de son histoire ne m'apparaisse essentiellement que sous cet angle. Ce ne fut pas le cas et je le compris très vite. A quoi? Je ne saurais le dire. Mais c'était de l'ordre de l'évidence.

"If you come to Ireland for the weather, you're mad". Voici une vérité énoncée par l'une de nos hôtesses. Alors ce n'était sans doute pas le meilleur des étés irlandais, mais tous les soirs quand même, le parfum de la tourbe montait des cheminées. J'avais cru en Ecosse connaître le must en matière de versatilité atmosphérique. Il n'en était rien. Si la Bretagne, dit-on, connaît les quatre saisons en une journée, l'Ecosse le fait en une heure et l'Irlande pourrait bien prétendre y arriver en cinq minutes. Trêve de formule, le temps changeait vraiment toutes les cinq minutes au point que c'était pour moi un mystère scientifique. Grâce à cela nous n'avons jamais desepéré de pouvoir faire la balade désirée et nous ne fûmes trempés jusqu'à l'os qu'une fois. Pour les passionnés de météo, disons que la température qui s'est affichée le plus souvent au cadran de la voiture était 17°, parfois plus, parfois moins. Compte tenu de cela et contrairement à ce que j'ai entendu très souvent, la mer n'est pas si froide. Si nous ne nous sommes baignés qu'une fois c'est que le maillot de bain était rarement avec nous. C'est pas la méditerranée, c'est sûr, mais pour un habitué de Tra*ezh Gw*aremm, ça n'est pas le Pôle non plus. Pour finir sur ce chapitre, je dois ajouter qu'alors que nous étions sans doute dans la plus sauvage (et grandiose) de nos escales, nous essuyâmes une tempête digne de ce que l'hiver nous réserve dans le Cap !

La réputation touristique de l'Irlande m'inspirait quelque crainte. J'avais lu qu'il fallait même s'arranger pour emprunter certaines routes dans le sens contraire de celui des cars de touristes faute de se voir bloqué. Je fus très rassuré de ce point de vue. C'est comme partout, il suffit de s'éloigner - rien qu'un peu - de la pointe du Ra*z ou du Pont du Gard pour avoir la paix. Le touriste moyen a peu d'imagination. Alors évidemment, si on veut voir le livre de Kells, il faut assumer la foule. Mais qui n'a pas envie de voir le plus beau livre du monde? Et même Kells, ça n'est pas la Joconde ! Le tourisme, les irlandais ont sans douté décidé que ce serait un des piliers de leur économie, mais ils font ça très bien et ce sont vraiment des champions de l'accueil. Vladimir est intarissable sur le sujet. Avec le grain de folie en plus (pas Vladimir, les irlandais). Et pour ceux que le palais titille, on y mange très bien et la cuisine me rappelle plus la cuisine (traditionelle) dite française que celle de Grande Bretagne, sauf pour la meilleure place résérvée aux végétariens.

Sinon, il faut bien le dire : que c'est beau, plus que partout ailleurs, pour peu qu'on aime les paysages atlantiques. Quand on aime le littoral comme moi, on ne peut être que fasciné. Sans doute mon plus beau voyage en ce que ce pays est spectaculaire dans ce que j'aime le plus, et cela conjugué au fait que l'ambiance, les gens, les bières... m'ont beaucoup plu.

En conclusion je ne peux résister au plaisir de mettre ma photo de l'endroit dont j'avais mis la photo internet ici avant de partir. J'ignorais que le verrais, n'ayant pas vraiment cherché où c'était sur le coup. C'est au bout de la péninsule de Dingle.

 

DSC03112

Posté par karagar à 00:02 - Commentaires [9] - Permalien [#]

VERS LE PAYS MYTHIQUE

Bistouri a accueilli ce soir son cat-sitter writer préféré ce qui sonne l'heure du départ, demain soir. Celui-ci partagea avec nous une moussaka végétarienne réalisée par Vladimir à base d'aubergine maison ! Quant à moi, je me lançai dans mon premier panna cotta. L'agar agar me donne des ailes... (tout ce que je m'interdisais pour cause de gélatine...)

