LA CHAMBRE DU CRIME
Le vieux journal était gardé, comme au secret, dans la partie basse d’un meuble, enfoui sous des couches à décourager un archéologue. Etait-il seulement encore là ? Y avait-il jamais été. Le souvenir de l’emplacement des objets, dans cette maison où le rangement avait toujours fait défaut, ne pouvait s’amarrer à la moindre rigueur et se diluait dans le doute. Pourtant, en de rares occasions, ses pages jaunies avaient ressurgi mais encore fallait-il, dans l’immensité de leur grand format, chercher le minuscule article, le misérable entrefilet qui avait valu au quotidien son statut de relique vénérée. Alors on s’en repaissait. On lisait et relisait ses quelques lignes comme pour en extraire un détail qui aurait échappé, pour pallier à l’indigence des détails. Trop succinct pour relater quoi que ce fût, il signalait qu’un crime avait été commis sur la personne d’un homme d’un certain âge, dont le cadavre avait été retrouvé dans sa petite maison, au bout de la rue. Il y avait déjà longtemps de cela, c’était dans les années cinquante. Cette histoire, jamais vraiment élucidée, et qu’on aurait volontiers qualifié de sordide, on s’en gargarisait comme de l’unique heure de gloire d’une maison où rien ne se passait plus. Car à cette époque, la petite chambre qui surplombait la cuisine, perchée comme une vigie dont elle avait la taille, était louée à une vieille alsacienne, Madame Staub, que la maîtresse de maison surnommait allègrement la mère Poussière. La dite mère Poussière, locataire subie car elle était dans la maison quand on l’avait achetée et sujet de conflits aussi fréquents qu’ils étaient teinté de mesquinerie et qui avaient pour objet tantôt une fleur abimée au jardin, tantôt des prunes ramassées indûment, ou bien encore la saleté de la vieille à laquelle son nom semblait la condamner, Madame Staub donc pour mieux dire, entretenait avec le mort une relation orageuse et avinée. Les choses ne se disaient point aussi nettement en cette maison, mais il semblait qu’elle en fût la maîtresse. Les ingrédients étaient donc réunis pour que les soupçons de la police se portassent aussitôt sur la mégère. A l’occasion d’une des sorties exceptionnelles du vieux journal, on redonnait quelques détails que l’article taisait, pourtant essentiels puisqu’ils faisaient de la demeure l’une des scènes principales de l’intrigue. En effet, la maîtresse de maison était sûre d’avoir vu un homme – comment en douter – posté derrière l’une des grosses piles de béton qui encadraient l’entrée du jardin peu après la découverte du cadavre. C’était – à n’en point douter – un policier en faction. Qu’il était grisant de se laisser aller à y croire et de s’imaginer habiter dans une maison qui avait été naguère au cœur d’une enquête de police. C’était du Poirot, du Maigret plutôt, mais en vrai et ici même. Que de frissons rétrospectifs pour celui qui désormais dormait là-haut, où avait vécu la mère Poussière autrefois, à l’idée d’occuper peut-être la chambre d’un assassin.
Ma chambre que j’ai quittée définitivement pour venir vivre en Bretagne.
LA VERITE SUR LE PRESIDENT KARAKLOP
Nous avons pu constater l'émoi mondial dont s'est fait l'écho la presse internationale à l'annonce de l'élection de Karaklop comme nouveau président de la Karagarie. C'est dans la république de la Plumaudière et la principauté du Cornustan que les témoignages d'incompréhension ont été les plus vifs. Ces états où règne l'immobilisme nous ont habitués à ces réactions hostiles dès qu'un pays voisin votaient pour le changement. Les procès d'intention dont est victime le Karaklop, dénonçant ses prétendues dérives totalitaires sont infondées. Nous nous élevons contre ces basses calomnies et affirmons haut et fort notre soutien au nouvel élu, qui n'a rien à voir avec le fait que la famille Klop-Kara détient 75% du capital de notre journal. Nous tenons pour preuve de ses bonnes intentions le visage serein du Karaklop lors de sa première allocution télévisée qui n'inspirait rien que la confiance:
C'est à cette occasion qu'il a fait savoir a ses concitoyens la nomination comme premier ministre/ministre de l'intérieur, du grand démocrate, son soutien de toujours, Vladsadik:
Cette nouvelle rassurera les derniers septiques.
Faut-il rappeler les épreuves qu'a traversées notre pays qui accède enfin à la démocratie? Faut-il redire la cruauté de l'emprereur Karachin qui, à sa fuite, laissa notre nation exsangue?
Et dont les colères étaient mémorables...
Et que son premier ministre Casimir, aux airs débonnaires, était un tyran sanguinaire?
Est-il besoin de dire une fois de plus au monde qu'à l'infame succéda l'immonde et que l'empereur fuyard fut remplacé par celui dont écrire le nom encore aujourd'hui fait trembler les imprimantes? Qui ose prétendre avoir oublié que nous avons été sous le joug du KARALIEN ?
Etre aussi malfaisant que polymorphe qui tenta la klopitude pour séduire une karaklopette afin de s'allier la plus puissante famille roturière du pays.
Et débaucha le cousin du futur président, le Vladaklop, pour en faire son premier ministre.
Mais, malgré ces alliances, malgré la nomination à la culture du très populaire chanteur pour Fromfromettes Fraude Clançois...
... la révolution éclata et le tyran Karalien ainsi que son ministre Vladaklop furent attrappés avant la prise de la pastille létale qu'ils gardaient dans un tiroir secret et c'est ainsi qu'ils furent décapités.
Leur mort brutale déclancha le phénomène étrange de la troisième main qui conduit l'âme des tyrans en enfer.
On comprendra donc que l'élection du Karaklop suscite un grand espoir dans la population malgré la grogne des plumaudiens et des cornustantins. D'autant que ce dernier a l'intention de recourir à la chirurgie pour ressembler à l'ethnie dominante du pays qui n'est pas klopisante. Voici une simulation du résultat qui achèvera de rassurer l'opinion internationale :
KARAKLOP PRESIDENT
Bientôt dans toutes les mairies :

