EN ALAN AR MEURVOR

AUTOMNE

De la pluie, de la pluie, de la pluie, de grosses nuées qui sculptent le ciel, qui grisent la mer ourlée de falaises rendues anthracite et puis le liseré blanc qui crête les vagues et emprisonne l'océan d'une crépine mouvante... C'est cela que j'ai vu sur la dune ce matin, c'est cela qui fait que je n'aborde jamais les mois noirs dans la morosité... Mais ça n'est pas cela que vous verrez ici. Le jardin lui, n'est pas un monochrome, mais le vert y sert d'écrin aux rouges, oranges et jaune. Vivent les érables, japonais ou européens... à moins que ne s'y glisse, en douce, un liquidambar américain...

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CANTAL : DONJON

Peu de monuments ou autres constructions étaient en ligne de mire dans le Cantal, l'essentiel des mes envies s'étaient portée sur la nature. Il était néanmoins un, le château donjon d'Anjony, que j'était bien décidé à voir. Il faisait partie de longue date de mon "panthéon" des beaux donjons médiévaux et appartient à la "famille" des tours composites,  résultat de l'aggrégation de plusieurs tours autour d'un noyau central.  Le rapport de proportion entre les tours d'angles et le noyau, le nombre de ces tours, la forme des toitures et quelques autres paramètres contribuent à l'effet d'ensemble.

En voici quelques uns : Arques,  (4)            Solidor (3)

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Sarzay (5)                                                    Val (5 et demie)

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Dinan (2 tours)                                     Et donc Anjony

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Mais nous devons passer par Mauriac pour faire réparer un essuie-glace que j'ai cassé d'un geste trop nerveux. L'occasion de jeter un oeil à la plus grande église romane du département, qui ne peut rivaliser avec les gloires du département voisin. Un  édifice qui manque de charme. Le lion de l'entrée attire néanmoins mon oeil.

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Pour rejoindre Anjony, nous passons par Salins et sa cascade. Elle dégringole le front d'une coulée de lave au fond d'un vallon. J'apprécie qu'on puisse passer derrière, ce que je n'avais jamais pu faire encore.

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IMG_9739Le donjon d'Anjony dans le village de Tournemire ne me déçoit pas.

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Nous franchissons la porte malgré un terrible gardien,

IMG_9706 hélas les photos intérieurs sont interdites. Pourtant, la grande salle est décorée de fresques du XVIème siècle représentant les 9 preux et la chapelle de scène de la passion.

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Chapelle

(photos Internet)

Je peux néanmoins photographier le chemin de ronde, les toitures et les environs...

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IMG_9768 Le village de Tournemire est lui très charmant, avec son église romane remaniée à l'époque gothique (j'aime assez ces hybridations) et ses jolies demeures...

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Nous rentrons au moulin par une autre route, à travers la montagne et nous découvrons au passage une chapelle monolithe (creusée dans une seule pierre !)

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CANTAL : AUTOUR DU PUY MARY

Le puy Mary est la pointe du Raz du Cantal. Il est Grand site de France, avec parking, escaliers aménagés et magasins au col du pas de Peyrol au pied. Ça n'est pas le point culminant du massif, mais sa forme pyramidale en "horn" et sa position centrale en font le point de ralliement  des monts du Cantal.

Nous ne voulions pas l'aborder de cette façon si prosaïque mais en l'intégrant à un grand circuit. Cette randonnée entre forêt et estives, parmi fleurs, vaches et rochers, nous a offert tout du long des paysages somptueux. Comment dire... chahutés et doux à la fois.

Nous nous garons bien en contrebas du parking principal, au pied de la brèche de Roland (ce qui est notre deuxième, en ayant déjà franchi une, beaucoup plus haute et difficile, dans les Pyrénées).

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IMG_9453 De là nous traversons une forêt de hêtres d'altitude.

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Et ses fleurs...

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Certains ont un humour douteux...

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Enfin nous sortons de la forêt pour traverser les estives, pleines d'autres fleurs...

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Pas très loin de ce grand hangar agricole dans les arbres, se trouve le moulin...

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Nous arrivons à la ligne de crête, que nous allons longer jusqu'au puy Mary...

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Qui est précédé du puy de la Tourte...

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Que nous dépassons par sa droite pour ménager nos guibolles...

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Pour enfin aborder la pyramide naturelle...

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Que nous gravissons... Nous sommes à 1783 mètres...

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La mini bosse à l'horizon, au centre, est le Plomb du Cantal, le point culminant, moins connu mais que j'ai en ligne de mire à cause d'un roman qui m'a beaucoup marqué, Le parfum, dont une partie s'y passe.

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Moins loin, le puy Griou (de l'occitan griù, pénible à monter) est aussi en ligne de mire pour sa forme incroyable.

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Encore quelques fleurs...

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 On a marché toute la journée, il est temps de redescendre...

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VUE DU THEATRE

On évite les pièces le dimanche à midi et le soir à 19H. 

Bref, la saison 2 démarre.

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Posté par karagar à 13:26 - Commentaires [3] - Permalien [#]

CANTAL : SALERS

La journée étant bien entamée, nous décidons d'aller visiter Salers, ville assez peu distante, vers l'ouest. Pour nous y rendre nous empruntons une route qui surplombe une de ces grandes vallées qui rayonnent du centre des Monts du Cantal. Vu de satellite, le Cantal est très reconnaissable. C'est une grand rond (un ancien volcan, le plus grand d'Europe), entaillé de nombreuses vallées centrifuges, qui ressemble à une grande araignée en creux.

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IMG_1403 - Copie Salers est au Cantal ce que Locronan est à la Cornouaille. Autant dire que les magasins d'artisans et autres produits locaux sont légions et que le bipède en vacances ne manque pas. Mais qu'on se rassure, même si, vu du moulin, il y a du monde, le Cantal, malgré des paysages d'une rare beauté, ne connaît pas les migrations estivales atlantiques ou méditerranéennes.

Cela dit, le village est très beau. Grâce à ses particularités architecturales (nombreuses maisons à tourelles semblables aux manoirs qu'on trouve ici à la campagne) et à la noirceur du basalte, il ne ressemble à aucun autre et pourrait damer le pion à bien des concurrents au titre du plus beau village.

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Arrivés aux "remparts", peu visibles, nous embrassons du regard toute la campagne ondulée et verdoyante. Ici, il y a place pour les jardins.

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Les murs semblent fait de colonnes basaltiques coupées comme du saucisson. Pratique !

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Notons quand même que parmi les produits locaux, il y a le fromage et que ceux d'Auvergne font partie de mon panthéon (Salers, Cantal et St Nectaire repartiront avec nous), et que en vrai père gâteau, je ne manque jamais de goûter les pâtisseries locales avec une prédilection pour les galettes et autres sablés. Ici, la vedette est le carré de Salers.

Au retour, la vallée et inondée d'or et je suis impressionné par de belles grumes.

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Posté par karagar à 14:52 - Commentaires [3] - Permalien [#]


CANTAL : LE MOULIN

Après avoir parcouru une route grandiose au sommet des Monts du Cantal, nous prenons possession du moulin où nous séjournerons une semaine.

La "route" d'accès est inquiétante et il faut l'assurance de notre guide que "ça passe" pour oser y engager la voiture.

