EN ALAN AR MEURVOR

COULEURS D'AVRIL

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IMG_8063 Une tulipe que Cornus n'a pas !

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EUSA 4

A la pointe de Pern, la forte houle et la couleur enivrante de la mer m'envoûtent littéralement.  En ligne de mire le phare de Nividig et les vestiges du téléphérique qui le reliait à l'île.  Je n'arrive pas à en partir.

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IMG_7788Celle-ci, rien que pour la couleur, une sorte d'archétype ou de quintessence de la mer...

IMG_7896La Jument est isolée et la mer semble calme à sa base. Je n'ose imaginer comment est la mer au Créac'h et à Pern quand les vagues ici balayent la lanterne de la Jument ! Mais au devant, à la côte, il y a encore de gros rouleaux, qui me permettent quelques mises en scène...

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EUSA 3

 IMG_7603 Pendant la nuit, le vent avait tourné et forci. Il amena même la pluie avec lui et il était à craindre que le dimanche ne fût pas aussi serein pour nos deux cyclistes. Et puis, le ciel se déchira au moment même où nous apprêtions à quitter notre gîte et s'il y eut des averses, ce fut lors de nos moments muséographiques, en tout cas nous passâmes entre les gouttes. Mais la mer avait changé de couleur et d'apparence. Le vent  aussi et les grains menaçants galopant sur l'horizon avaient donné à la lumière une tonalité bien différente de celle de la veille. Il y avait dans l'air une ambiance incontestablement irlandaise.

Cap à l'ouest donc, avec en ligne de mire, une fois de plus le phare du Créac'h.

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Avant de retourner au musée des phares (installé dans l'ancienne centrale électrique qui fournissait le courant aux installations du phare et à l'île entière, au point que les activités ménagères liées à l'électricité - lessive, repassage - étaient tributaires de la nuit et de la brume), nous admirons l'océan rocheux qui entoure la tour zébrée.

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Le musée est assez riche, et je ne prend pas le temps de tout lire, ni de regarder tous les films - bien qu'intéressé - car l'appel de la nature est trop fort.

Voici quelques pièces que je connaissais déjà:

Sans doute la plus précieuse à mes yeux : la première lentille à échelons, mise au point par Augustin Fresnel et installée au phare de Cordouan. Cette invention a révolutionné l'éclairage maritime dans le monde entier. Le principe est toujours d'actualité bien que les lentilles modernes soient en verre moulé, moins encombrantes et beaucoup moins belles aussi.

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Très vite la technique du cristal taillé permet de se passer des miroirs et la lentille enserre entièrement la lampe, venant récupérer la lumière en tout point pour la concentrer. Ces assemblages de cristal et de laiton sont de vrais bijoux... de plusieurs tonnes.

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Voici l'ancienne optique du phare du Créac'h lui-même (ancienne lanterne)

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... Et, un autre trésor, l'ancienne optique d'Ar Maen, avant son automatisation.

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Avant cette invention, on utilisait des réflecteurs paraboliques tournant, dans lesquels s'inséraient des lampes à pétrole.

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 IMG_7586 Lampes qui pour donner plus de puissance lumineuse (mais assez peu au final) possédaient une myriade de mèches concentriques.

Voici des ampoules électriques. La seconde, une lampe à arc électrique, équipait le Créac'h il fut un temps, faisant de lui le plus puissant phare de tous les temps (par pitié pour le sommeil des îliens on a rabaissé sa puissance depuis).

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C'est l'heure du pique-nique. Et nous décidons de déjeuner à la pointe de Pern, ce qui fera de nous les mangeurs les plus occidentaux de Bretagne et donc de France. Seul le phare de Nividig est plus à l'ouest mais il est inhabité.

Mais c'est une autre idée que j'ai en tête. Il y a 25 ans, je m'y rends pour la première fois et j'y vois les plus grosses vagues de ma vie. J'en ai vu bien d'autres depuis mais à l'époque je suis peu coutumier de l'océan et je suis fasciné. En outre, il y a là une des mes élèves, assise seule à contempler les murs d'eau et qui me dit que cela ressemble à ses cauchemars... J'ai l'espoir que la magie se réitère alors que j''ai mon chasseur de vagues à la main et je suis exhaucé plus que je n 'osais l'espérer.

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IMG_7812(la suite en bonus !)

 IMG_7837 Nous nous rendons ensuite à l'écomusée du Niou (le plus ancien de France), une demeure traditionnelle ouessantine dont l'une des deux maisons a entièrement brûlé il y a quelques années lors de péripéties qui avaient défrayé la chronique et m'avaient... complètement échappé ! La dame qui vend les tickets n'est autre que notre logeuse et je comprends que je connaissais son visage car je l'avais vu à la télé dans un reportage sur l'île.

Par hasard, je visite la maison en même temps qu'un célèbre compositeur de musiques de film qui réside dans le coin.

Les meubles, essentiellement en bois d'épaves sont peints pour cacher l'origine hétérogène du bois et du coup... c'est pimpant !

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IMG_7910 Pas question de partir sans un salut à la Jument. Nous reprenons nos vélo...

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Pas de Jument ! Si au chapitre suivant "bonus ".

Et il est temps de reprendre le navire. Nous serions bien restés quelques jours de plus...

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EUSA 2

IMG_7409 Les prévisions météo, consultées régulièrement, étaient indécises, ou du moins changeantes concernant le week-end dernier. Et puis, le samedi matin, après avoir loué nos vélos, il devint assez rapidement évident que les bonnets emportés seraient inutiles mais que les casquettes oubliées manqueraient (au moins à Vladimir!).

Certes, les températures ouessantines (l'île la plus isolée dans l'Atlantique, d'où l'origine de son nom: la plus haute (bret. mod. usañ) au sens de la plus au large et non comme je le croyais la plus élévée en altitude, ce qui est égaleemnt vrai...) restent toujours fraîches, mais la luminosité est telle, qu'en fin de journée, une vague sensation d'insolation nous saisit.

Je ne fais guère de plans. D'un coup de pédale nous sommes à la plage de korz (les roseaux), la plus abritée de l'île, où le soleil dissipe les dernières brumes dans le calme du matin.

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Puis, cap au nord, pour longer la côte à partir de la cale de Yuzin, laissant l'ouest de l'île pour le lendemain. C'est la continuité du Creac'h, rochers immenses dressés comme autant de forteresses assaillies par les vagues.

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Très vite nous approchons l'île Keller, qui m'a toujours fasciné; si difficile d'accès et pourtant coiffée d'une maison-manoir toujours occupée occasionnellement malgré l'abscence de confort moderne. (j'ai mis deux photos trompe l'oeil, où la maison apparaît dans la continuité de la pelouse littorale, alors qu'elle en est séparée d'un bras de mer). Je dois avouer que j'ai toujours imaginé cette île comme décor d'un roman, récit d'une tournée infernale sur une île, lors de mes deux lectures séparées de plusieurs années. Nous ne rencontrons que peu de promeneur et la lumière est pou moi inédite. Je dois bien être là pour la sixième fois, mais mon émerveillement n'est pas érodé.

