EN ALAN AR MEURVOR

TOULOUSE ROMANE

IMG_0915 - Copie Quelques vues de Toulouse la rouge au fil des rues...

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Le chapitre "Toulouse romane" s'ouvre en réalité sur du gothique car l'écrin de la belle découverte que nous fîmes se trouve être le musée des Augustins, occupant lui-même l'ancien couvent des Augustins, construction essentiellement du XIVème siècle.

IMG_1006 L'église ne peut rivaliser avec les Dominicains, par contre le cloître se défend plutôt pas mal !

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Nous ne visiterons pas tout le musée, très riche, je suis incapable d'ingurgiter de l'art à tire larigot et notre déambulation sera donc sélective.

Le grand moment d'émotion fut pour la découverte de la salle de la sculpture romane. Tous les chapiteaux et autres figures exposés sont originaires d'églises de Toulouse. On la considère comme une des plus riches collections du monde en la matière. Mon intérêt pour la sculpture est inverse à celui pour l'architecture, l'art roman a ma préférence. Et jamais, de part l'éclairage et la proximité oculaire, il ne m'avait été donné de d'admirer ce genre d'oeuvre avec un tel confort. Et franchement, ça change tout. Qu'il s'agisse de scènes historiées ou purement décorative, c'est le ravissement à chaque instant et on en finit pas d'admirer la finesse, pas seulement du ciseau mais surtout de l'imaginaire.

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Cerise sur le gâteau, un roi David et sa harpe, mais qui n'en joue pas : il l'accorde! On distingue le geste et l'instrument, c'est fort différent de ce qui se fait aujourd'hui ! (le hasard fait que je découvre récemment un sculpture irlandaise qui montre aussi une clef d'accordage, j'en reparlerai).

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Sculpture gothique dans cloître, salles capitulaire et autres.

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Je  retiens les gargouilles du disparu couvent des Cordeliers,

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Un surprenant baiser de Judas...

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Influence bourguignonne et par là flamande pour cette vierge de la fin du XVème, Notre Dame de Grasse. Je ne suis guère enthousiasmé par les représentations de la Vierge qui m'ennuient au possible. Mais cette fois, je trouve que cette statue - cette femme devrais-je dire - irradie...

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Encore moins dans mes habitudes, ces visages du XVIème de Nicolas Bachelier, m'inspirent...

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Et voici même un peu de XIXème, avec cette effrayante allégorie du cauchemar ! (Eugène Thivier)

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Le titre Toulouse romane fait bien sûr aussi allusion à la plus célèbre église de la ville, Saint Sernin, très grande église de pèlerinage, plus grande église romane de France (depuis la destruction de Cluny III). C'est vrai que le développement est inouï, longueur, nombre de chapelle, largeur du transept entièrement contourné de tribunes... Mais la visite confirme ma première impression d'il y a quelques années : cette église (sauf sa tour et son chevet) ne me plaît vraiment pas. Elle a pourtant la même structure et élévation que mes deux préférées (Saint Nectaire et Conques)... allez comprendre !

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TOULOUSE GOTHIQUE

Malgré l'exellence de notre mission cévenole, sa sainteté considéra que nous avions bien trop peu visité d'églises et que l'élévation de nos âmes demandait à ce que nous réparassions ce manquement. Il nous laissait le choix de notre destination pourvu qu'elle fut bien pourvue... en édifices religieux.

Or, il se trouvait, qu'un ancien moine de la congrégation à laquelle frère Vladimir appartenait autrefois, nous invitait depuis un moment à venir découvrir son nouvel ermitage à Toulouse. L'occasion était rêvée.

Sur la route, je manifestai le désir d'aller tremper mes orteils dans le grand lac salé qui sépare l'Europe de l'Afrique. Ne serait-ce que pour en savourer la tiédeur au souvenir de la fraîcheur de nos eaux extrême occidentales...

Je n'arrive décidément pas à avoir un contact agréable avec cette mer. L'endroit était d'une laideur assez remarquable, l'eau était maronnasse et ses 22° à peine suffisants pour justifier le détour. Je n'ai de surcroît pas trouvé très agréable d'y nager.