En récompense, l'isolement total, pas de voisins immédiats. Seuls bruits:  la rivière et  les cloches des salers qui nous assiègent.

Le moulin et la vallée :

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Dominé par le rocher du Merle :

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Matin et soir :

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Soir :

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La rivière et le pont :

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Les montagnes vues du moulin :

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Les voisines:

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Autrefois :

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CONQUES

Entre Toulouse et le Cantal, notre dernier lieu de séjour, nous avons une soirée pour une escale non programmée. En regardant la carte, je constate que Conques ferait bien l'affaire. C'est un endroit où je retournerais avec plaisir et que Vladimir ne connaît pas.

En chemin, des panneaux indiquent le tout proche Bouzouls. Or, dans mes errances internautiques, mon oeil avait été attiré par le trou de Bouzouls dont le site était aussi curieux que le nom marrant. C'est beaucoup plus impressionnant vu d'avion et nous n'avons pas le temps d'explorer mais je tiens à aller au bord de ce fameux trou.

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Plus loin, aux confins de l'Auvergne, nous traversons le très joli village d'Estaing, dont le château a été acheté en 2005 par la famille Giscard qui en avait acquis le nom bien avant !

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De là, Conques n'est plus très loin, d'ailleurs Estaing, par son paysage et son architecture annonce clairement notre destination.

Nous avons trouvé une chambre ici :

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A deux pas du pont des pélerins :

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Quand nous entrons, et après que Vladimir s'est exprimé, la tenancière lui répond à la façon de Jane B. Je suis effaré. Je crois sur le coup qu'elle se fout de sa gueule. Mais, il s'avère très vite que l'accent perdure et est bien réel. C'est une néo-zélandaise !

De là, une rampe mène directement au village sans passer par la route.

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Le village est très beau et réussit, bien que très fréquenté, à ne pas être étouffé par le"touristique" à outrance. Est-ce sa vocation de pèlerinage qui l'en préserve? Pas sûr, mais je fais ce constat à chaque fois que ce lieu pourtant si célèbre garde quelque chose qui n'a pas le goût de frelaté.

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IMG_1254 Et puis bien sûr, il y a l'église abbatiale Sainte Foy. On la dit être le prototype de la série des églises de pèlerinage (donc modèle de Saint Sernin et de la cathédrale de Compostelle !).

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La caractéristique principale (hormis l'hypertrophie du transept) est qu'il n'y a pas d'étage clair au dessus des tribunes. La nef est donc éclairée, en bas comme en haut, indirectement. Elle est comme enserrée dans un bas côté à deux étage. Malgré ça, Sainte Foy est assez claire. J'aime aussi son parti de verticalité. C'est un des intérieurs romans qui m'emportent.

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Le tympan, on le sait, est une des plus célèbres pages de la sculpture romane.

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Nous le verrons mis en couleurs à la nuit tombée...

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Nous irons aussi écouter le concert du soir (rencontres musicales de Conques), l'ensemble Constantinople avec le clarinettiste Kinan Azmeh, de la musique orientale nouvellement écrite, très inspirée par la Syrie. J'ai généralement du mal à entrer dans une musique inconnue, mais là ce fut le ravissement. En attendant le début du concert, je peux faire quelques photos de l'église éclairée.

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Harpistiquement vôtre 2 : aux origines....

(les images sont en "insérés", impossible de faire autrement après des essais pendant 24 h)

Si le déclic dont je parlais récemment a été provoqué par un évènement imprévu (la harpe accessoire de théâtre), il était néanmoins on ne peut plus intériorisé, intime si l'on veut, résultat d'un dialogue - inconscient certes - entre moi et moi. Au contraire, le vrai commencement a été le résultat d'une injonction, d'un ordre extérieur qui m'obligea à faire ce que j'avais toujours secrètement rêvé de faire... Incroyable, non?

Le mot rêve est on ne peut plus approprié. Il est à prendre au sens premier. J'ai passé vingt ans à faire des rêves récurrents de harpe, ces rêves de frustration qui, pour la traduire en images, développent des trésors d'imaginaire incontrôlé. L'une d'elles m'est restée en mémoire. J'entre dans une pièce où se trouve une harpe - je n'en avais alors jamais approché une dans la réalité -, je suis attiré, émerveillé, je vais enfin pouvoir toucher à cet instrument, oh pas en jouer, cela est au delà du fantasme, mais la toucher oui, la sentir au bout de mes doigts, éprouver les cordes. Mais lorsque mes doigts arrivent enfin au contact des cordes, celles ci s'avèrent être du mercure et mes doigts passent au travers sans rien ressentir. En tout cas, elles avaient la brillance du métal - étais-je déjà bien renseigné sur les différents types d'encordage ou était-ce prémonitoire, je ne puis le dire - et aujourd'hui encore j'ai un plaisir visuel à voir mes doigts aller à la rencontre (partie médium de ma harpe actuelle) du bronze étincelant. Les cordes de la future harpe, d'un autre alliage, seront plus brillantes encore, j'y reviendrai. Pourquoi ces rêves?

J'ai sans doute à peine 10 ans en réalité quand ma soeur, de 11 onze ans mon aînée et néanmoins la plus jeune de la famille hormis moi, ramène à la maison, comme souvent, un disque. C'est curieux, car la situation était habituelle où je lui demandais ce qu'elle avait acheté comme disque mais du dialogue de ce jour là, je me souviens très bien. Pas des autres. Moi: C'est quoi? Elle: De la harpe. Moi: C'est chiant la harpe. Quoi de plus ironique? Car, et il n'y a absolument aucune exagération à le dire, la première écoute de ce disque a réorienté ma vie, définitivement. J'ai déjà dit que je suis né une seconde fois ce jour là et je le pense toujours. C'est le moment de l'enfance où l'on cesse - au moins dans la tête, - de n'être rien que ballotté au gré des envies des adultes, où le destin se dessine. (J'abandonnerai la harpe lors de ma troisième naissance, c'est assez fou d'y penser, j'y reviendrai aussi). Ce disque c'est Renai*ssance de la harpe celti*que, enregistrement historique pour l'instrument comme dans ma vie, encore aujourd'hui le disque de harpe - toute catégorie, - classique, sud américaines etc... -  le plus vendu au monde. J'ai d'ailleurs eu la chance de pouvoir raconter cette histoire à son auteur.

C'est de cette époque bien sûr que datent les rêves. Mais entendons nous bien, je n'ai jamais rêvé de pratiquer de cet instrument. Je n'avais aucune connaissance musicale. Le solfège et tout ça, c'était pour les bourgeois de la ville d'à côté - mes camarades de classe néanmoins -, d'ailleurs toute activité extra scolaire était considérée par ma mère comme la porte d'entrée de l'enfer. C'est bien dommage, car au fond de moi, j'aurais aimé pratiquer d'un instrument sans doute, j'était le seul de la famille (avec ma mère, quel paradoxe une fois de plus)  à savoir chanter et à avoir quelque appétence pour la chose musicale. (Je parierais cher que ma mère avait une voix étant jeune et souffrait des même frustrations, salut Sigmund...) Quoi qu'il en soit, la harpe était hors champ, trop difficile dans mon imagination et puis encore rare à être enseignée à l'époque, au moins en région parisienne. C'était faux, mais je l'ignorais.