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L'heure du pique-nique se fait sentir au ventre, et alors que nous abordons la presqu'île de Kadoran, du coin de l'oeil je repère une configuration qui, si je calcule bien, veut dire... me tromperais-je?

Je ne me suis point trompé ! Et je découvre la plus belle cascade côtière que j'aie pu voir (la plupart étant capistes). Une vraie cascade, bien dessinée et à pic, avec un dénivelé important. C'est inespéré car Ouessant étant petite, je n'imaginais pas de ruisseaux assez longs pour avoir un débit propre à faire une cascade. L'hiver et le début de printemps extrêmement arrosés ont joué en ma faveur. Et, partout je le constaterai, Ouessant est plus humide que jamais, il y a des ruisseaux, des marais partout).

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Nous reprenons notre périple. Nous passons près d'un fortin du XIXème. A l'intérieur, m'attend une surprise.

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Nous assistons au bain d'un phoque.

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Puis la côte s'élève graduellement.

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Un autre maison improbable me fait de l'oeil.

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Nous sommes au sommet de l'île, au Stiff. Là s'élève le phare du même nom, construit par Vauban et aujourd'hui le plus ancien phare de Bretagne en service. Il est aujourd'hui monument historique et vient de bénéficier d'une très belle restauration qui lui a redonné ses enduits et dispositions d'origine. La gardienne tricote devant la porte, on a l'impression d'entrer chez elle.

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IMG_7538Enfin, nous allons voir la fameuse maison en échauguette, que Vladimir ne connaissait pas.

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Vaut mieux ne pas tomber se chaise en prenant son petit dèj sur la terrasse...

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GRACE SEABROOK

Le fidèle des fidèles, il y en a un en fleur le 16 avril depuis 26 ans...

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EUSA 1 : Arrivée

Depuis un bon moment déjà, Vladimir avait décidé que cette année, pour le week-end anniversaire, nous retournerions à Ouessant, où nous étions allé il y a une dizaine d'années dans les mêmes circonstances. A cette proposition, je n'ai pas hésité une seconde. Bien qu'il nous reste encore bien des îles à découvrir, l'idée de retourner à Ouessant, émoussait à elle seule toutes les tentations d'inconnus.

Et nous n'eûmes pas à le regretter tant ces deux jours, grâce à un samedi et un dimanche très constrastés et complémentaires,  nous comblèrent d'images et de sensations au delà de ce que j'en espérais.

Nous attrapons le bateau de justesse le vendredi soir.

L'occasion de saluer de vieux amis....

Kermorvan sur son éperon au sortir du port du Conquet...

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Et puis, alors que nous avons dépassé Molène, Kéreon, le palais des mers, le gardien du courant, veille parmi les rocs. Prise d'un endroit approchant, mais d'une autre main, une photo de lui dans les embruns, servit de couverture à un recueil des mes nouvelles...

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Le soir, après avoir pris les clefs du gîte, des mains d'une femme dont le visage m'est familier - et j'en comprendrai la raison le surlendemain -, et dîné dans un pub gastronomique, nous nous élançons sur les routes obscures à la rencontre de la lumière primordiale, le phare des phares qui ne tarde pas jaillir sur la lande et nous étreindre de ses huit pattes de lumière.

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Nous sommes bien arrivés.

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PRINTEMPS

Ça n'est pas seulement qu'on avait guère eu le temps d'y penser mais c'est aussi que le temps n'y mettait guère du sien pour nous faire aller au jardin.

Et puis aujourd'hui, d'un coup d'un seul, le printemps est là et avec lui tout ce que j'aime...

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Transformations minimes cette année. J'ai lancé néanmoins des travaux aujourd'hui....

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LE PRIX DU TEMPS

Je m'étais promis d'y consacrer une note quand tout cela serait derrière moi. Excusez la longueur, j'ai eu besoir de ce petit regard en arrière.

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Il y a un moment très particulier, qui se réitère à chaque nouvelle représentation mais qui, lorsque c'est la première, a une acuité toute particulière. Ça se passe en régie. Tu es en général en hauteur, tu as devant toi une rangée d'appareils divers, plus couverts de boutons qu'un visage vérolé et auxquels tu ne toucheras pas. Ils éclairent vaguement l'obscurité ambiante de leurs voyants multicolores. A tes côtés, assis, un acolyte ou plusieurs, selon le standing. Samedi, c'était hôtel trois étoiles, et vous étiez donc quatre. Au delà, le vide, mais tu sens vaguement bruire la vie au fond. C'est comme d' être à la proue d'un navire de nuit, par mer calme, et de ne reconnaître la présence de l'océan qu'au son du clapot. Mais en réalité tu es à la timonerie et on attend un mot de toi pour lever l'ancre. Et le navire te semble alors, grand, très grand et la nuit bien noire. C'est imminent, on t'as dit que les portes qui donnent à la mer vont être fermées, l'homme à tes côtés, un casque sur les oreilles, communique avec un autre, qui est sur le pont inférieur. Là, un équipage de plus de vingt cinq personnes le regardent et attendent un feu vert qui viendra de toi. Tu as la peur au ventre. Tu peux gagner une seconde de sursis, deux, trois mais guère plus. L'attente minerait le moral l'équipage. Alors tu dis "OK", tu t'assois, tu dis à l'homme à ta droite "vas-y". Il appuie sur un bouton, le bruit de la mer déchaînée s'élève, rapidement suivi du hurlement d'une sirène d'alerte. A ce signal, bien plus bas, un homme se propulse en avant, une puissante lampe torche à la main qui darde les ténèbres. C'est parti pour deux heures de traversée. Tu auras quelques ordres à donner, essentiels et peu nombreux, tu auras à répondre à une ou deux questions, tu donneras un ou deux conseils et c'est tout. Tu ne peux plus rien faire. Tu as fait tout ce que tu as pu avant, depuis plusieurs années, tu y as pensé très fort depuis plus d'années encore, depuis le jour de l'étincelle première mais à cet instant, tu n'es rien que spectateur.

Et là se passe une sorte de miracle. Pour une raison insaisissable, au bout de quelques minutes de traversée seulement, à la façon dont le navire s'est engagé, tu sais que la traversée va être sereine. Tu n'as plus peur. Les écueils ne manquent pas pourtant, un coup de vent n'est pas impossible. Le pilote a 40,5° de fièvre et tu demandes en douce à un cinquième larron de ne pas s'éloigner, au cas où... mais tu n'es plus inquiet.

Max7Et puis arrive le second miracle, moins fugace. C'est la première fois que je vois la pièce telle que je l'avais imaginée ou du moins conçue. Car nous autres amateurs, n'avons les vraies conditions qu'au moment des représentations. J'ai déjà vu les costumes, y compris en jeu, j'ai déjà vu les oeuvres graphique projetées, vu les  60 combinaisons de lumières différentes, aperçu quelques heures plus tôt les cycloramas devenir verts ou bruns et se draper de quarante dessins, entendu les chansons, mais je n 'avais jamais contemplé tout cela ensemble à 100%. Bref, pour la première fois, l'objet imaginé apparaît, pour la première fois, je peux confronter le projet au résultat. Un objet particulier, car le théâtre est à la confluence du flux des mots, des formes, des couleurs, des sons. Toutes choses que j'aime séparément et dont la convergence m'intéresse de plus en plus.