Deux soirées passées au festival de théâtre du Po*nt du Bonho*mme, dans cet endroit si plaisant et que la canicule avait rendu presque avignonesque... (première fois que je dédaigne la couverture pour le spectacle de nuit.) Petit pincement au coeur aussi à contempler l'estuaire sous le soleil du soir, les tables du petit restaurant de plein air et les baraquements inchangés depuis des années quand on sait que c'est la dernière, après plusieurs décennie. Le robinet financier sera fermé par la mairie et si le festival perdure, il n'aura sans doute rien à voir avec celui-ci, question programmation et ambiance (que seul le bénévolat pouvait assurer telle qu'elle était). On pense à beaucoup d'autres cas semblables en cette période de vaches maigres culturelles, pourtant ici c'est un peu différent, mais quand-même, c'est bien triste.

Avons vu quatre spectacles. Le dernier, consacré aux sonnets de Shakespeare, voit sa cloture magnifiée par une pleine lune filtrant au travers des nuages et se reflétant dans l'estuaire. Magique.

Mais surtout, le spectacle d'avant, un one woman show d'une hispano-brestoise consacré à sa mère, m'a laissé pantois. K.O. même. Rarement vu une pareille bonne-femme, je veux dire un tel talent, dans tous les registres, capable de mettre de la ppoésie dans les pires scènes trash, virtuose dans bien des domaines de l'art théâtral.  Y aurait volontiers envoyé certaines théâtreuses féministe pour constater que choses à dire, provoc même et sens du spectacle, de la poésie aussi, sont conciliables. 

Je n'aime guère les injonctions en matière culturelle, mais si vous voyez ceci : "Amour à mère" de Leo*nor Can*ales, ne laissez pas passer l'occasion (d'autant que le spectacle est très ancien et ne tourne plus beaucoup).

Voila. Demain nous naviguerons vers l'Hibernie.

ringofkerry

Kenavo an distro.

Posté par karagar à 23:59 - Commentaires [9] - Permalien [#]

CHAPEAU LE MELON !

Tout commença par un phénomène étrange. Dimanche soir, c'est séance arrosage dans la serre, et l'occasion de regarder les premières tomates rougir, les premiers poivrons se former, les aubergines pulluler, et de m'inquièter que les feuilles de melon se dessèchent à vue d'oeil. Maladie ou fin de cycle? Je l'ignore. Les melons en tout cas ne bougent guère et je me demande tous les soirs quand je saurai qu'ils sont mûrs.

Lundi matin tournée achats de Confort à Pont Croix et quand je reviens, il est midi, le soleil brille et je m'apperçois que j'ai oublié d'ouvrir la serre. Je m'y précipite, traverse les 50° pour ouvrir toutes les ouïes. Et là, que vois-je? L'un des melons a changé de couleur pendant la nuit et quand je m'approche, je constate qu'il s'est de lui-même détaché. Je le prends, il est mou, je le porte à mon nez et miracle, il sent... le melon.

Je soir du même jour, tous les melons ont changé de couleur ! Et je me dis que, vraiment, ils ne peuvent pas être tous de la même variété, car trop différents d'aspect.

Nous l'avons mangé aujourd'hui. Je n'avais jamais mangé un si bon de ma vie. Je n'en reviens toujours pas.

DSC02458

DSC02459

Posté par karagar à 14:57 - Commentaires [10] - Permalien [#]

NETRAOUIGOU

Entrée du jardin, vers death valley...

Hauteur d'homme

DSC02452

Perché

DSC02453

Accroupi

DSC02454

Au zoom

DSC02456


 

Je suis en vacances depuis samedi (mais samedi fut voué à un autre travail), deux jours donc et deux baignades malgré les grosses vagues (je me suis fait engloutir par une vague à 15 cm d'eau) et malgré l'eau bien fraîche (gagné un degré depuis hier quand-même). C'est pas nageable mais ça a du chien cette mer écumante et turquoise d'été.


Est-ce la perspective de l'Irlande, est-ce la pièce et le travail sur le piobaireachd écossais, toujours est-il que le harpe me titille... L'envie d'un nouvel instrument, plus historique, l'envie de m'y remettre... moins simple qu'il n'y parait à qui n'est pas autonome en musique...


J'ai fait la liste des cathédrales anglaises qui manquent à mon palmarès (liée à la lecture d'un livre). Parmi elles, Gloucester ! Qui l'eut cru? L'invention du perpendiculaire! Les goûts changent avec les expériences de la vie.