Nous voici à Toulouse, où nous avions fait il y a quelques années une escale trop rapide (les Jacobins, St Sernin) pour que je garde la moindre impression de la ville.

Nous y déambulerons trois jours et ce furent les trois jours les plus chauds du voyage. Je supporte bien la chaleur mais on aimerait quelques degrés de moins. (Mon souvenir le plus extrême est Tolède).

Heureusement, les grands arbres du canal de Brienne, nous protègent le matin dans notre approche du centre ville.

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Là, nous tombons sur la Garonne que je découvre. Elle me fait bonne impression, elle semble impétueuse et on imagine qu'en des saisons moins sèches, elle doit être redoutable.

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IMG_0700Tout le monde sait que Toulouse est rouge brique et je le confirme.

IMG_0819De brique sont aussi les églises médiévales (comme dans le nord de l'Allemagne!). Ainsi celle du couvent des Jacobins (ex dominicains) qui aura l'honneur de notre première visite. Je sais à quoi m'attendre.): Un chef d'oeuvre d'architecture déjà vu. Son aspect actuel date de la seconde moitié du XIIIème siècle et y retourner me consolide dans l'idée qu'il s'agit là d'un de mes espaces gothiques préférés bien que n'obéissant pas aux canons de ce que j'affectionne habituellement. Bien des éléments sont habituels dans l'art gothique languedocien, mais ici il y a le génie en plus.  Cette église est par ailleurs une des premières fondations de l'ordre prêcheur et abrite depuis le XIVème la dépouille de Thomas d'Aquin.

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Il y a aussi une belle salle capitulaire dont les voûtes reposent sur deux très fines colonnes de marbre.

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Et la chapelle Saint Antonin, peinte d'une représentation de l'Apocalypse selon St Jean. Les 24 vieillards, et, plus bas, les anges musiciens sont tous porteurs d'intruments de musiques.

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Enfin, le cloître... Bref, c'est peu dire que j'ai aimé revoir tout ça.

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IMG_0827 - Copie Et puis à Toulouse, il y a... une cathédrale. Une de celles - de moins en moins nombreuses - que je n'avais encore jamais vues mais qui n'était pas très bien placée au panthéon.

Cette cathédrale, que dire qu'autre sinon que c'est un sacré - bien sûr - engin ! Une nef du premier art gothique méridional dont il semble qu'elle en soit même le prototype, à laquelle se greffe - mal -, sur un axe très décalé, un choeur rayonnant, de ce rayonnant méridional que me laisse froid. Des échafaudages dans la nef sale et sombre n'aident pas à l'apprécier. De très beaux détails décoratifs dans les chapelles rayonnantes néanmoins mais qui ne suffisent pas à m'emporter.

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(je constate que je n'ai pas pris de photo du décalage, donc je vous en mets une d'Internet)

 

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Finalement c'est la façade un peu boiteuse qui me charme le plus, notamment le contraste entre la sobriété de sa maçonnerie et la rosace, directement inspirée de la rosace ouest de N. D. de Paris.

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Harpistiquement vôtre 1 : Le déclic

kerdin Incipit : L'autre soir s'est passé sans crier gare un évènement depuis si longtemps envisagé, tellement fantasmé même, qu'il m'avait semblé de prime abord routinier avant que je prenne conscience qu'il était une première. Je travaillais à ma harpe, dans mon bureau, la porte bien fermée, alors qu'à l'exact opposé de la maison, dans son bureau à lui, Vladimir jouait du piano. Et alors, me direz-vous ? Rendez-vous compte qu'il y a dix ans, cette éventualité avait dicté les plans de la maison. Et c'était bien vu, nous ne nous sommes pas gêné mutuellement. Sauf que ça n'était jamais encore arrivé, pour les raisons que l'on sait et quine  tenaient qu'à moi. Vladimir ne manquait pas d'en exprimer parfois le regret, mais de moins en moins souvent, comme si l'idée elle-même s'étiolait. La harpe elle même, relèguée dans un coin de la pièce, arborait piteusement ses cordes cassées. (Il faudra que je revienne là dessus, les cordes qui cassent quand ça va mal...) Les seules fois où elle se faisait entendre, c'est quand une mouche se heurtait à l'une de ses cordes, ou lorsque j'éternuais.