Très récemment, mon ex compagne, quand elle a su que je m'y "remettais", m'a immédiatement appelé au téléphone. C'est l'occasion de dire qu'autour de moi, on a semblé considérer cet évènement comme important. Ça l'était bien sûr pour moi, mais l'importance accordée par les proches m'a porté dans cette décision. Elle me sort une phrase qui m'aurait fait tomber sur le cul si je n'avais été assis. "Tu fais tout ce que j'ai rêvé de faire". Et elle me remet en mémoire un épisode que j'avais oublié. Dans la période où on s'était connu, elle avait trouvé une professeur de harpe et s'apprêtait à en commencer l'apprentissage. Je ne sais plus pourquoi ça n'a finalement pas été possible. Je raconte cela, car je me suis vaguement rappelé qu'en effet j'avais été au courant de ses démarches et que ça ne m'avais pas remué plus que ça. Étrange. Comme si la harpe devait rester dans mon monde, comme un truc très intime. Et après tout pourquoi pas? Aimer un instrument, ou un type de musique, ne conduit pas forcément à en jouer, n'est-ce pas?

C'est l'année de mes 30 ans que les astres se sont alignés. Cette année là, nous étions quatre à avoir créé un organisme de formation et le client était rare. Parmi eux, une jeune femme de 24 ans qui :

- habitait dans ma commune.

- était harpiste et professeur de harpe.

- jouait de la harpe c*eltique à cordes métalliques  - c'était un vraie chance car c'est moins de 1% de la pratique de harpe celti*que et elle est toujours la seule en Bretagne, et donc en France, à l'enseigner de manière structurée, à ma connaissance. Or, la harpe à cordes nilon, celle qu'on entend partout, ne m'intéressait pas. Il y a des nuances à apporter mais ce sera l'objet d'un autre chapitre plus "musical".

- la fille de mon collègue était sa presque unique élève.

Et le dit collègue était autoritaire, et chef de la boîte en sus. J'ai souvent souffert de son caractère et en même temps il y avait une forme d'entente entre nous. Je lui dois pas mal de choses à ce type (ah, la harpe ouvre bien des chapitres...), ce qui va suivre bien sûr, mais aussi d'avoir eu confiance en moi dans mon domaine professionnel. Il m'a confié des tâches et mon poste actuel est un lointain héritage de tout ça. Il mourra trois ans après cette histoire.

Il savait que j'aimais la harpe comme instrument et désirait que sa fille ne soit plus seule en cours. Il me poussa donc à m'inscrire. Mais je renâclais. Je trouvais des arguments. J'étais trop vieux pour commencer la musique, je ne connaissais pas le solfège (20 ans après je ne le connais toujours pas !) et que sais-je d'autre... Au fond de moi j'étais titillé, mais ça me faisait peur. Doit-on se confronter à une passion, et risquer une déception faute d' y arriver? Bref, à la fin d'un stage, je demandai à la prof de harpe - qui était mon élève à ce moment là, mais dans une autre matière - on suit? - de présenter son instrument - exercice linguistique - et donc d'en jouer. Je fus conforté dans l'idée que c'était ce type de jeu qui m'intéressait. Mon collègue haussa le ton et je m'inscris...

Je touchai donc une harpe pour la première fois en décembre 1995. Par chance, ce moment est immortalisé. Je joue sur un très bel objet, la reproduction d'une harpe du XVIIème qui hélas n'est pas une réussite acoustique.

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J'ai très vite en location une harpe délaissée par ma prof - construite par le luthier de Quimper qui a fait la petite harpe dont il est question dans le post précédent ! 

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 Et puis, autre ironie de l'histoire, la fille du collègue abandonne assez vite la harpe et c'est moi qui me retrouve seul en cours! Coup de chance aussi, je rachète la harpe de la jeune fille - déjà vieille alors et bon marché, mais un peu collector aujourd'hui, j'y reviendrai -  que j'ai toujours.

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TOULOUSE ROMANE

IMG_0915 - Copie Quelques vues de Toulouse la rouge au fil des rues...

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Le chapitre "Toulouse romane" s'ouvre en réalité sur du gothique car l'écrin de la belle découverte que nous fîmes se trouve être le musée des Augustins, occupant lui-même l'ancien couvent des Augustins, construction essentiellement du XIVème siècle.

IMG_1006 L'église ne peut rivaliser avec les Dominicains, par contre le cloître se défend plutôt pas mal !

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Nous ne visiterons pas tout le musée, très riche, je suis incapable d'ingurgiter de l'art à tire larigot et notre déambulation sera donc sélective.

Le grand moment d'émotion fut pour la découverte de la salle de la sculpture romane. Tous les chapiteaux et autres figures exposés sont originaires d'églises de Toulouse. On la considère comme une des plus riches collections du monde en la matière. Mon intérêt pour la sculpture est inverse à celui pour l'architecture, l'art roman a ma préférence. Et jamais, de part l'éclairage et la proximité oculaire, il ne m'avait été donné de d'admirer ce genre d'oeuvre avec un tel confort. Et franchement, ça change tout. Qu'il s'agisse de scènes historiées ou purement décorative, c'est le ravissement à chaque instant et on en finit pas d'admirer la finesse, pas seulement du ciseau mais surtout de l'imaginaire.

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Cerise sur le gâteau, un roi David et sa harpe, mais qui n'en joue pas : il l'accorde! On distingue le geste et l'instrument, c'est fort différent de ce qui se fait aujourd'hui ! (le hasard fait que je découvre récemment un sculpture irlandaise qui montre aussi une clef d'accordage, j'en reparlerai).

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Sculpture gothique dans cloître, salles capitulaire et autres.

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Je  retiens les gargouilles du disparu couvent des Cordeliers,

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Un surprenant baiser de Judas...

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Influence bourguignonne et par là flamande pour cette vierge de la fin du XVème, Notre Dame de Grasse. Je ne suis guère enthousiasmé par les représentations de la Vierge qui m'ennuient au possible. Mais cette fois, je trouve que cette statue - cette femme devrais-je dire - irradie...

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Encore moins dans mes habitudes, ces visages du XVIème de Nicolas Bachelier, m'inspirent...

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Et voici même un peu de XIXème, avec cette effrayante allégorie du cauchemar ! (Eugène Thivier)

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Le titre Toulouse romane fait bien sûr aussi allusion à la plus célèbre église de la ville, Saint Sernin, très grande église de pèlerinage, plus grande église romane de France (depuis la destruction de Cluny III). C'est vrai que le développement est inouï, longueur, nombre de chapelle, largeur du transept entièrement contourné de tribunes... Mais la visite confirme ma première impression d'il y a quelques années : cette église (sauf sa tour et son chevet) ne me plaît vraiment pas. Elle a pourtant la même structure et élévation que mes deux préférées (Saint Nectaire et Conques)... allez comprendre !

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TOULOUSE GOTHIQUE

Malgré l'exellence de notre mission cévenole, sa sainteté considéra que nous avions bien trop peu visité d'églises et que l'élévation de nos âmes demandait à ce que nous réparassions ce manquement. Il nous laissait le choix de notre destination pourvu qu'elle fut bien pourvue... en édifices religieux.