C'est forcément l'occasion de retrouver les origines, les plus lointaines, les moins datables. Il y a deux origines certaines mais dont je ne saurais dire laquelle a le privilège de l'antériorité sur l'autre. L'une est le désir d'écrire une pièce vaguement "à l'ancienne", non seulement située dans un passé historique, mais dont les ressorts seraient un peu ceux d'un théâtre classique, entre burlesque et drame, avec des rois, des reines, des guerriers et des anonymes. Et je ne crois pas me tromper en écrivant que cette idée, dans sa forme la plus embryonnaire, est bien antérieure à la pièce précédente. Je confesse même l'avoir rêvée en vers mais une remarque bien sentie m'avait définitivement écarté de cette option. L'autre source, et je me suis exprimé plus souvent à ce sujet, c'est le thème de la guerre. Ce qui la provoque, les mensonges qui la génèrent, la fascination qu'elle suscite malgré son horreur et ses conséquences parfois bien éloignées de ce qui l'a déclenchée. C'est la phrase conclusive d'un film qui m'a soufflé tout ça, mais je ne me souviens ni du film ni de la phrase, seul le souffle qu'elle a provoqué dans ma tête a subsisté.

J'éprouve la même difficulté chronologique à situer, ne serait-ce que relativement aux autres éléments déterminants précités, l'idée du choeur. Il se trouve que l'histoire qui sert de support pédagogique à mes élèves de pré-master (appelons-les ainsi) met en scène une chorale. La chef de choeur en est l'héroïne. Il y a quelques années, une des étudiantes du groupe se trouvait être elle-même membre d'une chorale. C'est par son truchement que je me suis rapproché du chef de choeur de la formation où elle chantait, que je lui ai demandé s'il serait intéressé à collaborer à une pièce de théâtre. Ça c'était l'occasion, mais l'étincelle de départ? Envolée. Le chef de choeur a répondu affirmativement. Il y a de ça quelques années et il n'y a que quelques mois qu'il a réellement compris ce que cela impliquait... La partie chantée a été sans doute la plus importante source de soucis, pas tant pour l'écriture des morceaux qui, bien qu'ayant démarré tardivement, a été menée à bien assez promptement, que pour la composition du mini choeur, l'apprentissage des chants et l'intégration à la pièce, mais j'y reviendrai. Je ne sais donc  plus vraiment ce qui a fait naître cette envie d'un choeur. En tout cas, dès que ce fait fut acquis, j'imaginai les chanteurs alternativement figurants et éléments de scénographie (pouvant figurer un mur, une rivière...) bien qu'ayant un peu de mal à expliquer ce second point clairement à autrui. Je constate, presque surpris et longtemps après, que c'est exactement leur rôle dans la pièce au final. J'ajoute enfin que l'étudiante en question - aujourd'hui enseignante -  non contente de chanter dans la pièce, y tient avec brillo quelques petits rôles.

L'étape suivante, mieux connue de mes collaborateurs, est la découverte du mot qui est devenu le titre de la pièce et son fil conducteur. L'un des trois seuls mots survivants d'une langue brittonique éteinte au XIIIème siècle et de la famille du breton armoricain. Le fruit du hasard bien sûr m'avait conduit dans les vertes montagne de la Cumbrie, là où cette langue était en usage et dont j'eus connaissance après coup, en effectuant quelques recherches sur ce comté. J'ai su en le voyant et en lisant quelques lignes à son sujet que ce mot serait le point de départ de la pièce sans pour autant avoir la moindre idée de la trame de l'histoire. Ce fut le moment déterminant en réalité, le vrai détonateur, celui qui permet que les idées nuageuses aux contours imprécis s'agglomèrent pour former un dessin.

Ensuite je me suis plongé dans l'histoire et la littérature brittoniques anciennes, sans trop savoir, espérant y trouver nourriture. Avec le temps, je sais que ce genre de recherches porte toujours ses fruits, mais si au moment même où on les fait, elles semblent ne servir à rien. Donc c'est durant l'été 2014, en Ombrie, que j'ai commencé ce travail, alors même que Vladimir, Antonio et Anabelle travaillaient de leur côté à leur nouvelle pièce. Ils connurent les affres de la création et leur projet initial avorta pour retrouver un second souffle grâce à Hermann Hesse. Le hasard fait qu'au bout d'un long et sinueux chemin, les deux pièces seront créées, à deux mois près, au même moment !

L'étape suivante peut être assimilée à un trou noir. C'est l'écriture. Je ne sais plus quand c'était, ni combien de temps cela m'a pris. J'en ai fort heureusement les traces archéologiques sous forme de notes (sur ordi) qui témoignent de mes réflexions. C'est amusant de lire a posteriori  que "tel ou tel personnage pourrait faire ou dire ceci ou cela", autant quand l'idée a été retenue que dans le cas contraire.

Concernant les éléments de scénographie, c'est encore une fois assez flou. J'ai un repère: en octobre 2016, je m'interrogais sur un fond de toile blanche permettant une circulation renonçant à une structure en dur. Je n'avais pas encore pensé aux trois panneaux en quinconces, mais j'y arrivais tout doucement. J'ai oublié aussi à quel moment l'image du fond alternativement vert et brun s'est fixée dans ma tête mais la sobriété du mobilier et ses éléments constitutifs sont venus d'emblée avec. Plus sobre même qu'ils ne le seront finalement avec leur dessins très colorés.

La présence des illustrations projetées sur le cyclorama, me pose un problème de mémoire encore plus criant. Je ne sais tout bonnement ni quand, ni comment cette idée m'est venue. Si elle existait au départ du projet ou est venue se greffer dessus dans un second temps. En tout cas ce fut toute une aventure, car au lieu d'une artiste prévue au départ, les imprévus et accidents de parcours ont fait que j'ai finalement dû faire appel à trois dessinateurs pour réaliser la quarantaine d'illustrations de la pièce. Cette diversité de style est une richesse supplémentaire mais est le fruit du hasard.

Concernant la mise en scène proprement dite, je dirais que deux cas de figure se sont présentés à moi, à l'instar de ce qui s'était passé pour la pièce précédente. Certaines scènes ont été écrites avec une vision spatiale assez précise de la position des comédiens - et même pour l'une, de sa mise en lumière. Et le résultat est assez fidèle à ce que j'imaginais. Pour d'autres à l'inverse, j'ai abordé le texte sans savoir qu'en faire et les choses se sont construite au fil du travail. J'ai même supprimé une scène - et pas n'importe laquelle, la scène conclusive - bien qu'elle figure dans le texte édité, la considérant au fond redondante et trop explicative. Une scène sans parole dit aussi bien, et de manière plus ouverte la même chose.