Je me suis dit qu'en cette période de frénésie harpistique retrouvée, ce blog pourrait m'être l'occasion de refaire un peu l'historique de cet instrument dans ma vie, je ne sais encore sous quelle forme, chronologique ou non, mais je me lance.

Avant de m'aventurer dans le lointain passé, je voudrais revenir sur ce déclic que j'ai évoqué récemment. Je viens de faire un gros virement d'argent vers le Connemara qui marque le lancement officiel du projet. Je consacrerai plus tard un chapitre à expliquer quelle harpe je fais construire, quelle est son histoire et comment j'en suis venu à la choisir après une réflexion de 15 ans.

Je me suis donc surpris  à prendre une décision forte assez rapidement. Pas tant de m'y remettre (il y a actuellement deux harpes  disponibles à la maison, j'y reviendrai) que de faire faire un instrument historique et de consentir à la dépense que cela représente, anticipant ma capacité à en tirer quelque chose de valable, après plus de 10 ans sans pratiquer et en l'absence de professeur. C'est ce que j'appelerai le déclic.

A bien y penser, le déclic est peut-être moins instantané qu'il n'y paraît et il revêt, chose encore plus surprenante pour moi, des aspects semblables à celui qui me fit débuter l'étude de l'instrument il y a 23 ans : à savoir un coup de pouce du hasard sur un terrain préparé de longue date.

Le coup de pouce, cette fois c'est ceci :

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La petite harpe nous a été prêtée pour notre pièce de théâtre où elle est l'accessoire du plus jeune de nos comédiens (15 ans à l'époque). Elle a elle-même son histoire (que je ne connais que depuis mars), puisqu'elle fut le premier coup d'essai d'un homme qui deviendra un luthier reconnu et qui fait notamment les harpes d'une harpiste capiste devenue star au Japon... Cette harpe a 34 ans.

Lassé d'entendre à chaque répétition le jeune comédien caresser des cordes distendues et désaccordées, j'ai proposé de prendre l'instrument chez moi pour y remédier. Pour qu'un instrument à cordes laissé en jachère si longtemps redevienne stable, il faut d'armer de patience et puis le miracle se produit et l'accord finit par tenir. Et à la tenir ainsi sur mon giron des jours et des jours, est née très vite entre elle et moi une relation amicale. Ce n'est pas un effet de style. C'est exactement ce qu'il s'est passé. Rien n'y prédisposait pourtant. Cet instrument est cordé en nylon, comme la plupart des harpes celtiques modernes certes, mais bien que désormais classique, cette sonorité n'est pas celle qui m'attire et ma technique de jeu ne s'y prête pas, normalement. Je n'ai néanmoins pas changé de technique - je n'en connais pas d'autres - et je constatai, outre que la petite voix fluettede la "nouvelle" ne me déplaisait pas, qu'une part de la sonorité qui me dérange dans la harpe moderne vient de l'attaque à la pulpe du doigt. L'attaque à l'ongle corrigeait beaucoup ce défaut. A y repenser aujourd'hui, plusieurs mois plus tard, il m'apparait que mon insistance à la prendre chez moi pour l'accorder, relevait déjà d'une envie souterraine dont je ne mesurais sans doute alors pas les conséquences: Le fameux déclic.

Quand le déclic a eu lieu et que je me suis tourné vers Internet à la recherche de vidéo pour réapprendre des morceaux et, au delà, réfléchir à un nouvel instrument, il m'est apparu que je savais parfaitement où aller. le chemin était tracé. En  effet, sans en parler à personne, cela faisait plusieurs années que j'errais sur Internet, lisant les sites consacrés à la harpe gaélique ancienne, regardant les vidéos, comparant les sonorités, suivant comme un espion les activités très confidentielles du petit monde de la clair*seach* dont j'avais connus certains des animateurs il y longtemps. Dans mon idée, je ne faisais rien d'autre qu'abreuver ma curiosité, voire ma nostalgie. En réalite, qelque-chose se préparait en sourdine, dans mon inconscient. Le déclic n'avait rien de fortuit malgré ses apparences, il attendait juste son coup de dé. J'ai depuis peu remplacé les cordes de ma harpe, je l'ai péniblement ramené à l'accord (ce qui est difficile pour le nylon l'est cent fois plus pour le bronze). Ce fut un choc, j'avais déjà pris des habitudes. La tension des cordes, la résonance du métal à dompter, j'avais oublié tout cela.