MAUDIT CRACHIN
Ce soir-là, il pleuvait. J’en connais l’heure de manière approximative car le dîner se préparait en bas alors que j’étais en mon bureau. Il était près de 20 heures. J’ai utilisé le pronom « en » contre toutes les règles. Par anticipation plutôt qu’en rappel. C’est sans doute parce que j’aimerais que la chose se résume à jamais à ce « en » que je n’aurais pas à expliciter plus avant. Oui, le dîner en préparation est mon seul repère temporel. Car le jour depuis longtemps déjà paraissait blafard et rien ne semblait pouvoir distinguer les heures jusqu’à l’arrivée de l’obscurité totale. J’aime la pluie mais cette pluie-là ne m’agréait guère, visqueuse, tenace, démoralisante. A diluer les pollens, flétrir les pétales, ternir le sourire du printemps.
C’est alors que retentit le premier coup de feu. Tout près, au-delà du rideau d’arbre qui protège autant qu’il peut des vents salés. Pas le temps de revenir de sa surprise que résonne le second. Confirmation. Je ne suis pas victime d’une illusion. Et puis, surtout, il est suivi du gémissement, bref, du chien.
Dix minutes avant, ce chien, Vladimir l’avait houspillé pour qu’il quitte notre jardin. Comme à chaque fois que son maître le laissait sortir. Alors forcément, le raisonnement fait son chemin, rapide, arrive trop vite à la conclusion qu’on aurait voulu être assez bête pour ne pas entrevoir. D’ailleurs, de ma fenêtre, ce « maitre », je le vois qui rentre chez lui, le fusil au bras. Je sais qu’il vient de tuer son chien après avoir feint une ballade avec lui.
Dans un champ, à deux pas. Vladimir, le lendemain, fait ce que je n’aurais eu la force de faire. Il trouve le cadavre de la bête, à peine mise au rebut, le long du talus.
Depuis trois jours je me réveille avec ce cri de chien perçant la pluie gluante et triste. Et ce souvenir lui aussi est collant. Et l’image de ce mec qui ne connait de langage que la grossièreté et l’invective. J’en ai fait les frais récemment. La proximité de cette « chose » m’indispose. J’attends avec impatience que sa clope et son litron le fasse crever. Je ne suis pas un saint.
FEUNTEUN AOD
La fontaine du rivage: une petite anse en eau profonde avec, à même la falaise une source qui ne tarit pas. Cela suffisait à ce que les navires, autrefois, fissent escale à cet endroit pour s'approvisionner en eau avant le passage du Raz. La profondeur du mouillage, la puissance des falaises, a failli faire que cet endroit resemblât à Flamanville mais une autre élection mémorable, il y a trente et un ans, mit définitivement fin à ce projet ignoble.
Et le premier mai dernier, nous y fêtions le retour du soleil après des journées bien arrosées.