Max3Je savais bien, après avoir posé le point final, que la pièce serait longue, difficile à monter. Que ma détermination n'aurait pas le droit de connaître de moments de faiblesse pour mener la chose à bien mais qu'encore, cela ne suffirait pas. Il fallait que 13 comédiens amateurs, et plus tard 10 chanteurs, soient convaincus de l'intérêt qu'il y avait à consacrer des samedis ou des dimanches aux répétitions, pendant près de deux ans, alors que l'horizon n'affichait au départ aucune date, aucun butoir. Il fallait sans doute aussi une bonne dose de chance ou de bienveillance des dieux du théâtre... Car je dois dire que, outre la relative facilité avec laquelle les dates de répet furent acceptées et respectées, me tombèrent littéralement dans les mains, avant même que je n'ai eu à les chercher, l'adolescent pour le rôle du page, l'étudiant en régie lumière, mais aussi dans une moindre mesure, un menuisier, une couturière, un photographe, un logiciel que je cherchais désespérément et qui était sous mon né... Et bien sûr une occasion rêvée pour une première. Je mesure tous les jours depuis samedi à quel point il a été essentiel créer la pièce devant un public nombreux - et international ! -  et prompt à en parler autour de lui. Et agréable - malgré la terrible pression mise par un personnel exécrable - de jouer dans un vrai théâtre, plus que séculaire,  avec ses coulisses vieillottes et biscornues, son acoustique de salle à l'italienne.

Il a été essentiel aussi, pour éviter le burn-out qui parfois menaçait de très près, de pouvoir déléguer totalement les costumes. Il y avait aussi de ce côté là des incertitudes, des contre-temps, des angoisses qui pouvaient m'affecter au départ mais dont j'ai pris le parti de penser qu'au bout du bout tout serait fait et bien fait. Ce qui fut le cas.

J'aurais aimé pouvoir en faire autant pour les lumières qui avaient été, pour la pièce précédente, la partie la plus dure à assumer pour le béotien (mais passionné de la chose) que j'étais. Nous avions la chance d'avoir un homme de l'art en devenir à nos côtés. Mais je découvris deux choses au fil du temps : d'abord qu'il est difficile de faire faire la création lumière à quelqu'un qui, par la force des choses, n'a pas suivi la construction de la pièce pas à pas, et découvre un peu les scènes sans idée préconçue de "l'ambiance" à leur donner et qu'ensuite notre homme était plus passionné par l'aspect technique - pour lequel il est d'un sérieux et d'une rigueur remarquable - que par la création. Il ne devait être que mon bras droit donc, mais nous n'avons pas encore appris à parler la même langue. Je ne suis pas mécontent du résultat mais c'est perfectible.

Au cours des derniers mois qui ont précédé la première, je me suis trouvé dans un état de tension nerveuse assez inédit, bien que je ne sois pas coutumier de l'insouciance. A y repenser, le plus surprenant est que j'avais sans cesse quelque chose à faire, que le soir, il était rare que j'arrête de m'occuper de cette pièce avant 11 heures, que beaucoup de ces heures ont été passées à des travaux préparatifs dont il semble aujourd'hui ne rien rester de concret, et qui ont sans doute été nécessaires à la bonne marche du projet. A plus d'une reprise je me suis demandé ce que j'étais venu faire dans cette galère. La méconnaissance que j'avais de certains paramètres (techniques notamment) a fait que j'ai découvert certains problèmes à résoudre tardivement, comme le prix de location d'un vidéo projecteur assez puissant pour le théâtre jusqu'à me résoudre à en acheter un. Pendant quatre jours, jusqu'à pas d'heure, j'ai étudié tout ce que le marché pouvait offrir dans la matière. J'ai découvert des paramètres insoupçonnés, puissance lumineuse, focales, format de la matrice etc... Et je me suis senti bien seul au moment de prendre une décision qui engageait toute une tournée, sachant qu'elle ne pouvait relever que d'un compromis entre plusieurs exigences contradictoires. (la machine idéale existe, mais n'est pas dans nos moyens...)

Je ne crois pas avoir déjà mené quelque chose d'aussi difficile dans ma vie. J'ai appris énormément de choses, sur moi-même entre autres.

Curieusement, certaines images me reviennent en mémoire plus que d'autres qui symbolisent ce que fut cette aventure à mes yeux. Je retiendrai celles-ci:

C'est à Plozevet. Week-end création lumière. Dans la grande salle, ça s'agite pour hisser les trois tentures, une qu'on nous a prêtée, deux faites maison. Dans la pièce d'à côté, ça ressemble à une ruche, il y a des portants avec des costumes, on repasse, on fait des retouches, on discute, on boit des cafés, les chanteurs commencent à devenir familiers des comédiens. Je traverse tout ce monde, en attendant mon heure. Je croise une comédienne, je lui dit, "ça me fait bizarre de me sentir responsable de tout ça", "Je comprends", répond-elle.

C'est le samedi soir. En coulisse. Les pendrillons, les hauteurs au dessus de la scène à l'ancienne, les échappée sur le plateau, encore tout noir, le côté vieillot, et tout ce monde qui s'agite pour se costumer dans un espace restreint. Ça ressemble à des scènes de film qui montrent le coulisses d'un théâtre ou de l'opéra. Mais c'est la réalité.

Le même soir, à peine plus tard, les chanteurs sont seuls sur le plateau et font leur ultime répétition. C'ést mieux que d'habitude, plus juste, plus détendu, plus harmonieux. A une demi heure du début, la tension se libère, je les trouve émouvants et je pleure tout seul en les entendant. Un des chanteurs/comédiens, une des figures de proue du spectacle, me voit, et m'attrappe le bras et me dit : "ça ira", avec un sourire incroyable. Pour toutes ces choses, on ne regrette pas, les affres du processus créatif. Je verrai d'autre larmes qui me seront adressées, lors des saluts.

La pièce vaguement "à l'ancienne", non seulement située dans un passé historique, mais dont les ressorts seraient un peu ceux d'un théâtre classique, entre burlesque et drame, avec des rois, des reines, des guerriers et des anonymes existe et j'ai peine à y croire.

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EXPEDITION ENFIN REALISEE

Je suis harcelé à tout instant pour révéler le mystère de ce séjour éclair en Forêt-Noire donc je consens à m'expliquer.

On l'aura deviné, je n'ai pas eu le temps pour un voyage germanique. Mais tout le monde connaît aussi ma passion pour les cascades. N'habitant pas dans les montagnes, j'ai cette chance d'avoir tout près les mini-cascades maritimes que forment les ruisseaux du Cap nord qui n'ont pas eu le temps de creuser leur vallée jusqu'à la mer et se jettent à elle d'un endroit de la falaise. Pas toujours faciles à voir, ni toujours bien alimentées en eau mais toujours le charme de la découverte car personne n'en parle.

Alors, une vraie cascade, la Bretagne n'en avait qu'une. Elle était célèbre jusqu'au début du XXème. Mais une usine hydroélectrique l'a privée de son débit, a engloutit le départ de la cascade et le lieu, alors très réputé, a été oublié. C'est que la configuration est unique en Bretagne où les rivières creusent gentiment leur lit jusqu'à la mer jamais bien loin. Mais ici, l'Ellez arrivant de l'Arrée, descend un dénivelé de 100 mètres sur un distance de quelques centaines de mètres dans un chaos granitique. Pas le Salto Del Angel, mais bon. Bien qu'ayant fréquenté les environs immédiats très souvent, j'ignorais la façon d'accèder à la cascade un peu enfouie dans les arbres (les photos anciennes la montre dénudée) et je ne l'avais jamais vue. Je la gardais en tête comme un truc presque légendaire.