Pour rester dans le sujet, je note que de plus en plus souvent, lors de mes visites de la cathédrale, quand je pose la question: " D'où vient l'art gothique", mes étudiants (futurs professeurs des écoles) me répondent : l'Italie ! Auncune réponse ne pourrait me faire plus bondir que celle là. Je comprendrais, l'Allemagne (qui arrive en seconde position des erreurs, mais c'est une faute pertinente), j'aurais compris l'Angleterre, l'Espagne même, mais l'Italie ! Je le suis fait la remarque à ce propos, que les français, si prompts à lancer des cocoricos pour un oui pour un non (mais ils sont loin d'êtres les seuls), n'ont jamais eu l'idée d'élever au rang de mythe national  - le genre qui se répète à l'envie dans toutes les écoles et tout les média - qu'ils ont inventé la forme d'architecture qui a eu le plus grand rayonnement de toutes et qui a duré plus longtemps que toute autre! Ils préfèrent répéter qu'une quatre voie sans âme ni charme est la plus belle avenue du monde. Ils sont cons, non?


Contrairement aux cornusiens, je ne pars pas tout de suite. Pas de bêtise au fond de la classe donc ! 

 

Posté par karagar à 22:23 - Commentaires [5] - Permalien [#]

ETRE GOELOU HA TREGER

Un petit film de notre week-end costarmoricain. 

Un double clin d'oeil à la fin, cinématographique pour Plume et musical pour From, mémoire permettant...

 

 

Posté par karagar à 21:36 - Commentaires [11] - Permalien [#]

GÂTEAU ANNIVERSAIRE

Fraises du jardin.

Double génoise imbibée de sirop au kirsch - Fourrage coulis de fraise, crème fouettée, agar-agar (mon premier essai).  Pâte d'amande nappée de coulis de fraise.

DSC02422

DSC02425

Posté par karagar à 22:20 - Commentaires [15] - Permalien [#]

JARDIN JUIN 2

Encore quelques photos du jardin. Je n'arrive plus à en sortir !

Pierre de Ronsard (fidèle à sa réputation, les pluies n'affectent pas ses fleurs)

DSC02396

 

Jardin blanc

DSC02401

Les terribles penstémons, impossibles à garder dans mon ancien jardin, plus envahissant que tout ici. Il me font rouspèter mais quand, en un jour ou deux des milliers de fleurs s'ouvrent...

DSC02406 

DSC02412

DSC02413

Purple slash

DSC02420 

DSC02421

Les lys s'ouvrent aussi

DSC02407

 

DSC02398

DSC02410

DSC02415

DSC02417

Posté par karagar à 22:53 - Commentaires [9] - Permalien [#]

JARDIN JUIN

Je vous en remets une "petite" couche, mais depuis quelques jours les floraisons ont beaucoup évolué... 

Ensuite, pour répondre un peu à Cornus, les photos des rosiers (chacune, même si certains se ressemblent, est une variété différente), il en manque quelques uns, pas encore ouverts, ou oubliés. Bref, ils talonnent les rhodos. Je suis devenu rosomane à cause de ce jardin, où ils ne sont jamais malades et poussent sans soins particuliers. Il y a bien sûr un intrus (mais il commence à s'ouvrir en ce moment !!). La dernière rose est, dit-on, la plus vendue au monde désormais. Bien que créée en Allemagne, elle ne porte pas le nom de Goethe mais d'un autre poète qui s'impose un peu... Devinette.

 

DSC02302 DSC02388

DSC02387_1 DSC02304_1

DSC02305 DSC02338_1DSC02313 DSC02317_1 

DSC02308_1 DSC02329 DSC02382 DSC02381 DSC02367_1 DSC02370_1DSC02386_1 DSC02337_1 DSC02361_1 DSC02390 

Les roses

DSC02356 DSC02357 DSC02358 DSC02359 DSC02362 DSC02363 DSC02364 DSC02365 DSC02368 DSC02369 

DSC02371 DSC02372 DSC02373 DSC02374 DSC02375 DSC02378 DSC02351 DSC02352 DSC02353 DSC02354DSC02318 DSC02319 DSC02320 DSC02321 DSC02322 DSC02323 DSC02324 DSC02326 DSC02327 DSC02330 DSC02332 DSC02333 DSC02334 DSC02336 DSC02339 DSC02340 DSC02341 DSC02342 DSC02343 DSC02344 DSC02345 DSC02346 DSC02347 DSC02348DSC02355 DSC02377_1DSC02349 DSC02350

Posté par karagar à 10:59 - Commentaires [13] - Permalien [#]

JARDIN MAI JUIN

(attention post fleuve)

Place au jardin privé maintenant dont je n'ai rien montré depuis un moment alors que c'est la période faste... Bien des éléments mis en place plus ou moins récemment commencent à avoir un rendu satisfaisant quant aux lignes et perspectives générées... Déjà, au vu de tout cela, bien que je sois très satisfait, de nouvelles idées germent, des axes secondaires ou inattendus, qui se superposent aux autres, les contredisent... Bref, je suis de moins ne moins dans la  collection du végétal, même si, paradoxalement, la collection s'enrichit... je me comprends!