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23 ans auparavant, j'avais commencé cet l'instrument dont je rêvais depuis l'enfance, sur un autre coup de dé, mais c'est une autre histoire.

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COMPTE-RENDU PAPAL 2


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Le pape nous fit l'honneur de nous loger à
Villeneuve, séparée de son palais par le Rhône, et infiniment plus calme en ce mois de folie théâtrale où 1200 spectacles se disputaient cette année l'attention des festivaliers. Je me souviens qu'il y a douze ans, au début des mes fréquentations avignonnaises, le chiffre se situait autour de 700 et était alors considéré, à juste titre, comme insensé. Jusqu'où cela ira-t-il?

J'aime assez retrouver cette ambiance, certes totalement exogène, beaucoup de souvenirs importants sont liées à cet endroit, dont le premier voyage pour m'y rendre a ouvert ce blog, il y a bien longtemps. Et puis aussi, à la régie une année, je l'ai vécu un tout petit peu de l'intérieur aussi !

Nous verrons quelques spectacles dont un époustouflant, à mon sens. Chance, Vladimir travaille bientôt pour ce metteur-en-scène.

Avant la folie intra-muros, nos matinées et nos nuits dans un charmant appartement duplex sous combles sont agréablement calmes. IMG_0539 D'autant que Villeneuve est riche en monuments médiévaux ou de création médiévale, dont l'oppulence est liée souvent au pape ou... au roi de France. Bref, l'architecture qu'on voit ici, malgré le calcaire blanc aveuglé de soleil qui pourrait faire illusion, est bien souvent nordique.

IMG_0526 Nous nous contenterons de déambuler dans les parties tout public de la chartreuse - ignorant pour une fois l'église et la chapelle aux fresque du trecento -, tant étendue qu'on dirait qu'elle est un quartier de la ville. Fondée par un pape avignonnais, elle fut la plus richement dotée de l'ordre en son temps. J'y achète même deux livres sur le théâtre car l'abbaye est aujourd'hui Centre national des écritures du spectacle avec bibliothèque et librairie spécialisées. Les écrivains en résidence logent dans les cellules monastiques...

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IMG_0664Nous consacrerons un moment à la collégiale, elle même dotée d'un cloître. C'est une belle église du XIVème, sobre mais aux belles proportions. On lit beaucoup "art gothique méridional" la concernant mais je ne suis pas d'accord. Une élévation à deux niveaux ne suffit pas à faire du méridional ! Je la trouve très nordique au contraire, à quelques détails extérieurs près.

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On y voit un tableau dont j'ignorais l'existence, une pièta dont l'original est au Louvre. Elle est considérée comme un chef-d'oeuvre et son attribution a été longue et reste contestée. (Enguerrand Quarton, un picard).

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IMG_0548 Nous visitâmes enfin, en bonne et due forme, le Fort Saint André, construit par Philippe Le Bel: encore du gothique nordique ! Un très bel édifice très soigné aux salles grandioses. La chapelle semble appartenir de part son style au castrum précédent. C'est le châtelet qui comporte les plus belles salles, une dans chaque tour, voûtée comme une abside.

Les graffiti sur les dalles sont le fait d'anciens prisonniers.