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Et là, c'était le week-end où je voulais me changer les idées. Après un samedi jardin, le dimanche était pour l'aventure !

Pour nous y rendre, passage obligé par les monts, mais en les abordant par le sud est avec vues moins habituelles, puis un petit passage au grand lac. La lumière et les couleurs étaient époustoufflantes.

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Autre petite halte à Ti ar Boudiked, allée couverte de 5000 ans d'âge.

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Puis pique-nique dans un endroit que je ne connaissais même pas de nom avant peu, alors que j'ai été invité dans une maison à 100 m de là : le gué de Mardoul. Ah, un vrai beau gué. Coup de boomerang et voilà la pièce qui revient sans crier gare. On remarquera les cuves creusées à même les pierres du chaos. Un très bel endroit.

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Le  "parking" pour accéder à la cascade, je m'y suis garé tant et tant de fois ! Pour faire visiter la chapelle de Saint Herbot. Un des beaux édifices gothiques du Finistère, une tour de la cathédrale mar plij, un porche aux apôtres, avec sculptures extérieures (assez rare) et traces de polychromies restaurées! Ça c'est une surprise. Je prends quelques photos car je me rends compte que toute familiere qu'elle soit je n'en ai pas de clichés.

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Et nous voila en chemin... Ca monte

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Voici le barrage et le petit pipi accordé à la cascade. Le reste fait le bonheur électrique de 3500 foyers.

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Il faut trouver le sentier et le chaos apparaît, sans doute un des plus grands (et longs surtout) de Bretagne, mais bien sûr sa partie supérieure est à sec, et même rejoint par l'eau, celle-ci, maigrelette coule par en dessous et pas d'effet cascade. Mais quel amoncellement, quel endroit resté redevenu  sauvage et...  pas un chat. Je réaliserai après coup que nous avons a loupé la cascade supérieure, mais je ne comprends pas comment. Heureusement que le temps est sec car la moindre trace d'eau rend les rochers absolument impraticables.

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Enfin, après avoir pas mal descendu et finalement de manière beaucoup plus franche que je ne m'y attendais, un vraie cascade apparaît ! Et du coup je suis agréablement surpris, elle a de beaux restes !

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Le chaos s'assagit graduellement et nous rejoignons la chapelle par en bas. Ce côté du sentier n'est jamais indiqué, il rend l'accès à la cascade très facile. Mais nous ne regrettons pas notre périple.

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RETOUR EN FORËT NOIRE?

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UN JARDIN DELAISSE

Journée complète au jardin avec des courbatures dans les épaules, celles que laissent des muscles qui ont oublié certains gestes - d'aucuns diraient qui ont hiberné, pourtant habituellement, hiver rime avec gros travaux au jardin), bref une sensation presque oubliée, assortie d'une bain de lumière bienfaisante.

Les courbatures c'est à cause des cotoneasters qui se ressèment et j'avais bêtement regardé ailleurs, par flemme. Mais ça pousse vite, et j'en ai déraciné des quantités industrielles aujourd'hui.

La corvée des rosiers est finie. J'ai tellement de rosiers que ce sont des brouettées et des brouettées que j'évacue.

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Et puis la tonte, qui redonne ses formes au jardin et l'envie au jardinier.

Bref, rien que de très banal, mais ces choses je les avais délaissées pendant des mois. Deux raisons à cela : un hiver tellement pluvieux qu'il n'autorisait guère de sorties et un esprit occupé à autre chose. Et aujourd'hui, je n'y ai pas pensé une seconde à cette autre chose. Merveilleux. Seul le jardin a cette vertu.

Bon, le hic dans tout cela, c'est qu'il gèle. C'est rare ici et surtout, c'est très tardif. Bref, le printemps avait commencé.

Voici des beautés photographiées récemment et aujourd'hui grillées ou en voie de :

rhododendron mucronulatum : le vrai premier de l'année. (et les premiers gros rhodos classiques qui s'ouvrent à qui mieux mieux et ne voient pas le danger ! ça me désole)

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magnolias, dont Black tulip,

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et autres choses.

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Les pittos bien taillées.

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 Les narcisses ne craignent pas le gel.

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Ni cornus mas, dont c'est la  plus belle floraison depuis que je l'ai planté.

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ON EITHER SIDE OF THE CHANNEL 4 - RETOUR

Bon, il faudra bien que je décrive en ces colonnes ce moment particulier de vie qui fait que je ne suis guère actif ici, mais en attendant, revenons d'Angleterre.

Moi qui n'avais pas vraiment observé de falaises crayeuses et les considérais comme un summum de l'exotisme, j'ai largement rattrapé mes lacunes durant ce court séjour hivernal.

De Canterbury nous rentrons par Douvres qui n'en est guère éloigné. C'est l'endroit d'où les deux rives de la Manche se toisent et disons que ça non plus ne m'est guère habituel.

Falaises crayeuses des deux côtés, mais à perte de vue côté anglais, parcimonieuses côté français. Les oiseaux marins sont si denses à suivre les ferries qu'ils leur font un second sillage aérien. On voit le château médiéval de Douvres au sommet.

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En face, Gris Nez avec son phare, Blanc Nez beaucoup plus élevé.

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Le soir nous arrivons à Etretat. La Normandie est une région que je tarde à connaître (si l'on excepte ses cathédrales, et encore, il en reste !) et ce site mille fois peint ne faisait pas exception.

Nous dormons dans un hôtel qui a de l'allure. Je comprends mal la raison de cette demeure médiévale urbaine (qui semble réelle) dans un village de pêcheurs ! Je trouve l'explication sur un écriteau : elle vient de Bayeux d'où elle a été démontée.

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Les falaises sont tellement célèbres qu'elles sont illuminées tel un monument. L'occasion de quelques jeux de lumière.

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Le lendemain, malgré un vent froid, un mal de gorge persistant et une pluie qui menace, nous partons à l'assaut des falaises.

Ce qui me frappe le plus, c'est la couleur de la mer. Rien que j'aie pu voir ici en Bretagne (malgré une palette assez étendue) et pourtant familière, très familière. Je me rends compte que ce qui me la rend si proche, ce ne sont pas les photos mais les peintres qui ont si bien su en rendre la substance que l'endroit me semble connu.

Et connu, il l'est trop, si bien que malgré le caractère insolite de ces falaises tranchées au couteau, j'en connais trop bien les détails pour être surpris. Et puis, la réflexion m'est venue de retour sur les falaises du Cap, ça manque un peu de chantournements.