L'eau manque de plus en plus. En deux ou trois endroits, dont le jardin médiéval, forcément.

La grande sculpture est toujours en attente même si le projet est désormais plus précis...

L'idée de visites 'organisées' me taraude de plus en plus...

Perspectives :

Entre jardin rouge et jardin jaune

DSC02190 16

Jardin blanc pile et face

 DSC02170 16

DSC02278

L'allée diaphane (et côté rhodos)

DSC02163 16DSC02164 16DSC01947 16

 

Vers la mer, entrée sud

DSC02125 16

Autour de la pelouse centrale

DSC02161 16

DSC02162 16

DSC02167 16DSC01935 16

Passage transversal

DSC02294

Rond mystique

DSC02298

Allée centrale et jardin médiéval

DSC02208 16DSC02290

Le tumulus aux graminées

DSC02276DSC02120 16

La vallée de la mort

DSC02277DSC01963 16

DSC02205 16

DSC02135 16DSC02273

Machu pichu

DSC02280DSC02174 16

DSC02090 16

Les rhododendrons:

Une fois de plus, ils sont très tardifs cette année. Les derniers à l'heure où j'écris ne sont pas encore ouverts ! Autant dire qu'à cette saison, les floraisons sont éphémères. Le rhodo n'aime guère soleil et chaleur.

Park Pontig


DSC02199 16DSC02075 16DSC01988 16DSC02073 16DSC02196 16

Portraits

DSC01948 16 DSC01949 16DSC02071 16 DSC01991 16DSC01971 16 DSC02070 16DSC02087 DSC02086 16DSC02160 16 DSC02083 16DSC02067 DSC01917

DSC02079 16 

Autres plantes:

Le glaieul "de P." (pour Plume)

DSC01941 16


Iris

DSC01938 16 DSC02095 16DSC02098 16

Autres (je renonce à montrer les portraits de toutes les fleurs, elle sont désormais trop nombreuses, peut-être un album à venir)

DSC01939 16 DSC02101 16DSC02104 16 DSC02157 16

Rosiers:   loin d'être exhaustif, ils rivalisent peut-être en nombre avec les rhodos...

DSC02096 16 DSC02097 16DSC02175 16 DSC02178 16 

DSC02282 DSC02113 16DSC02284 DSC02285DSC02287 DSC02288DSC02293 DSC02297

Serre et potager:

 (l'état des plantes dans la serre n'est pas l'actuel)

DSC01966 16

 

DSC01965 16

Posté par karagar à 23:00 - Commentaires [8] - Permalien [#]

GOELO 5 : KERDALO

 DSC01897 Il y a autour de Tréguier deux jardins remarquables, dont l'un, très célèbre que je connais assez bien. Après moult tergiversations nous optâmes pour celui que je ne connaissais pas. Mais une fois sur place, nous trouvâmes porte close. C'est ainsi que je retournai à Kerdalo, mais c'était l'occasion de faire connaître ce jardin à Vladimir. Et c'est toujours un plaisir de revoir cet endroit conçu pour le plaisir des yeux. J'ajoute qu'il a été une des principales sources d'inspiration pour mon roman jardinier, et pas seulement pour l'aspect du jardin, car j'avais aussi pris quelques éléments de la vie du prince pour construire l'histoire d'Herri Lostanlenn.

Le prince avait conçu dans la partie amont (le jardin est un vallon) une vallée de rhododendrons augustini - que j'ai moi-même connue autrefois - (petites feuilles et fleurs qui se rapprochent le plus du bleu) qui étaient rehaussés de rhodos Alison Johnstone (blanc cassé d'orange). Le prince ne multipliait jamais les variétés pour éviter l'éparpillement des coloris. Mais, ils ont tous disparus sauf deux, près d'un cerisier japonais à fleurs blanches (qu'on voit rarement hélas).  