PORTAIT DE RHODODENDRON
Pour complèter l'album ci-contre, très visité par des internautes anonymes qui ne laissent pas de trace... Je pense en effet constituer petit à petit une banque d'images assez utile. Car, moi-même pas toujours satisfait des photos que l'on trouve dans les livres ou sur le net, j'essaie de mettre en ligne des clichés le plus fidèles possible quant aux coloris. Reste le problème des rhodos rouges ou rose vif dont les ultra-violets invisibles à l'oeil de l'homme troublent beaucoup les capteurs numériques (c'était pire pour les pellicules argentiques).
Rhododendron X Blue Peter
Rhododendon X saffron Queen
ARBRES
Petit retour en arrière pour revisiter un séjour morbihannais lors duquel nous célébrâmes mon anniversaire. Une ballade le long de la rivière du Bono, pleine de jolies surprises et que je veux évoquer par thèmes. En tout premier lieu, malgré la dominante aquatique du lieu, ce sont les arbres qui me marquèrent, leur fût, la silhouette quasi monstrueuse des têtards, les camaïeux des feuilles juvéniles des chênes, la verdeur des prairies sous leur frondaison...
Les têtards au bord de la rivière-mer :




Changement de cap

Jeunes pousses de chêne et eau salée

Les piliers de la terre



Verdeurs



L'arbre et la chapelle


JAUNE ET BLEU


LA FROM PEUT ALLER SE RHABILLER 2

DOUR-BEUZ
ELOGE DE LA DESOBEÏSSANCE

LIVIOU AR GÊR (les couleurs de chez moi)
Certains ou certaines, allez savoir, vont chercher la verdure en ville! Eh bien moi, voyez vous, cette ville là, le week-end, je n'y vais point. Je me contente donc des couleurs de mon "petit" chez moi.
Et des formes aussi, car cette fois-ci, je me suis appliqué à observer les portes et autres passages...





En matière de formes, nul n'est besoin parfois d'artifice, le port naturel des plantes, la texture et la couleur de leur feuillage suffisent à créer des architectures. Cet ensemble curieusement créé dans un but plus ou moins condimentaire est une de mes vues préférées du jardin. L'absence de fleurs dans un contexte où elles abondent repose l'oeil.

Le cadrage permet car il y oblige de faire abstraction du contexte et soudain on se croit ailleurs :

Les fleurs abondent, comme au dos de la falaise, j'irais bien faire quelques photos des tapis d'arméries maritimes mais le temps ne le permet guère...
Ici ce sont des arméries dite d'Espagne, plus foncées, dernière un phlox, et envrionnée de grémil et d'aubriète :

Je ne peux m'empêcher de vous montrer le désormais baptisé "arbre à Plume", en réalité un viburnum plicata.

Couleurs dans la grande rocaille:



Vue de la cuisine et détail d'un céanothe parmi les plus foncé (la photo claircit la réalité) :


Le discret géranium phaeum :
Les azalées du Japon ou de Chine sont moins discrètes mais c'est pour ça qu'on les aimes, non?


Du coup c'est le rhodo qui se fait tout petit...

Bon, pour finir, je profite que le botaniste soit en vacances pour avouer que j'aime bien ramener des plantes de mes périples. J'y parviens rarement car je ne suis pas outillé et que je ne le fais pas à la saison adéquate. Mais voici un petit ciste du massif des Alpilles prélevé l'été dernier et qui fleuri déjà :

Et puis, ça n'était pas une plante sauvage, mais peu importe, dans le jardin de notre cabane des montagnes du Costa Rica, il y avait des watsonias blancs or je n'en ai jamais vus de cette couleur. L'un des petits éclats au moins, a survécu à l'obscurité des sacs de voyage et au décalage horaire... Voici sa première feuille, et j'en suis très fier. (En cartouche le pied mère):