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ON EITHER SIDE OF THE CHANNEL 3 - TU PE DU DA VOR BREIZH : LA CATHEDRALE DE CANTERBURY

D'aucuns pourraient dire que je fais le chemin à l'envers, moi qui après avoir visité tant et tant de cathédrales gothiques anglaises, ne consens que maintenant à aller voir leur ancêtre. Je n'ai même pas l'éloignement comme excuse car elle est est fort peu distante de Londres où je me rends régulièrement. La raison en est ses horaires d'ouverture au public bien étranges. En tout début d'après-midi la porte est close pour ne plus rouvrir que le lendemain matin. Il y a douze ans de cela, nous nous étions fait piéger, arrivant benoîtement en début d'après-midi, juste le temps, après avoir traversé rapidement la nef perpendiculiare, de voir se fermer devant nous les grilles du sanctuaires alors que mes yeux s'écarquillaient déjà devant la plus noble partie de l'édifice. Juste le temps de me dire que ça me plaisait fichtrement. Juste le temps d'errer dans le cloître et de me décider à reprendre un roman commencé 20 ans plus tôt... Historique !

Il était dit que ces vacances seraient réparation! Ce fut vrai à Durdle Door, ce serait vrai à Canterbury. Vladimir, champion toute catégorie pour trouver l'hôtel idoine, nous dégotte une chambre avec cette vue IMG_5869 et dans ce même établissement, une bibliothèque IMG_5803 dont un mur entier est consacré au cathédrales gothiques, je n'ai jamais vu pareille chose !

C'est un édifice mythique puisqu'en plus d'être "the Mother Church of the worldwide Anglican Communion", excusez du peu, elle est le lieu de la seconde invasion d'origine continentale de l'île qui, après les Normands de Guillaume, vit débarquer l'art gothique. Et l'on sait quel succès le nouveau style eut dans ce pays qui non content d'être le premier pays européen à adopter l'opus francigenum (bien avant la petite Bretagne), le garda en vigueur jusqu'au XIXème siècle.

On la reconstruit en 1174, 9 ans après N.D de Paris (mais 35 ans après Sens/Saint Denis) et surtout 4 ans après l'assassinat de Thomas Beckett, déjà martyr et déjà objet d'un culte considérable. Ça valait bien le style dernier cri. L'architecte convoqué n'est ni normand, ni parisien, mais de Sens et s'appelle Guillaume. Alors on a bien sûr souligné les traits communs entre la cathédrale de Sens, qui dispute avec la basilique dionisienne les origines de l'art ogival, et Canterbury. C'est assez vrai mais le style de Sens, bien que le canevas en soit assez semblable, est plus vieux de 35 ans et à une époque où tout va très vite, ça date déjà.  L'édifice gothique que je rapproche le plus du choeur anglais est celui de l'abbaye de Vézelay. Il lui est postérieur de 10 ans, c'est vrai,  mais quand on pense que c'est dans cette abbaye qu'en 1166, Thomas Beckett en exil, expose les raisons de son différend avec le roi d'Angleterre, vous avouerez qu'il y a de quoi être troublé. L'architecte français procède plus à un rhabillage et exhaussement de quelques mètres du vaisseau qu'à une totale reconstruction. A l'extérieur, bien des parties romanes subsistent, c'est flagrant, l'esthétique n'est guère gothique. Dedans par contre, le nouveau style domine et masque la vieille structure romane. Cette "récup romane" explique la rapidité des travaux car l'homme de Sens tombe d'un échafaudage au bout de 4 ans et ne peut continuer. Mais il a déjà bien bossé ! Il est remplacé par Guillaume l'anglais qui finit le choeur (voir plan).

canterJ'ai mis très longtemps à comprendre tout ça. En réalité, ce qui nous apparaît comme l'abside (mauve), est la chapelle d'axe qui est aussi haute que le vaisseau et se greffe en lieu et place de la chapelle d'axe romane. D'où l'impression que le choeur se rétrécit, en fait ce n'est pas le choeur mais la chapelle axiale. Pour la même raison, le déambulatoire qui l'entoure n'a lui même pas de chapelles rayonnantes. Pourtant, il y a paradoxalement une chapelle plus orientale, la Corona, qui abritait les reliques de Beckett. La corona, s'élève bien plus haut que le déambulatoire formant un vraie rotonde.

La partie du français s'appuie sur une crypte romane mais la partie de l'anglais sur une crypte gothique plus haute, le sol du sanctuaire ultime est donc rehaussé. 

Il résulte de tout ça que la progression d'ouest en Est, sur une longueur inouïe (même en Angleterre), se fait d'un gothique perpendiculaire élancé, aérien et très clair vitré, vers un gothique plus ancien, plus intimiste, vers un vaisseau de plus en plus étroit et cloisonné, et vers un sol qui s'élève. Tout cela tient à des contingences mais l'effet est formidable. Aucune autre cathédrale ne ménage ses effets de la sorte, ne donne une meilleure idée de la progression vers le plus sacré. 

Ajoutez à cela des vitraux superbes qui occupent les fenêtres à portée de regard du déambulatoire (jamais vu de vitrail du XII ème d'aussi près) qui magnifient l'espace. Cela m'a évoqué le déambulatoire de Saint Denis pour cette qualité exceptionnelle de l'architecture et de la lumière en harmonie. Vu de près, on réalise à quel point ces vitraux ne sont pas que de belles mosaïques translucides mais enchâssent aussi de magnifiques dessins et compositions de personnages. 

Bref, je m'y attendais mais ce fut un de mes grands moments gothiques.

Je vous fais grâce d'analyses plus fines pour laisser la place à une balade en image.

Nocturne d'abord par une nuit qui s'annonçait glaciale.

La ville : IMG_5860

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La porte du "complexe" épiscopal, immense. (Où il nous fallait sonner pour nous faire ouvrir car notre hôtel était à l'intérieur de l'enclos !)

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La nef était en travaux si bien que ce que j'avais pu voir il y a 12 ans, je ne le revis pas, non mais !

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La cathédrale des deux Guillaumes : remarquez les traces romanes bien visibles.

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Cloître:

 

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IMG_5897L'extérieur le lendemain:

Le chevet et son arbre étrange...

 

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L'abside construite ex nihilo (photo de droite) est déjà plus gothique, tel qu'on pouvait le voir à ses débuts (peu d'arcs boutants ni de formes aigües).

 

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IMG_6214Dans le vaste ensemble épiscopal un bâtiment roman avec un escalier d'une gracilité incroyable :

 

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Entrons :

La tour lanterne (late gothic, voûte en éventail)

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Le choeur vu du jubé (premier transept)

 

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IMG_5981Autres vues du sanctuaire... (notez l'utilisation - déjà - du "marbre" de Purbeck pour les colonnes et colonnettes, vouée à un brillant avenir dans le gothique anglais)

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Le transept est un  rhabillage de mur roman.. on y voit que du feu, sauf l'absidiole romane... !

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L'escalier...IMG_5975

Déambulatoire :

 

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Chapelle de la Corona :

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IMG_5991Vitraux :

 

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Crypte romane :

 

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S'y trouvaient des chapiteaux dont le graphisme barbare m'a énormément plu,  avec en surplus une représentation de harpe irlandaise des plus saisissantes, ainsi que des fresques insoupçonnées...

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Crypte gothique :

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Epilogue : J'ai réussi à me faire élire archevêque !