DSC01833 DSC01829

DSC01832

Le grand parterre est lui inchangé :

DSC01826 DSC01850 DSC01827

La dite "lande jaune" vieillit bien (le jardin a 50 ans) et d'ici vient mon goût pour les pittosporum que j'ai utilisé dans mon jardin en monochrome contrairement à ceux-ci :

DSC01900

Larmes de caméllia

DSC01865

Davidia involucrata, l'arbre aux mouchoirs, qui est long à fleurir. 

DSC01880

Une "petite"  azalée de Chine pour la route (sans le parfum, hélas).

DSC01888

Au bord de l'eau.

DSC01869 111072601_o

L'étang au travers d'un hêtre austral.

DSC01889

Et on finit par sa majesté King Georges (et j'ignorais que j'en verrais un presque aussi haut peu de temps après) 

DSC01853

DSC01862

 

DSC01883

Posté par karagar à 23:40 - Commentaires [9] - Permalien [#]

GOELO 4 :MADAME S'EST FAITE BELLE POUR LA SAINT YVES

 DSC01813 Une visite impromptue à la cathédrale de Saint Yves qui se préparait pour sa fête ! La cathédrale de Tréguier avec ses trois tours, dans son habit de pierre rousse et festonnée, me charme toujours autant. Comme le faisait remarquer très justement Cornus en son temps, ses proportions élancées font oublier sa petite taille.  Le hasard m'a fait entrer dans celle de Quimper peu de temps après, qui m'a paru vaste par contraste. C'est dire.

La nouveauté est que nous nous sommes garés sur l'autre rive d'une des deux rivières qui encerclent la ville, que nous avons traversée à l'aide d'un pont suspendu piétonnier, excusez du peu, et rejoint la vieille ville par un  sentier puis un grand chemin sous les grands hêtres. Comme arrivée à une cathédrale, on ne fait pas mieux.

DSC01760 DSC01822

DSC01761 DSC01763

Pour le reste je rappelle qu'est c'est la plus anglaise des cathédrales bretonnes (et donc continentales): ses piliers, ses chapiteaux, ses fenestrages renouvelés à chaque travée sont tous des éléments issus d'Exeter, juste en face... Seules les proportions et l'abside à déambulatoire et chapelles rayonnantes sont de la tradition française.

DSC01766 DSC01767 DSC01764

 

DSC01814 DSC01811

DSC01772

DSC01773 DSC01782 

DSC01784 DSC01789 DSC01800 DSC01790 DSC01797DSC01785 DSC01786

DSC01787 DSC01806

 

DSC01774 DSC01810

DSC01817La vieille ville, bien que très proprette a encore gardé des endroits abandonnés aux herbes folles comme ce manoir urbain.

Ici la belle porte - et unique vestige - de la demeure médiévale de l'évêque.

DSC01815              DSC01819

Cette halte trégorroise laisse peu de suspens quant au jardin que nous visitâmes ensuite... Et pourtant, il s'en fallut de peu...

Posté par karagar à 22:49 - Commentaires [7] - Permalien [#]

RETOUR D'ACTIVITE

Les photos sont de retour... mais y'a de l'arriéré !

DSC02019      DSC02244

Posté par karagar à 00:14 - Commentaires [2] - Permalien [#]

UNE NOUVELLE HISTOIRE

Il m'a parlé des ronces. Oh, le sujet des ronces n'est pas venu d'emblée et il s'est bien passé des heures avant qu'il ne les évoque. Du combat contre les ronces. Des paysans pressés qui lui conseillaient les méthodes expéditives et radicales. Son refus pour préserver ce qui s'y cachait - ceux qui s'y cachaient.  Des milles et des cents dépensés en outils. Du désappointement. L'aide extérieure, peu concluante. La décision de faire lui même. De la solitude, du combat contre la jungle, contre son ignorance. Il a cherché à savoir, trouvé des noms, repéré des espèces. Concernant les noms des rhododendrons, il a vite renoncé. On peut comprendre. Plus facile de retrouver une étoile dans sa constellation. Il y a même des constructions qui sont sortis du magma végétal. Un mur, un escalier...  Calé pile sur le nord magnétique. Il croit que ça a été calculé. Ce ne le fut pas. C'est là que j'ai eu la réponse à la question. Mais je ne le comprends que maintenant en rassemblant maints petits détails.