Or, il se trouvait, qu'un ancien moine de la congrégation à laquelle frère Vladimir appartenait autrefois, nous invitait depuis un moment à venir découvrir son nouvel ermitage à Toulouse. L'occasion était rêvée.

Sur la route, je manifestai le désir d'aller tremper mes orteils dans le grand lac salé qui sépare l'Europe de l'Afrique. Ne serait-ce que pour en savourer la tiédeur au souvenir de la fraîcheur de nos eaux extrême occidentales...

Je n'arrive décidément pas à avoir un contact agréable avec cette mer. L'endroit était d'une laideur assez remarquable, l'eau était maronnasse et ses 22° à peine suffisants pour justifier le détour. Je n'ai de surcroît pas trouvé très agréable d'y nager.

Nous voici à Toulouse, où nous avions fait il y a quelques années une escale trop rapide (les Jacobins, St Sernin) pour que je garde la moindre impression de la ville.

Nous y déambulerons trois jours et ce furent les trois jours les plus chauds du voyage. Je supporte bien la chaleur mais on aimerait quelques degrés de moins. (Mon souvenir le plus extrême est Tolède).

Heureusement, les grands arbres du canal de Brienne, nous protègent le matin dans notre approche du centre ville.

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Là, nous tombons sur la Garonne que je découvre. Elle me fait bonne impression, elle semble impétueuse et on imagine qu'en des saisons moins sèches, elle doit être redoutable.

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IMG_0700Tout le monde sait que Toulouse est rouge brique et je le confirme.

IMG_0819De brique sont aussi les églises médiévales (comme dans le nord de l'Allemagne!). Ainsi celle du couvent des Jacobins (ex dominicains) qui aura l'honneur de notre première visite. Je sais à quoi m'attendre.): Un chef d'oeuvre d'architecture déjà vu. Son aspect actuel date de la seconde moitié du XIIIème siècle et y retourner me consolide dans l'idée qu'il s'agit là d'un de mes espaces gothiques préférés bien que n'obéissant pas aux canons de ce que j'affectionne habituellement. Bien des éléments sont habituels dans l'art gothique languedocien, mais ici il y a le génie en plus.  Cette église est par ailleurs une des premières fondations de l'ordre prêcheur et abrite depuis le XIVème la dépouille de Thomas d'Aquin.

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Il y a aussi une belle salle capitulaire dont les voûtes reposent sur deux très fines colonnes de marbre.

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Et la chapelle Saint Antonin, peinte d'une représentation de l'Apocalypse selon St Jean. Les 24 vieillards, et, plus bas, les anges musiciens sont tous porteurs d'intruments de musiques.

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Enfin, le cloître... Bref, c'est peu dire que j'ai aimé revoir tout ça.

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IMG_0827 - Copie Et puis à Toulouse, il y a... une cathédrale. Une de celles - de moins en moins nombreuses - que je n'avais encore jamais vues mais qui n'était pas très bien placée au panthéon.

Cette cathédrale, que dire qu'autre sinon que c'est un sacré - bien sûr - engin ! Une nef du premier art gothique méridional dont il semble qu'elle en soit même le prototype, à laquelle se greffe - mal -, sur un axe très décalé, un choeur rayonnant, de ce rayonnant méridional que me laisse froid. Des échafaudages dans la nef sale et sombre n'aident pas à l'apprécier. De très beaux détails décoratifs dans les chapelles rayonnantes néanmoins mais qui ne suffisent pas à m'emporter.

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(je constate que je n'ai pas pris de photo du décalage, donc je vous en mets une d'Internet)

 

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Finalement c'est la façade un peu boiteuse qui me charme le plus, notamment le contraste entre la sobriété de sa maçonnerie et la rosace, directement inspirée de la rosace ouest de N. D. de Paris.

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Harpistiquement vôtre 1 : Le déclic

kerdin Incipit : L'autre soir s'est passé sans crier gare un évènement depuis si longtemps envisagé, tellement fantasmé même, qu'il m'avait semblé de prime abord routinier avant que je prenne conscience qu'il était une première. Je travaillais à ma harpe, dans mon bureau, la porte bien fermée, alors qu'à l'exact opposé de la maison, dans son bureau à lui, Vladimir jouait du piano. Et alors, me direz-vous ? Rendez-vous compte qu'il y a dix ans, cette éventualité avait dicté les plans de la maison. Et c'était bien vu, nous ne nous sommes pas gêné mutuellement. Sauf que ça n'était jamais encore arrivé, pour les raisons que l'on sait et quine  tenaient qu'à moi. Vladimir ne manquait pas d'en exprimer parfois le regret, mais de moins en moins souvent, comme si l'idée elle-même s'étiolait. La harpe elle même, relèguée dans un coin de la pièce, arborait piteusement ses cordes cassées. (Il faudra que je revienne là dessus, les cordes qui cassent quand ça va mal...) Les seules fois où elle se faisait entendre, c'est quand une mouche se heurtait à l'une de ses cordes, ou lorsque j'éternuais.

Je me suis dit qu'en cette période de frénésie harpistique retrouvée, ce blog pourrait m'être l'occasion de refaire un peu l'historique de cet instrument dans ma vie, je ne sais encore sous quelle forme, chronologique ou non, mais je me lance.

Avant de m'aventurer dans le lointain passé, je voudrais revenir sur ce déclic que j'ai évoqué récemment. Je viens de faire un gros virement d'argent vers le Connemara qui marque le lancement officiel du projet. Je consacrerai plus tard un chapitre à expliquer quelle harpe je fais construire, quelle est son histoire et comment j'en suis venu à la choisir après une réflexion de 15 ans.

Je me suis donc surpris  à prendre une décision forte assez rapidement. Pas tant de m'y remettre (il y a actuellement deux harpes  disponibles à la maison, j'y reviendrai) que de faire faire un instrument historique et de consentir à la dépense que cela représente, anticipant ma capacité à en tirer quelque chose de valable, après plus de 10 ans sans pratiquer et en l'absence de professeur. C'est ce que j'appelerai le déclic.

A bien y penser, le déclic est peut-être moins instantané qu'il n'y paraît et il revêt, chose encore plus surprenante pour moi, des aspects semblables à celui qui me fit débuter l'étude de l'instrument il y a 23 ans : à savoir un coup de pouce du hasard sur un terrain préparé de longue date.

Le coup de pouce, cette fois c'est ceci :

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La petite harpe nous a été prêtée pour notre pièce de théâtre où elle est l'accessoire du plus jeune de nos comédiens (15 ans à l'époque). Elle a elle-même son histoire (que je ne connais que depuis mars), puisqu'elle fut le premier coup d'essai d'un homme qui deviendra un luthier reconnu et qui fait notamment les harpes d'une harpiste capiste devenue star au Japon... Cette harpe a 34 ans.