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COINCIDENCE OMBRIENNE

Ce soir, je ne me peux m'empêcher de penser à la première du Loup des Steppes qui aura lieu demain à Brest, avec Vladimir dans le rôle principal. C'est toujours un plaisir cette anticipation de le voir dans un nouveau rôle et la période est riche puisqu'il n'y a pas si longtemps je le découvrais campant un impressionnant Arturo Ui dans la célèbre pièce de Bertold Brecht. Plaisir mêlé d'un petit quelque chose acidulé, une sorte de très légère part de tract prise à mon compte. Et puis, dans le même temps, me laisser aller à penser à un spectacle théâtral qui ne dépend en rien de moi, c'est m'accorder une soirée de vacances.

Je déroule les souvenirs et reviens en arrière à la première session de travail qui aboutirait, après plusieurs méandres, au choix du roman de H. Hesse. C'était en Italie, en Ombrie, dans la maison du père d'un des comédiens.

Et que faisais-je, moi, pendant ce temps là? J'y pense un instant, et tout me revient en mémoire. La coïncidence, forcément, me frappe. Pendant ce temps, je commençais aussi à travailler à ma propre pièce - en étudiant des textes dont j'ignorais alors ce que j'en tirerais - dont la première a lieu dans deux mois ! Après trois années de travail, le décalage semble dérisoire.

Que cette pièce ait été commencée en Italie, me donne envie de paraphraser un(e) des mes personnages : "le destin est un fieffé moqueur, on dirait"

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DOUREIER

Allez, je m'accorde un peu de vacances ! Cette pièce va m'user jusqu'à la corde. Un exemple : au lieu d'une dessinatrice nous avons dû  engager trois artistes!  La troisième en urgence, qui ne connaît rien au projet et doit attraper le train en marche, s'adapter au travail des autres... Un mail explicatif avec images, et nombreux dossiers joints (refaits à l'occasion), plus quelques bugs de ma messagerie = 5 / 6 heures de travail ! Qui dit mieux pour un mail. Mais coup de fil de l'interessée dans la foulée pour quelques questions bien ciblées... j'ai la bonne personne. Et tout est à l'avenant, mise en forme du texte pour sur-titrage (çà se compte en journées), visites de nombreux magasins pour trouver solutions techniques à diverses choses, trouver des sons sur internet, les mixer, se battre avec le graveur qui fait n'importe quoi, refaire les mêmes bandes sons car les répets ont invalidé les timings. Bien sûr je ne parle pas des recherches de salles de répet, le story board pour le technicien qui est à 300 km d'ici (une journée de labeur), les échanges avec ce dernier pour qu'il m'envoie des précisions techniques à temps... j'arrête mais la liste est longue. Je ne jardine plus beaucoup. Faut dire, que le temps ne s'y prête guère.  Il est à la pluie. Un vrai hiver de détrempe, comme il n'y avait pas eu depuis un moment. Alors tout à l'heure, marre de l'écran, je pars voir les eaux du Cap. Ça commence à Park Pontig, ça se poursuit dans la vallée centrale inondée, et on termine aux cascades de Penharn. J'aurais bien voulu les voire toutes mais elles sont nombreuses, la côte Nord est longue et... la nuit tombait.

Le ruisseau avait des vraies allures de petite rivière...

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Ici c'est normalement une petite rivière au milieu d'une prairie. C'est drôle ce bateau que je n'avais jamais remarqué...

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Et une petite vidéo...

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FRISSON

Le rendez-vous est arrivé plus tôt que prévu. Je l'attendais et l'appréhendais tout autant, je savais qu'il faudrait négocier ferme, grappiller des minutes de temps précieux...

Parfois Kafka est dépassé ! (J'ai quand même 25 comédiens et chanteurs à la rue entre la fin des répet et le spectacle, au point que je m'empresse dans la foulée de réserver une salle voisine pour les abriter !!) mais je reste zen et au moins je réussis à ce qu'on me prenne au sérieux.

A un moment, sous l'effet d'une anxiété certaine, je demande où se trouve les toilettes. Or, il se trouve que pour m'y rendre je dois traverser le plateau, trouver la porte à jardin lointain, bref un vieux théâtre biscornu... c'est son charme. 

Et donc, me trouvant plus tôt que prévu seul sur le plateau, et jetant un regard à la salle, je me rend compte que c'est toujours impressionnant un théâtre à l'italienne (même très modeste et pas très beau comme celui-ci) vu de la scène. J'ai toujours adoré ce privilège de voir les théâtres vide, qui semblent attendre les spectacles. J'ai parfois cette occasion grâce à Vladimir et je peux alors profiter de cette vision comme d'un baiser volé, l'esprit serein. Un court instant, je me laisse aller à ce petit plaisir, mais très vite me revient un détail en tête : ça n'est pas pour Vladimir, cette salle.

Depuis pas mal de mois j'angoisse. Depuis cet après midi, j'ai le trac.

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ILIZ-VEUR

IMG_6657C'est le nom du spectacle son et lumière projeté sur la façade de la cathédrale de Quimper. Il y avait d'ailleurs quelques phrases en breton dans le spectacle dans la voix d'un conteur chanteur des Monts d'Arrée. Bien que programmé trois fois par soir depuis le début des vacances, la place Saint Corentin est trop petite pour contenir la foule.

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Quelques images de Corentine fardée...

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Posté par karagar à 18:20 - Commentaires [4] - Permalien [#]

CARMEN

Non, n'ayez crainte, vous savez, Karagar et l'opéra...

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ON EITHER SIDE OF THE CHANNEL 2 - TU PE DU DA VOR BREIZH 2

IMG_6102Nous quittons Durdle Door en traversant les Purbeck Hills. Je ne suis pas mécontent de situer l'origine de ce fameux "marbre", utilisé à foison dans l'architecture gothique anglaise pour les colonnettes et autres corniches qui dessinent d'un trait noir les élévations intérieures. Sa couleur noire ou sombre m'avait toujours intrigué mais je lis à l'occasion que c'est le résultat d'une teinture médiévale.

Je m'empresse de vérifier l'altitude de ces "hills" dès que j'ai un accès Internet. Car l'impression est étonnante, à les traverser. C'est hélas un camp militaire - ce qui dit-on, les a préservées ! - et la météo n'a pas permis une seule photo montrable, mais les pentes sont telles que la voiture peine, le relief est marqué, le paysage très sauvage. Le point culminant, renseignements pris,  atteint pourtant à peine les 200 m !

Cette impression ne fait que confirmer un sentiment que j'ai souvent eu. Ce pays aux altitudes modestes ondule, bourgeonne, fait le dos rond, se cambre, sa cabre, si bien que 100 mètres vous font une belle colline et deux cent une montagne. La campagne anglaise est tout sauf monotone. Je ne connais pas la cause de ce relief si marqué. Et bien sûr, je ne parle pas du reste. Le reste ce sont les arbres - j'ai l'habitude de dire par boutade, mais je ne suis pas loin de la réalité, qu'il y a là bas dans une seule prairie plus de beaux arbres que dans tout le Finistère -, les prairies naturelles à l'infini, les manoirs et parcs attenant à chaque tournant. Je me demande ce qu'un anglais pense lorsqu'il aborde le nord de la France (au sens large). Je précise avant de clore le sujet, qu'ayant parcouru pas mal de pays ouest européens en voiture, aucun ne m'a frappé comme la Grande Bretagne pour la beauté de ses campagnes.