Car il aurait pu être Katelin Kerisit. Comme l'héroïne du roman, il n'avait pas acheté la maison pour le jardin. Comme pour elle, le jardin ne faisait pas partie du plan. Comme pour elle, il s'est imposé. Mon histoire était plausible, s'est avérée.

Ce jour de... Ah c'eût été tellement romanesque de pouvoir me souvenir de la date, tout au moins de l'année, mais je l'ignore. Ce jour , donc à défaut, je m'étais projeté dans un futur hypothétique et terrifiant qui aurait vu un inconnu découvrir les traces de mon jardin, sous les ronces, la question "qu'aurait-il su de moi?" m'avait effleuré. Et je l'avais balayée aussi vite avec le frisson qu'on a à imaginer le pire. La question m'avait taraudée. S'était traînée sur 450 pages et puis, à la fin, Henri de Lostanlenn, qu'on croyait mort, le créateur du jardin, rencontre la défricheuse ignorante...

Le combat des ronces, l'achat des outils, les constructions qui réémergent, et moi soudain devant lui. Et lui qui me dit qu'il attendait ce moment... Tout y est. Et je me dis une fois de plus que la littérature précède ou suit en parallèle la réalité. Comment ne pas être saisi d'un trouble profond?

Mais j'ai eu réponse à la question à laquelle le livre ne répondait pas vraiment car j'avais renoncé à aborder le problème sous cet angle. Non, on ne connait pas un auteur à son oeuvre, fût-elle jardin, livre ou concerto car on s'y projette, on la remodèle et on s'y trouve plus soi-même qu'on y déniche le fantôme de l'auteur.

Le nord magnétique, c'était un hasard. Ca n'est pas mon genre. Il s'est forgé une image de moi qui est fausse. Je suis sûr qu'il est un peu déçu.

D'ailleurs, mes traces se dérobaient à mes propres yeux.

J'ai visité un jardin inconnu.

 Et la conscience d'y avoir tout planté, constamment ravivée par les faits, constamment contredite par les sens, était d'une étrangeté à mettre mal à l'aise, à donner le vertige.

Le temps est venu de vous dire ce que j'ai vu. 

Je m'attendais au changement, à l'inconnu, mais ce que je vis, mieux, ce que je perçus au premier regard, aux premiers sons entendus, me pris complètement au dépourvu.

Cet endroit avait changé de nature. Il était devenu un sanctuaire, une grande cathédrale végétale où le chant démultiplié des oiseaux tient de cantique, les odeurs humiques d'encens. Les plantes avaient tellement grandi qu'elles avaient modifié radicalement toutes les proportions, les sycomores immenses, faisaient une voûte majestueuse où les voix résonnaient curieusement. Plusieurs fois, je tins pour mortsou disparus des arbustes au pied desquels je me tenais pourtant sans pouvoir imaginer un instant qu'ils étaient ces géants aux frondaisons inaccesibles à l'oeil. Il y avait aussi ce coin du jardin que nous appelions complaisamment la forêt, pour rire, et qui en est devenu une.

Je peine à comprendre comment quelques années ont aussi radicalement changé l'aspect des lieux. 

Et puis, il y a... les rhododendrons. Beaucoup ont disparu, étouffés par les ronces, emportés par la maladie ou le manque de lumière. C'est triste. Les alliances de couleurs, les effets voulus se sont envolés. Mais ceux qui restent... me laissent sans voix.

Ils sont comme je rêvais qu'ils fussent. "Un jour peut-être mes rhodos seront semblables à ceux des jardins anglais". Et voici que nourris à l'humidité de l'Arrée, ils sont devenus grands, opulents. Je vais voir 'mon' macabeanum. Il a l'âge... non, j'ai l'âge que je me désolais de devoir atteindre pour le voir enfin grand. Précisément. J'avais calculé. Il a exactement l'ampleur que j'avais imaginé il y a vingt ans.

Le King Georges. J'en ai vu de plus grands bien sûr. Mais avec un tel feuillage, large, resplendissant, jamais.

Le théier fait une haie, les feuillages des érables du japon sont hors de portée, l'eucalyptus est un colosse au travers duquel, comme derrière une brume bleutée, l'arbre à feu du Chili est une torche géante.

Les cheminements ne sont plus les mêmes. Il y a maintenant une mare et le bruit de l'eau qui coule qui achève de me dépayser.