Lassé d'entendre à chaque répétition le jeune comédien caresser des cordes distendues et désaccordées, j'ai proposé de prendre l'instrument chez moi pour y remédier. Pour qu'un instrument à cordes laissé en jachère si longtemps redevienne stable, il faut d'armer de patience et puis le miracle se produit et l'accord finit par tenir. Et à la tenir ainsi sur mon giron des jours et des jours, est née très vite entre elle et moi une relation amicale. Ce n'est pas un effet de style. C'est exactement ce qu'il s'est passé. Rien n'y prédisposait pourtant. Cet instrument est cordé en nylon, comme la plupart des harpes celtiques modernes certes, mais bien que désormais classique, cette sonorité n'est pas celle qui m'attire et ma technique de jeu ne s'y prête pas, normalement. Je n'ai néanmoins pas changé de technique - je n'en connais pas d'autres - et je constatai, outre que la petite voix fluettede la "nouvelle" ne me déplaisait pas, qu'une part de la sonorité qui me dérange dans la harpe moderne vient de l'attaque à la pulpe du doigt. L'attaque à l'ongle corrigeait beaucoup ce défaut. A y repenser aujourd'hui, plusieurs mois plus tard, il m'apparait que mon insistance à la prendre chez moi pour l'accorder, relevait déjà d'une envie souterraine dont je ne mesurais sans doute alors pas les conséquences: Le fameux déclic.

Quand le déclic a eu lieu et que je me suis tourné vers Internet à la recherche de vidéo pour réapprendre des morceaux et, au delà, réfléchir à un nouvel instrument, il m'est apparu que je savais parfaitement où aller. le chemin était tracé. En  effet, sans en parler à personne, cela faisait plusieurs années que j'errais sur Internet, lisant les sites consacrés à la harpe gaélique ancienne, regardant les vidéos, comparant les sonorités, suivant comme un espion les activités très confidentielles du petit monde de la clair*seach* dont j'avais connus certains des animateurs il y longtemps. Dans mon idée, je ne faisais rien d'autre qu'abreuver ma curiosité, voire ma nostalgie. En réalite, qelque-chose se préparait en sourdine, dans mon inconscient. Le déclic n'avait rien de fortuit malgré ses apparences, il attendait juste son coup de dé. J'ai depuis peu remplacé les cordes de ma harpe, je l'ai péniblement ramené à l'accord (ce qui est difficile pour le nylon l'est cent fois plus pour le bronze). Ce fut un choc, j'avais déjà pris des habitudes. La tension des cordes, la résonance du métal à dompter, j'avais oublié tout cela.

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23 ans auparavant, j'avais commencé cet l'instrument dont je rêvais depuis l'enfance, sur un autre coup de dé, mais c'est une autre histoire.

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COMPTE-RENDU PAPAL 2


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Le pape nous fit l'honneur de nous loger à
Villeneuve, séparée de son palais par le Rhône, et infiniment plus calme en ce mois de folie théâtrale où 1200 spectacles se disputaient cette année l'attention des festivaliers. Je me souviens qu'il y a douze ans, au début des mes fréquentations avignonnaises, le chiffre se situait autour de 700 et était alors considéré, à juste titre, comme insensé. Jusqu'où cela ira-t-il?

J'aime assez retrouver cette ambiance, certes totalement exogène, beaucoup de souvenirs importants sont liées à cet endroit, dont le premier voyage pour m'y rendre a ouvert ce blog, il y a bien longtemps. Et puis aussi, à la régie une année, je l'ai vécu un tout petit peu de l'intérieur aussi !

Nous verrons quelques spectacles dont un époustouflant, à mon sens. Chance, Vladimir travaille bientôt pour ce metteur-en-scène.

Avant la folie intra-muros, nos matinées et nos nuits dans un charmant appartement duplex sous combles sont agréablement calmes. IMG_0539 D'autant que Villeneuve est riche en monuments médiévaux ou de création médiévale, dont l'oppulence est liée souvent au pape ou... au roi de France. Bref, l'architecture qu'on voit ici, malgré le calcaire blanc aveuglé de soleil qui pourrait faire illusion, est bien souvent nordique.

IMG_0526 Nous nous contenterons de déambuler dans les parties tout public de la chartreuse - ignorant pour une fois l'église et la chapelle aux fresque du trecento -, tant étendue qu'on dirait qu'elle est un quartier de la ville. Fondée par un pape avignonnais, elle fut la plus richement dotée de l'ordre en son temps. J'y achète même deux livres sur le théâtre car l'abbaye est aujourd'hui Centre national des écritures du spectacle avec bibliothèque et librairie spécialisées. Les écrivains en résidence logent dans les cellules monastiques...

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IMG_0664Nous consacrerons un moment à la collégiale, elle même dotée d'un cloître. C'est une belle église du XIVème, sobre mais aux belles proportions. On lit beaucoup "art gothique méridional" la concernant mais je ne suis pas d'accord. Une élévation à deux niveaux ne suffit pas à faire du méridional ! Je la trouve très nordique au contraire, à quelques détails extérieurs près.

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On y voit un tableau dont j'ignorais l'existence, une pièta dont l'original est au Louvre. Elle est considérée comme un chef-d'oeuvre et son attribution a été longue et reste contestée. (Enguerrand Quarton, un picard).

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IMG_0548 Nous visitâmes enfin, en bonne et due forme, le Fort Saint André, construit par Philippe Le Bel: encore du gothique nordique ! Un très bel édifice très soigné aux salles grandioses. La chapelle semble appartenir de part son style au castrum précédent. C'est le châtelet qui comporte les plus belles salles, une dans chaque tour, voûtée comme une abside.

Les graffiti sur les dalles sont le fait d'anciens prisonniers.

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COMPTE-RENDU PAPAL 1

Une semaine après notre arrivée, nous pouvions nous enorgueillir d'avoir remis en ordre, avec un mélange de douceur et de fermeté, le prieuré cévenol. Encore fallait-il rendre compte de notre réussite totale auprès du Saint Père qui nous avait missionnés. C'est ainsi que nous nous mîmes en route pour Avignon où nul n'ignore que le premier parmi les prêtres organise chaque juillet une petite sauterie d'un mois avec force comédiens et réjouissances en matière d'art dramatique

La route nous faisait passer par Nîmes que je ne connaissais pas encore et bien que n'étant pas un inconditionnel de l'architecture romaine, il eût été dommageable de ne pas profiter de l'occasion pour voir ces vestiges parmi les mieux conservés du monde romain.

IMG_0409Notre premier coup d'oeil fut pour les arènes, les mieux conservées du monde, que nous décidons donc de visiter (nous n'avions visité ni celles d'Arles, ni le Colisée). L'audio guide nous délivre quantité de détails sur les spectacles qui s'y tenaient. Et c'est l'occasion de se dire que notre monde a quand même évolué dans le bon sens. Malgré tout, l'idée que des corridas y ont encore lieu, ne me met pas très à mon aise. Il est midi et la lumière est violente sur les gradins. L'architecture me laisse froid mais on reste impressionné néanmoins par la taille des blocs maçonnés à joints vifs. Du travail de romain, comme on dit.

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Dans la série des champions du bien vieillir figure bien sûr la dite Maison Carrée. Ce petit temple de style (néo) corinthien sous le règne d'Auguste est lui aussi le mieux conservé du monde romain et récemment restauré. Que vous dire d'autre? Cette architecture gréco-romaine laisse tellement peu de place à la fantaisie (les variations existent mais sont assez subtiles) que j'ai l'impression de voir toujours plus ou moins le même monument.