Le 24, à la nuit tombée - pas difficile vu qu'elle tombe à 16h00 - nous arrivons dans un petite village bien au nord de Londres où nous passerons Noël. La veille de Noël n'est pas ici l'occasion d'agapes particulières.

Le jour de Noël se passe sur un rythme très spécial qu'un non natif ne comprend pas. Mais je me laisse porter...

L'ouverture des cadeaux prend presque la journée. Ça se fait par petites doses. Le repas à lieu assez tard après midi.

Voici notre table décorée, avec crackers et autres choses pétaradantes prêtes :taol nedeleg

Le menu est invariablement le même dans tous les foyers et relève, à le comparer aux habitudes françaises, de la diététique. Pas d'entrée, une assiette unique : dinde au four, saucisses anglaises (bof), morceau de farce (aux marrons?) et légumes variés cuits au four ou à l'eau : patates (excellentes), choux de Bruxelles, panais... Dommage - et c'est là où les anglais pèchent - que tout cela fût précédé d'amuses-gueules du pire acabit, gustativement et diététiquement parlant.

Mais je ne vous fais plus attendre, vous êtes tous impatient de savoir quel était le dessert !

Voici toute les étapes du service du fameux Christmas Pudding, confectionné comme il se doit, par la reine mère maman de Vladimir (flambé au brandy - made in France!).

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Un fois dans l'assiette, on y fait fondre du brandy (encore!) butter et on l'arrose de crème.

Eh bien je dois dire que cette année, qu'il était plus "moist" que d'habitude et que j'ai eu plaisir à le manger.

J'y allais un peu à reculons - je garde en mémoire le premier Noël où j'étais très mal à mon aise -  mais je dois dire que ce fut très agréable. J'étais plus détendu, l'anglais me venait plus facilement et mes hôtes furent très amicaux à mon égard. Je me suis senti un peu de la famille - étrange sentiment mêlé de familiarité et d'exotisme qui perdure -. C'est vrai que cela fait 12 ans maintenant !

Vladimir blague sur le brexit à l'occasion de l'annonce de sa nouvelle nationalité. Mais cela retombe. J'avais entendu dire que c'était le sujet à éviter en GB pour le repas de Noël!

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ON EITHER SIDE OF THE CHANNEL 1 - TU PE DU DA VOR BREIZH 1

Nous interrompons nos programmes germaniques - veuillez nous en excuser - pour une urgence saxonne.

IMG_5616Nous voici en route, Vladimir et moi, pour notre quatrième Noël anglais. Le premier, c'était il y a douze ans. Je mesurerai cette fois-ci le chemin parcouru, des deux côtés de la Manche, si j'ose dire.

Si je devais retenir une chose de ce court séjour, ce serait une sorte de "bol climatique". Une chance incroyable qui fit qu'à chaque fois que nous arrivâmes en un endroit que nous désirions visiter, alors que tout, au long du parcours, bruine, brume, grains et autre joyeusetés hivernales nous promettaient le pire, le ciel se déchirait, le temps d'un coup d'oeil, d'un cliché, ou même d'une ballade pour mieux se refermer derrière nous.

Le ton fut donné dès notre première escapade. Devant prendre le ferry à Cherbourg (300 km à vol d'oiseau mais 500 par la route!), j'avais formulé le souhait de visiter le phare de Gatteville, à la pointe de Barfleur, second plus haut phare d'Europe, souvent surnommé l'outsider de l'île Vierge, tenant du titre.

Tout au long du voyage, le mauvais temps règne en maître. Et moi, malgré cela, je persiste à nous imaginer contempler le fût de 72 m illuminé d'une belle lumière hivernale. Le ciel est encore gris quand nous l'appercevons de loin! Mais dès que nous garons la voiture, presque à son pied, il se présente ainsi à nous.

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Il partage avec son grand frère breton (grand par la taille mais cadet par l'âge) le fait de former un couple avec l'ancien phare, une côte granitique basse et chantournée, si bien qu'on pense à ce dernier plus d'une fois. Principale différence néanmoins : la mer ici n'est pas hérissée d'énormes rochers innombrables comme à Plouguerneau.

IMG_5578J'avais vérifié, l'ascention est possible ce jour. 365 marches - comme toujours allais-je dire, il semble que les architectes s'arrangent pour obtenir ce chiffre bien souvent. En jouant sur la hauteur des marches? Là où l'on achète les tickets, une petite exposition, rien de bien neuf pour moi, sauf cette lampe à arc électrique. Le phare de Creac'h à Ouessant en était équipé du temps de sa plus grande puissance.

Et c'est parti pour grimper l'escalier à la maçonnerie impressionnante...

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Derrière le phare un plateau de rocher très bas qui permet d'être sur la "rive" du Raz de Barfleur, aussi près que d'une rivière. Ce courant fait partie des quatre plus puissants (et dangereux) courants avec le Raz Blanchard (le plus puissant de tous), le Fromveur et le Raz de Sein. Habitué à contempler ce phénomène de mer-fleuve du haut de la Pointe du Raz, je n'en reviens pas d'en être assez près pour le toucher du doigt. La mer coule ici en effet comme un fleuve.

La photo n'en dit rien, mais un joli passage d'oiseau me fait vous la montrer quand même...

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Le lendemain matin, nous nous réveillons à Poole et nous avons le temps, avant de rejoindre le Hertfordshire où habite ma belle-soeur, de retenter une visite que nous avions tentée en été, il y a quelques années. Il s'agit d'un site connu - Durdle Door - de la Jurrasic coast, qui déroule sur une très longue distance ses falaises et collines calcaires de la période géologique susnommée, dans un impressionnant mélange de moutonnement vert et d'abruts blancs. Bien plus à l'ouest la station de West Bay (Broadchurch pour ceux qui ont la télé) en fait partie. Or en ce mois d'août, la brume était telle que nous de distinguâmes même pas la plage de la mer. La blancheur des falaises se confondant avec la ouate ambiante, nous n'en vîmes rien non plus. Aurions-nous plus de chance cette fois, alors que le crachin, et la brume même, nous accompagnent dès notre départ de Poole? Eh bien oui, si le temps reste gris mais clair à Lulworth Cove - crique presque fermée, véritable piscine naturelle, d'où part le chemin pour Durdle Door - le ciel finira par se déchirer par fragment pour nous faire la plus belle illumination dont on puisse rêver. Autant vous dire que par sa diversité géologique - et donc de teintes - ses falaises impressionnantes, adossées à un arrière pays tourmenté et vert, cet endroit m'a plus que charmé.

Lulworth Cove

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La maison d'un pauvre anglais ruiné par le Brexit

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Arrivée à Durdle Door

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Durdle Door

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Les falaises

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Arrivée du soleil

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Un anglais (??) courageux IMG_5694

Retour à Lulworth Cove

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Posté par karagar à 15:42 - Commentaires [4] - Permalien [#]