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COMPTE-RENDU PAPAL 1

Une semaine après notre arrivée, nous pouvions nous enorgueillir d'avoir remis en ordre, avec un mélange de douceur et de fermeté, le prieuré cévenol. Encore fallait-il rendre compte de notre réussite totale auprès du Saint Père qui nous avait missionnés. C'est ainsi que nous nous mîmes en route pour Avignon où nul n'ignore que le premier parmi les prêtres organise chaque juillet une petite sauterie d'un mois avec force comédiens et réjouissances en matière d'art dramatique

La route nous faisait passer par Nîmes que je ne connaissais pas encore et bien que n'étant pas un inconditionnel de l'architecture romaine, il eût été dommageable de ne pas profiter de l'occasion pour voir ces vestiges parmi les mieux conservés du monde romain.

IMG_0409Notre premier coup d'oeil fut pour les arènes, les mieux conservées du monde, que nous décidons donc de visiter (nous n'avions visité ni celles d'Arles, ni le Colisée). L'audio guide nous délivre quantité de détails sur les spectacles qui s'y tenaient. Et c'est l'occasion de se dire que notre monde a quand même évolué dans le bon sens. Malgré tout, l'idée que des corridas y ont encore lieu, ne me met pas très à mon aise. Il est midi et la lumière est violente sur les gradins. L'architecture me laisse froid mais on reste impressionné néanmoins par la taille des blocs maçonnés à joints vifs. Du travail de romain, comme on dit.

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Dans la série des champions du bien vieillir figure bien sûr la dite Maison Carrée. Ce petit temple de style (néo) corinthien sous le règne d'Auguste est lui aussi le mieux conservé du monde romain et récemment restauré. Que vous dire d'autre? Cette architecture gréco-romaine laisse tellement peu de place à la fantaisie (les variations existent mais sont assez subtiles) que j'ai l'impression de voir toujours plus ou moins le même monument.

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Nous traversons ensuite les jardins de la Fontaine, aménagement assez impressionnant réalisé sous Louis XV autour de la source originelle de Nîmes et des vestiges romains. La présence de l'eau rend l'ensemble attrayant mais je ne crois avoir jamais vu avant un telle illustration de ce que le jardin à la française est avant tout une architecture minérale! (Je me rends compte que j'avais vu, enfant, des photos de ce jardin, dans un livre sur l'histoire des jardins et complètement oublié son existence... mais savais-je à cette époque où était Nîmes?)

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On y voit les vestiges du temple de Diane.

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On gravit la colline, où la végétation prend enfin le pas pour voir la fameuse Tour Magne.

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De cette tour, je ne connaissais que ces vers holorimes :

Gall, amant de la Reine, alla tour magnanime
Galamment de l'arène à la Tour Magne à Nîmes.

que je croyais, comme toute le monde, du grand Victor alors qu'ils sont de Marc Monnier.

C'est encore une construction romaine (mais sur des bases gauloises !), magnifiant (!) la principale tour des remparts.

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DESTINATION GRAND SUD... DU CAP

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MISSION CEVENOLE 6

Pour notre dernier jour dans la région, je voulais aller faire un petit tour "ailleurs", car à l'extrèmité occidentale des Cévennes, il suffit de franchir une rivière (et de grimper sec !) pour se retrouver sur les causses Méjean (= médianes), un autre monde. Il s'agissait aussi de faire une petite chose qui m'amusait...

Mais nous débutons la journée, au cloître, en croisant une chenille d'un type que je n'avais pas revu depuis mon enfance parisienne...

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Nous arrivons au sommet des Causses, où j'envisageais de marcher le long de la crête calcaire, mais nous arrive des Monts Lozère un orage qui nous fait renoncer (je n'ai pas peur de la pluie mais de la foudre - il faudra convaincre frère Vladimir - qui n'a peur de rien - de la retraite). Mais le spectacle est là, gros nuages et rideaux de pluies sur les montagnes.

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Nous nous aventurons donc sur une route un peu douteuse, l'occasion de voir des lavandes sauvages

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et les nuages progresser sur le plateau.

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Un peu plus loin, nous trouvons le Tarn au début des gorges qui entaillent les grandes Causses

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IMG_0348 au bord duquel nous descendons pour trouver un village, désert sous la pluie.

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IMG_0375Il y a là un magnifique pont gothique sur le Tarn, hélas en travaux.