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Nous traversons ensuite les jardins de la Fontaine, aménagement assez impressionnant réalisé sous Louis XV autour de la source originelle de Nîmes et des vestiges romains. La présence de l'eau rend l'ensemble attrayant mais je ne crois avoir jamais vu avant un telle illustration de ce que le jardin à la française est avant tout une architecture minérale! (Je me rends compte que j'avais vu, enfant, des photos de ce jardin, dans un livre sur l'histoire des jardins et complètement oublié son existence... mais savais-je à cette époque où était Nîmes?)

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On y voit les vestiges du temple de Diane.

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On gravit la colline, où la végétation prend enfin le pas pour voir la fameuse Tour Magne.

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De cette tour, je ne connaissais que ces vers holorimes :

Gall, amant de la Reine, alla tour magnanime
Galamment de l'arène à la Tour Magne à Nîmes.

que je croyais, comme toute le monde, du grand Victor alors qu'ils sont de Marc Monnier.

C'est encore une construction romaine (mais sur des bases gauloises !), magnifiant (!) la principale tour des remparts.

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DESTINATION GRAND SUD... DU CAP

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MISSION CEVENOLE 6

Pour notre dernier jour dans la région, je voulais aller faire un petit tour "ailleurs", car à l'extrèmité occidentale des Cévennes, il suffit de franchir une rivière (et de grimper sec !) pour se retrouver sur les causses Méjean (= médianes), un autre monde. Il s'agissait aussi de faire une petite chose qui m'amusait...

Mais nous débutons la journée, au cloître, en croisant une chenille d'un type que je n'avais pas revu depuis mon enfance parisienne...

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Nous arrivons au sommet des Causses, où j'envisageais de marcher le long de la crête calcaire, mais nous arrive des Monts Lozère un orage qui nous fait renoncer (je n'ai pas peur de la pluie mais de la foudre - il faudra convaincre frère Vladimir - qui n'a peur de rien - de la retraite). Mais le spectacle est là, gros nuages et rideaux de pluies sur les montagnes.

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Nous nous aventurons donc sur une route un peu douteuse, l'occasion de voir des lavandes sauvages

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et les nuages progresser sur le plateau.

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Un peu plus loin, nous trouvons le Tarn au début des gorges qui entaillent les grandes Causses

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IMG_0348 au bord duquel nous descendons pour trouver un village, désert sous la pluie.

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IMG_0375Il y a là un magnifique pont gothique sur le Tarn, hélas en travaux.

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Mais ça n'est pas tout ça, on est pas ici pour rigoler, j'ai un truc à faire moi! Enfin je trouve l'usine que je cherchais. Le temps de sortir la bouteille du sac et hop!

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Retour au cloître. Le lendemain, pour notre départ, les nuées nous font de beaux mouchoirs blancs dans les vallées. Sur la dernière photo on peut apercevoir le mont Ventoux dont nous nous allons quelque peu nous rapprocher.

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MISSION CEVENOLE 5

IMG_0223 Un programme fait de bric et de broc aujourd’hui pour égayer la vie claustrale de mes chers lecteurs.

Tout d’abord, nous n’empruntâmes qu’une fois la route menant de notre prieuré au bourg dont il dépend, Peyremale, qu’on nous avait dite être peu commode. Ce n’était pas mensonge, mais à ce moment de notre séjour, frère Karagar, chauffeur en titre, avait acquis une solide expérience de la route cévenole, aux lacets innombrables, et surtout étroite, ô combien étroite, sur laquelle la voiture adverse se complaît à rouler vite et fort peu à droite… Grâce à cet itinéraire inédit, nous nous retrouvons après moult virages, de l’autre côté de la vallée, profitant ainsi d’une vue sur le village du prieuré. Hélas, notre cloître est caché derrière un arbre, à gauche de la dernière maison de droite…

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IMG_0152 Nous fîmes ensuite une marche méditative et accidentée autour de la vallée d’une petite rivière. Conifères, chênes verts, schiste brun, le paysage que vous montrent les photos qui suivent sont plus caractéristiques de notre environnement quotidien que tout ce que vous avez pu voir jusqu’à présent. Le plus étonnant pour moi (car la température ici, autour de 450-600 m, n’a rien à voir avec celle des hauteurs du mont Lozère) est de voir autant de bruyères par cette chaleur.

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En bas, au pied d’un petit pont de pierre qui n’est là que pour notre sentier, nous trouvons assez de profondeur d’eau pour un petit bain rafraîchissant.

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En remontant, nous trouvons le hameau de Bournaves, où se trouve un clocher de tourmente. C’est le seul qui ne soit pas sur le mont Lozére, ni en granit (il n’est d’ailleurs pas sur la liste qu’on trouve de ces édicules). « Bâtis au début du XIXe siècle par les habitants de ces hameaux, le rôle primitif de ces clochers est de permettre aux voyageurs de ne pas s'égarer et périr, si d'aventure ils se retrouvaient pris dans « la tourmente ». Ce terme désigne une redoutable intempérie qui naît en altitude au cours des rudes hivers, lorsque chutes de neige et bourrasques de vents violents se conjuguent. Dès que sévissait la tourmente mais aussi par temps de brouillard, les cloches étaient alors actionnées, parfois nuit et jour, fournissant ainsi un repère sonore aux voyageurs, un peu à la manière d'un phare pour la navigation maritime, afin qu'ils puissent s'orienter vers les habitations. » Wiki.

L’édifice à l’arrière pourrait faire penser à une chapelle, alors que le vrai clocher de tourmente est isolé, mais c’est si petit qu’un homme ou deux, pas plus, pourraient y entrer.

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En tout cas, le village a beaucoup de charme.

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Désireux de faire notre soirée ce soir-là dans une auberge – les autres soirs nous dînons au cloître, bien évidemment – à Saint Ambroix, dans un moulin ruiné qui surplombe la Cèze où nous pourrons nager avant le repas (eau très chaude cette fois), nous prenons la route idoine et faisons une halte à Aujac pour son château fort. Mais nous avons de nouveau rendez-vous avec une église romane dotée d’un clocher peigne devant lequel Frère Vladimir prendra un thé, sur la place, comme à son habitude quand il fait très chaud. Cette fois, j’ai la précision que le clocher est rajouté au XIVème siècle, ce qui confirme l’impression que j’avais eu à Concoules. L’église est du XIIème, toute petite une fois de plus mais en grand appareil et me rappelle de ce fait l’art roman provençal.

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Nous montons ensuite au château, qui domine toute la vallée de la Cèze, à 600 m d’altitude. Nous ne souhaitions pas le visiter mais cette année il est exceptionnellement fermé à la visite. Nous tombons sur la propriétaire à la grille, qui navrée de devoir nous laisser dehors, nous offre une carte postale du château très sympathiquement.

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Après une journée aussi harassante, Dieu pardonnera à frère Karagar un petit rafraîchissement non aqueux à son arrivée au Moulin du Roc Tombé.

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Le soir, pour rentrer, nous repassons comme chaque jour par le col de Portes, bien protégé par son château. Il est donc temps de rendre hommage à cet édifice construit en deux temps, de manière bien visible. Une partie médiévale, un vrai château fort, et le château neuf, qui malgré son style date de la fin du XVIème et du début du XVIIème ! Il a été construit avec un angle unique de 49° qui le fait ressembler à la proue d’un navire (je n ‘ai pas trouvé d’explication claire à cela).