Il a surtout ces petits tas de bois artistiquement disposés et montés, qui forment des jalons un peu partout dans le parc. Oui, je dis parc désormais car le mot s'impose.  Ces tas de bois, je les retiens comme symbole, signature de la personnalité du nouveau maître des lieux, un géant alsacien, un ancien luthier, à la fois sensible et frustre dans sa façon de parler, qui peine à envisager un arbre autrement que par la qualité - ou l'absence de qualité - de son bois.  Il décrit son premier hiver dans cette maison où il a froid, où il peine à se sentir bien. (La maison qui est redevenue belle, qui ressemble à un manoir.) Ce choix de l'Arrée, soudain et impérieux tout autant que fruit du hasard, un jour, sur la lande de la montagne. Ce choix tout aussi soudain (et un peu salvateur à la façon dont il en parle) de s'attaquer au jardin. Le combat semble avoir été titanesque et solitaire. Mais je suis un géant, dit-il. 

Une personne est venue, nous dit-il également, pour chasser les occupants indésirables de cette maison. Un couple de vieux, prisonniers de ces murs épais. Il ont été libérés. Ils sont partis avec cheval et charrette vers la Montagne Saint Michel.

Serais-je le seul à n'avoir perçu cela? Car mon ex-compagne, qui est là, atteste de leur présence maléfique. La chambre ouest. Elle ne pouvait plus y aller. C'est drôle comme ces choses ne se manifestent qu'à ceux qui y croient. En tout cas, ce récit parachève l'étrangeté du moment.

Cette visite s'est imprimée en moi et me laisse une sensation vraiment indescriptible. Le lendemain, journée oh combien destinée à me faire penser à tout autre chose, il y avait une petite partie de moi qui était restée prisonnière du sortilège, comme si j'avais mis le pied sur l'herbe d'or. 

Beaucoup plus prosaïquement, j'en reviens avec une leçon. Maintenir les plantes, les surveiller, les tailler. Garder visible le dessin/dessein. Les plantes deviennent géantes et nous dépassent.

Posté par karagar à 23:49 - Commentaires [5] - Permalien [#]

COÏNCIDENCES LABYRINTHIQUES

C'est Plume qui a ouvert le feu en m'indiquant la sortie du reportage télé où je lis un extrait et parle de mon roman jardinier "Milendall", le labyrinthe, alors que je pensais que ce serait bien plus tard. Un an après l'enregistrement, c'est toujours assez amusant de se revoir dire des choses qu'on a oublié avoir dites.

J'apprends le surlendemain que j'irai, samedi, revoir pour la première fois depuis qu'il a été vendu, mon ancien jardin. C'était assez troublant, car j'imaginais que le nouveau propriétaire ignorait tout de moi, or, en lisant l'échange de mails qui organise cette rencontre - dans lequel je n'ai pris aucune part - le nouveau propriétaire mentionne mon nom (déformé) comme un grand collectionneur de rhododendrons qu'il sera heureux de rencontrer et dont il espère être digne et qui lui prodiguera sans doute des conseils. Quand je pense que j'ai conçu l'idée du roman, il y a bien longtemps, dans une forme de prescience de l'abandon du jardin, roman qui se termine par la rencontre du créateur du jardin avec son nouveau propriétaire, il y a un tel entrelacs entre réalité et fiction qui s'opére que j'ai le vertige.

Et ce matin, par un hasard incroyable, un troisième évènement vient rajouter au trouble. Je découvre dans un journal hebdomadaire, un pleine page sur l'art paysager et le choix des plantes (reprenant d'ailleurs le thème dont je parlais dans le poste précédent - mélange adventices, plantes rapportées). Il y a des photos de jardins publics brestois, commenté de telle façon qu'on peut penser que l'auteur de l'article y a participé, une liste trilingue de plantes indigènes (latin, français, breton) et texte exposant ces principes paysagers. Je papillonne entre liste, photos et textes. Et soudain le cri de la surprise.

L'auteur de l'article, pour appuyer ses théories cite : "Comme dit Anton Le Floc'h, jardinier du domaine de Traoñaod, il n'y a pas de plantes laides, il n'y a que de laids usages des plantes".

Or ce jardinier et ce domaine, ce sont ceux de mon roman. Je n'en suis toujours pas revenu.

(Ps : je ne connais nullement l'auteur de l'article).

 

Posté par karagar à 13:31 - Commentaires [6] - Permalien [#]