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Mais ça n'est pas tout ça, on est pas ici pour rigoler, j'ai un truc à faire moi! Enfin je trouve l'usine que je cherchais. Le temps de sortir la bouteille du sac et hop!

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Retour au cloître. Le lendemain, pour notre départ, les nuées nous font de beaux mouchoirs blancs dans les vallées. Sur la dernière photo on peut apercevoir le mont Ventoux dont nous nous allons quelque peu nous rapprocher.

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MISSION CEVENOLE 5

IMG_0223 Un programme fait de bric et de broc aujourd’hui pour égayer la vie claustrale de mes chers lecteurs.

Tout d’abord, nous n’empruntâmes qu’une fois la route menant de notre prieuré au bourg dont il dépend, Peyremale, qu’on nous avait dite être peu commode. Ce n’était pas mensonge, mais à ce moment de notre séjour, frère Karagar, chauffeur en titre, avait acquis une solide expérience de la route cévenole, aux lacets innombrables, et surtout étroite, ô combien étroite, sur laquelle la voiture adverse se complaît à rouler vite et fort peu à droite… Grâce à cet itinéraire inédit, nous nous retrouvons après moult virages, de l’autre côté de la vallée, profitant ainsi d’une vue sur le village du prieuré. Hélas, notre cloître est caché derrière un arbre, à gauche de la dernière maison de droite…

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IMG_0152 Nous fîmes ensuite une marche méditative et accidentée autour de la vallée d’une petite rivière. Conifères, chênes verts, schiste brun, le paysage que vous montrent les photos qui suivent sont plus caractéristiques de notre environnement quotidien que tout ce que vous avez pu voir jusqu’à présent. Le plus étonnant pour moi (car la température ici, autour de 450-600 m, n’a rien à voir avec celle des hauteurs du mont Lozère) est de voir autant de bruyères par cette chaleur.

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En bas, au pied d’un petit pont de pierre qui n’est là que pour notre sentier, nous trouvons assez de profondeur d’eau pour un petit bain rafraîchissant.

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En remontant, nous trouvons le hameau de Bournaves, où se trouve un clocher de tourmente. C’est le seul qui ne soit pas sur le mont Lozére, ni en granit (il n’est d’ailleurs pas sur la liste qu’on trouve de ces édicules). « Bâtis au début du XIXe siècle par les habitants de ces hameaux, le rôle primitif de ces clochers est de permettre aux voyageurs de ne pas s'égarer et périr, si d'aventure ils se retrouvaient pris dans « la tourmente ». Ce terme désigne une redoutable intempérie qui naît en altitude au cours des rudes hivers, lorsque chutes de neige et bourrasques de vents violents se conjuguent. Dès que sévissait la tourmente mais aussi par temps de brouillard, les cloches étaient alors actionnées, parfois nuit et jour, fournissant ainsi un repère sonore aux voyageurs, un peu à la manière d'un phare pour la navigation maritime, afin qu'ils puissent s'orienter vers les habitations. » Wiki.

L’édifice à l’arrière pourrait faire penser à une chapelle, alors que le vrai clocher de tourmente est isolé, mais c’est si petit qu’un homme ou deux, pas plus, pourraient y entrer.

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En tout cas, le village a beaucoup de charme.

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Désireux de faire notre soirée ce soir-là dans une auberge – les autres soirs nous dînons au cloître, bien évidemment – à Saint Ambroix, dans un moulin ruiné qui surplombe la Cèze où nous pourrons nager avant le repas (eau très chaude cette fois), nous prenons la route idoine et faisons une halte à Aujac pour son château fort. Mais nous avons de nouveau rendez-vous avec une église romane dotée d’un clocher peigne devant lequel Frère Vladimir prendra un thé, sur la place, comme à son habitude quand il fait très chaud. Cette fois, j’ai la précision que le clocher est rajouté au XIVème siècle, ce qui confirme l’impression que j’avais eu à Concoules. L’église est du XIIème, toute petite une fois de plus mais en grand appareil et me rappelle de ce fait l’art roman provençal.