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MISSION CEVENOLE 4

Je voulais voir le sommet du mont Lozère, point culminant des Cévennes. Le paysage est l'antithèse du paysage cévenol classique, accidenté et entièrement couvert d'arbres. Ici, ce sont juste de vastes moutonnements qui semblent désertiques au sortir des forêts de l'étage inférieur. Mais le couvert végétal est bien présent, bien que ras, et m'est de surcroît, bien familier. Nous naviguons entre bruyères et myrtilles, et n'eussent été les boules plutoniques, nous aurions pu nous croire (un peu) dans les Monts d'Arrée. Ce qui apparaît vert fluo sur les photos, ce sont précisément les myrtilliers.

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Les chemins sont jalonnés de piquets de granit, qu'on nomme "montjoies" et qui balisent la route en temps de brume ou de neige (les deux abondant sur ces sommets). Silloner ces immensités sous un ciel aussi clément paraît assez anodin, mais des affiches recommendent un retour immédiat par temps de brume et encore au XXème siècle, des personnes y ont perdu la vie à ne pas retrouver leur chemin. C'est la raison des "clochers de tourmentes" [ah que cette expression me plaît], qui sont à la Lozère ce que les cloches de brume sont à l'océan. Nous y reviendrons la prochaine fois.

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Pour revenir aux montjoies, ils existaient déjà du temps de Stevenson lors de son voyage cévenol, dont je mets un extrait pour soeur Plume.

La piste que j'avais suivie dans la soirée disparut bientôt et je continuai, au delà d'une montée de gazon pelé,
de me diriger d'après une suite de bornes de pierres pareilles à celles qui m'avaient guidé à tarvers le Goulet.
Il faisait chaud déjà. J'accrochai ma veste au ballot et marchait en gilet de tricot. Modestine, elle-même
tout excitée, partit dans un trottinement cahotant qui faisait valser l'avoine dans les poches de mon paletot.
C'était bien la première fois que cela arrivait. La perspective à l'arrière sur le Gévaudan septentrional
s'élargissait à chaque pas. A peine un arbre, à peine une maison apparaissaient-ils dans les landes d'un

plateau sauvage qui s'étendaient au nord, à l'est, à l'ouest, bleu et or dans l'atmosphère lumineuse du matin...
...Presque du premier instant de mon ascension, un ample bruit atténué comme une houle lointaine avait
empli mes oreilles. Parfois, j'étais tenté de croire au voisinage d'une cascade et parfois à l'impression toute
subjective de la profonde quiétude du plateau. Mais, comme je continuais d'avancer, le bruit s'accrut et
devint semblable au sifflement d'une énorme fontaine à thé. Au même instant, des souffles d'air glacial,
partis directement du sommet, commencèrent de m'atteindre. A la fin, je compris. Il ventait fort sur
l'autre versant de la Lozère et chaque pas que je faisais me rapprochait de l'ouragan...

(Extrait de "Voyages avec un âne dans les Cévennes"  - Stevenson)

Pour frère Théodoric, une vue où l'on apperçoit le mont Gerbier de Jonc (derrière les éoliennes), où sourd son ruisseau favori, je crois.

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Un peu plus loin, au pied du pic Cassini se trouve la source du Tarn. L'idée de voir le lieu de naissance d'une grande rivière me plaisait. Pour nous y rendre nous empruntons une "route = chemin" "forestière = sans arbre" sans doute plus abritée et donc parmi des tapis de fleurs variées.

 

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Voici la petite dépression où nait le tarn. Il nait donc dans le granite, ce cours d'eau que j'ai vu en d'autres lieux escorté de hautes falaises calcaires...

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Fort curieusement, en redescendant du mont Lozère de l'autre côté (au nord) nous trouvons très vite un autre célèbre cours d'eau en son cours supérieur, le Lot (l'Ot à l'origine, même mot que l'Oust breton). C'est un autre monde, les feuillus remplacent les conifères, le paysage est fidèle déjà à l'idée qu'on se fait de la vallée du Lot. Nous sommes venus en ce lieu pour voir les ruines du château du Tournel, bâti à partir du XIIIème siècle et détruit lors des différentes guerres de religions. Il est situé sur un éperon rocheux et schisteux, schiste brun foncé dont il est lui même bâti. Je suis étonné de voir à quel point les murailles sont parfois construites à l'aplomb du vide...

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MISSION CEVENOLE 3

Le lendemain, le temps est favorable à notre mission. En route donc pour la Garde Guérin récupérer les reliques. Route au nord, vers les confins de la Lozère.

IMG_9887 - CopieEn chemin, nous nous arrêtons au village de Concoules, dans un site bien cévenol mais avec les hauteurs lozériennes juste à l'arrière, pour admirer le clocher de l'église. C'est un "clocher peigne", lui aussi d'un style plus fréquent en Lozère. On dit ces clochers du XIIème, mais la modénature m'évoque nettement l'art gothique, à creuser...

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Nous arrivons à la Garde Guérin, un village qui n'a jamais dépassé son enceinte médiévale (comme la Couvertoirade en Larzac mais beaucoup plus petit). Il est situé sur une vraie vigie naturelle, un éperon entre les Gorges du Chassezac et une autre vallée. C'était un poste de garde pour assurer la sécurité des voyageurs sur la route de la Régordane, principale voie d'accès au sud (par Saint Gilles du Gard), à Rome, aux croisades... avant l'intégration du couloir rhodanien au royaume de France.

 

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Le village est "possédé en coseigneurie par une communauté de plusieurs chevaliers : los Parièrs (en occitan « les Égaux », du latin par). Chaque parièr possède une parérie, appelée aussi part ou portion, dont il assume la charge et les émoluments : péage, cartalage (droit sur la mesure du grain), arrière-guidage, pulvérage (droit sur la poussière soulevée par les troupeaux de bêtes)" (wiki)

 

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Les chevaliers exigent que leurs maisons ne soit jamais mitoyennes d'où ces espaces entre les maisons:

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IMG_9911 Nous trouvons enfin l'église pour y récupèrer le bien du prieuré. C'est un tout petit édifice roman mais l'intérieur est riche d'une plastique murale subtile, très hiérarchisée et possède des chapiteaux que le granit rend un peu frustres mais très beaux et qui m'ont rappelé ce qu'on peut voir de la même époque par chez nous.

 

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Montée obligatoire au donjon du XIIème, présentant un rare décor de bossage sur toutes ses murailles. L'ascension est la plus difficile que j'ai pu faire dans une tour médiévale. Elle relevait parfois de l'escalade.

 

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Nous nous éloignons du village, cherchant notre traditionnel emplacement pour pique-nique.

 

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IMG_9983 Finalement nous nous laissons tenter par une descente au fond des gorges du Chassezac, 400 mètres plus bas.

 

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C'est un lieu de canyoning mais nous arriverons à une petite crique où l'on peut gentiment se baigner sans revêtir le harnachement que portent ceux que nous croisons et qui reviennent d'un parcours de 5 heures.

 

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(Je précise que ce sont des gorges granitiques et que plus loin le Chassezac a des gorges calcaires. Or, comme on pratique le canyoning ici, cette partie s'appelle "le canyon" alors que le partie calcaire s'appelle "les gorges", j'aurais tendance à utiliser pour ma part "canyon" pour un formation calcaire, mais enfin...).