120 km/h
Le vent nous harcèle depuis une quinzaine. Un vent constant, froid bien souvent, usant. Depuis quelques jours, il a nettement fraîchi. Lundi déjà, l'océan avait pris cet aspect tempêtueux qu'on lui connaît plutôt en début d'hiver. Et puis hier soir, alors que je venais de me mettre au lit, cela a forci brutalement. Je n'ai pas besoin d'anémomètre pour savoir quand les bourrasques dépassent les 110 km/h. La maison craque alors sinistrement et puis surtout, mon lit se met à trembler. Au retour du boulot, les courses sont à peine déposées sur le sol de la cuisine que je repart direction la côte. Ai-je la mémoire qui flanche ou sont-ce bien là les plus grosses vagues que j'ai vues ici? En tout cas ce sont successions de montagnes sombres qui semble vouloir monter sur la côte pas très élevée ici (evel un tarv pennfollet ar mor a glaske sevel war an douar, ar mor a vleje, teurel a rae eonenn a zehoù hag a-gleiz...) A un moment, alors que je n'ai pris aucun risque, que je ne suis point descendu sur les rochers, ce qui s'élance vers moi me semble tel que dans un geste irréfléchi je m'éloigne du bord en piétinant les ajoncs nains qui ne ménagent jamais les chevilles. C'est dire. Le spectacle est dantesque, beau et inquiétant et à contre temps aussi. Car pendant ce temps les rhododendrons ouvrent leur inflorescences.
Les photos ne rendent pas justice au spectacle. La mise au point était difficile, le sel toutes les minutes aveuglait l'objectif. En voici quelques unes, rescapées...











HOME NIAGARA
Glaveier kement ha biskoazh...
Il pleut comme jamais je ne l'ai observé dans le Cap depuis que j'y habite.
Alentour, des zones humides se révèlent que je ne soupçonnais pas.
Et tout en bas du domaine, le ruisseau joue à Niagara Falls.

AR SEIZH AVEL
On en a marre de ce vent glacial, assaisonné de grains, qui depuis deux semaines maintenant nous maltraite. Je ne vous raconte pas ce que subit le feuillage juvenile! Des érables japonais en particulier.
J'ai subi un grain pour prendre ces photos à la pointe de L. Des vagues encore. Les photos sont décevantes et ne rendent pas compte de la réalité. Enormes ! Terrifiantes.






Et puis les monstres se ruent sur Audierne


Y'A PLUS DE SAISON MA PAUV' DAME
Force est de reconnaître, quand on a un tantitet de mémoire météorologique, que Madame Atmosphère souffle cette année sur nos pauvres vies, le chaud et le froid. Je rappelle qu'avant le passage du grand froid (qui ne nous donna ici que deux fins de nuit froides à -5°, fatales à un aloe vera et qui ne malmenèrent que quelques autres subtropicales, on s'en sort bien), nous eûmes un début d'hiver chaud, à la suite de quoi mars fut estival et enfin avril assez fidèle à lui-même au fond, dans sa version froide malgré tout. Il pleut pas mal et c'est la première fois depuis que j'habite ici que le sol est bien mouillé en cette saison et me dispense des premiers arrosages (je ne parle pas bien sûr des salades mais des nombreux ligneux planté cet automne et qui mourraient faute d'eau suffisante à cause de leur faible enracinement). Même notre pelouse pousse, c'est dire.
L'hiver, qu'il fût chaud ou qu'il fût froid, a été très calme. L'automne aussi. Les coups de vent arrivent maintenant seulement. Et c'est la deuxième fois en 15 jours que file sur la côte pour assister au spectacle. (Les fleurs et les jeunes feuilles quant à elles, apprécient nettement moins). Ainsi ce soir après une séance de jardinage, K-way anglais (merci belle maman) et vélo pour nous rendre à la plage.
Et à la vue des remparts d'émeraude, je ne peux resister à l'envie de prendre "quelques" clichés et de vous en livrer, retardant d'autant le compte-rendu de notre petit voyage des jours précédents, car comme à chaqun de mes anniversaires, nous avons foulé un sol îlien...
Revenons donc à aujourd'hui :
La vue du ciel bleu côté terre ne laisse rien deviner du spectacle côté mer:
En face, c'est tout autre chose
En regardant la pointe rocheuse, on mesure la taille des renflements liquides :
Depuis que j'arrive à faire ma crème Chantilly, je suis beaucoup moins envieux :
Les remparts liquides me fascinent toujours autant... ou de plus en plus.



NON, UN OURSIN !!!
L'INVASION A COMMENCE
La première a aterri sur la plage près du port d'Audierne. A la singulière couleur de l'eau, on pouvait deviner qu'un évenement étrange couvait.


C'est la première d'une longue cohorte et j'ai eu le droit d'y pénètrer:

PETITE BLEUE ET GRANDE BLEUE
La confrontation de la bourrache et de la mer, que j'admire toujours au même endroit, me fascine.

LA FROM PEUT ALLER SE RHABILLER
Non mais !

