Bien sûr, je ramène dans mon herbier, quelques spécimens pour le frère Theodoric, herboriste de l'abbaye.

 

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MISSION CEVENOLE 2

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IMG_9870Le lendemain, nous connûmes notre seule journée de grisaille au long de ces trois semaines, la pluie menaçant même. Nous hésitâmes donc à prendre la route de la Garde, où nous devions récupérer des reliques appartenant au prieuré et indûment conservées dans la chapelle du château, car la zone est escarpée et nous n’aurions voulu pour rien au monde être surpris là-bas par un de ces déluges dont la région se fait spécialité. Autant dire que nous pouvions tout à loisir gaspiller notre temps à des futilités, au regard de notre saint père bien sûr. Car pour ma part, je tiens la botanique pour une activité saine et dont le propos est de mieux connaître l’œuvre du Seigneur. Or, le frère herboriste de notre abbaye m’avait signalé avec insistance, avant notre départ, que le prieuré abandonné ne devait pas être loin de la bambouseraie d’Anduze, la plus vieille de ce type où l’on peut voir des bambous géants (jusqu’à 21 m!) y prospérer depuis 150 ans. Je la connaissais de nom bien sûr mais je l’imaginais en Aquitaine !

IMG_9644Le parc est très impressionnant, les bambous y sont représentés sous tous leurs aspects et leurs possibilités d’utilisation (labyrinthe, construction…)

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mais surtout, ils sont tellement grands qu’ils forment un vrai petit monde à part.

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Les couleurs des tiges et des feuillages sont variées et font de belles scènes.

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Enfin, il n’y a pas que des bambous. Profitant de la thématique asiatique, de l’eau (irrigation) et de la terre acide, on y a créé aussi un jardin japonais qui est le premier que je vois qui me convaincque vraiment. L’endroit est très troublant.

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On y voit aussi de beaux arbres aux dimensions remarquables dont ce ginkgo.

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On y trouve aussi pas mal de belles plantes aquatiques (ou de terrain humide -hibiscus moshata aux fleurs énormes-).

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Bref, le parc est peut-être un peu trop connu de nos jours et trop aménagé (un endroit ne gagne jamais à devenir une « attraction ») mais la réputation n’est pas surfaite.

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MISSION CEVENOLE 1

Frère Vladimir et moi-même nous étant vu confier, par sa sainteté en personne, une mission de remise en ordre – le mot est faible – d’un petit prieuré perdu des Cévennes, nous nous mîmes en route en ce chaud mois de juillet pour un long voyage dont nous n’imaginions pas encore toutes les prolongations et les périples supplémentaires.

Je vous ferai grâce des détails du long voyage qui nous fit passer par la Vendée qui déjà, à la faveur d’une chaleur hors normes, prenait des airs de grand sud.

Notre arrivée dans les Cévennes se fit par le nord-est, contournant les inhospitaliers monts Lozère, et nous comprîmes assez vite la nature du terrain. Sœur Lolita nous avait aimablement avertis de la difficulté des routes, nous enjoignant d’éviter de passer par la paroisse dont dépend le prieuré (ce que nous aurions fait, inévitablement) pour lui préférer le col de Portes, bien protégé par son château, plus proche au final, de notre destination et offrant surtout une route un tantinet plus large et moins tournicotante.

Nous nous installâmes donc au prieuré au plus bas d’un village médiéval, au bout d’un raidillon qui ôta toute velléité à notre carrosse de s’y aventurer. L’ancien cloître abandonné, d’une architecture des plus simples, nous tint lieu de quartier général. Nous lui préférâmes en effet aux pièces obscures et exiguës du logis sa vue plongeante sur la vallée profonde, aux flancs équarris en terrasses où poussaient jadis le mûrier,ainsi que sur les montagnes bleues palissant vers la silhouette incertaine du Mont Ventoux. On vivait ici des châtaignes et du vers à soie.

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Le lendemain, un dimanche, notre première tâche nous attendait. Il s’agissait de récupérer au presbytère de Runes, une partie des archives du prieuré. Sachant l’entreprise aisée, j’y voyais déjà l’occasion de quelques escapades. Les récits et dessins de voyages m’avaient convaincu de m’attarder en certains endroits. Mais la route était longue jusqu’aux rebords du Mont Lozére. Il nous fallut traverser plusieurs vallées cévenoles et je mesurai alors tout à fait la nature de ce pays. C’est un relief en creux, constitué d’une multitude de vallées encaissées couvertes de résineux. Le châtaignier est résiduel. Curieusement, délaissé il recule, alors qu’en nos terres armoricaines, il se débrouille plutôt bien tout seul. Selon qu’on va vers le nord ou le sud, l’est ou l’ouest, la végétation change, le chêne vert apparaît et disparaît, la cigale chante ou se tait. On est au portes du « midi » et la région oscille. Néanmoins partout, l’hortensia est bleu ! Alors qu’on gravit les flancs lozériens, tout change. Le schiste sombre laisse place au granit, l’arbre aux landes et aux estives.

Nous faisons escale dans un premier village pour nous fournir en pain (qui sort à l’instant d’un four à bois). C’est l’occasion de voir le premier clocher à jours (celui d’une petite église romane) et les maisons en granit. Elles pourraient bien nous paraître familières ces maisons, mais l’appareillage est différent. On les dirait faites par des géants.

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 IMG_9502Sans tarder, nous nous rendons à Runes, mais avant d’entrer au village, nous nous permettons une escapade à la célèbre et toute proche cascade. Elle est encore bien en eau et le dénivelé est impressionnant (70 m). Et là, je dois confesser que nous fîmes une chose que notre état devrait nous interdire mais seul Dieu en était témoin et il ne vit rien qu’il ne connût déjà. La cascade est prisée des voyageurs, et l’endroit aurait dû être fréquenté. Mais il se trouve qu’à ce moment précis l’immense majorité de la population sacrifiait à un nouveau culte – dont nul n’ignore que je le réprouve – voire à un nouveau dieu de forme ronde. Grâce à cela, il n’y avait, hors nous, pas âme qui vive et nous pûmes nager dans le bassin de la cascade, entièrement dévêtus. Eau froide et revigorante.

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De là, il n’y avait qu’un pas pour rejoindre le village, au pied d’escarpements hérissés de formes plutoniques.

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Enfin libéré de notre mission, j’étais impatient de voir, non loin de là, le Cham des Bondons, petit plateau calcaire en bordure du massif granitique et en face des Causses Méjean. Ce n’était pas tant pour ses menhirs dont on dit qu’il y aurait en ce lieu la plus grande concentration après Carnac (mais tellement disséminés qu’on ne les remarque guère) que pour ces infinis herbeux et ondulant d’où émergent deux puechs marneux dont j’ai longtemps hésité à penser qu’ils étaient l’œuvre de la nature, enfin de notre Seigneur voulais-je dire. Le paysage était aussi particulier et grandiose que je l’imaginais. Nous nous lançâmes à la conquête du plus joli des puechs qui se laissa investir sans regimber. Nous ne vîmes bien sûr pas un chrétien en marche et il soufflait alors une petite brise tiède qui ajoutait au plaisir de déambuler dans ces immensités.

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