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Nous montons ensuite au château, qui domine toute la vallée de la Cèze, à 600 m d’altitude. Nous ne souhaitions pas le visiter mais cette année il est exceptionnellement fermé à la visite. Nous tombons sur la propriétaire à la grille, qui navrée de devoir nous laisser dehors, nous offre une carte postale du château très sympathiquement.

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Après une journée aussi harassante, Dieu pardonnera à frère Karagar un petit rafraîchissement non aqueux à son arrivée au Moulin du Roc Tombé.

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Le soir, pour rentrer, nous repassons comme chaque jour par le col de Portes, bien protégé par son château. Il est donc temps de rendre hommage à cet édifice construit en deux temps, de manière bien visible. Une partie médiévale, un vrai château fort, et le château neuf, qui malgré son style date de la fin du XVIème et du début du XVIIème ! Il a été construit avec un angle unique de 49° qui le fait ressembler à la proue d’un navire (je n ‘ai pas trouvé d’explication claire à cela).

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MISSION CEVENOLE 4

Je voulais voir le sommet du mont Lozère, point culminant des Cévennes. Le paysage est l'antithèse du paysage cévenol classique, accidenté et entièrement couvert d'arbres. Ici, ce sont juste de vastes moutonnements qui semblent désertiques au sortir des forêts de l'étage inférieur. Mais le couvert végétal est bien présent, bien que ras, et m'est de surcroît, bien familier. Nous naviguons entre bruyères et myrtilles, et n'eussent été les boules plutoniques, nous aurions pu nous croire (un peu) dans les Monts d'Arrée. Ce qui apparaît vert fluo sur les photos, ce sont précisément les myrtilliers.

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Les chemins sont jalonnés de piquets de granit, qu'on nomme "montjoies" et qui balisent la route en temps de brume ou de neige (les deux abondant sur ces sommets). Silloner ces immensités sous un ciel aussi clément paraît assez anodin, mais des affiches recommendent un retour immédiat par temps de brume et encore au XXème siècle, des personnes y ont perdu la vie à ne pas retrouver leur chemin. C'est la raison des "clochers de tourmentes" [ah que cette expression me plaît], qui sont à la Lozère ce que les cloches de brume sont à l'océan. Nous y reviendrons la prochaine fois.

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Pour revenir aux montjoies, ils existaient déjà du temps de Stevenson lors de son voyage cévenol, dont je mets un extrait pour soeur Plume.

La piste que j'avais suivie dans la soirée disparut bientôt et je continuai, au delà d'une montée de gazon pelé,
de me diriger d'après une suite de bornes de pierres pareilles à celles qui m'avaient guidé à tarvers le Goulet.
Il faisait chaud déjà. J'accrochai ma veste au ballot et marchait en gilet de tricot. Modestine, elle-même
tout excitée, partit dans un trottinement cahotant qui faisait valser l'avoine dans les poches de mon paletot.
C'était bien la première fois que cela arrivait. La perspective à l'arrière sur le Gévaudan septentrional
s'élargissait à chaque pas. A peine un arbre, à peine une maison apparaissaient-ils dans les landes d'un

plateau sauvage qui s'étendaient au nord, à l'est, à l'ouest, bleu et or dans l'atmosphère lumineuse du matin...
...Presque du premier instant de mon ascension, un ample bruit atténué comme une houle lointaine avait
empli mes oreilles. Parfois, j'étais tenté de croire au voisinage d'une cascade et parfois à l'impression toute
subjective de la profonde quiétude du plateau. Mais, comme je continuais d'avancer, le bruit s'accrut et
devint semblable au sifflement d'une énorme fontaine à thé. Au même instant, des souffles d'air glacial,
partis directement du sommet, commencèrent de m'atteindre. A la fin, je compris. Il ventait fort sur
l'autre versant de la Lozère et chaque pas que je faisais me rapprochait de l'ouragan...

(Extrait de "Voyages avec un âne dans les Cévennes"  - Stevenson)

Pour frère Théodoric, une vue où l'on apperçoit le mont Gerbier de Jonc (derrière les éoliennes), où sourd son ruisseau favori, je crois.

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Un peu plus loin, au pied du pic Cassini se trouve la source du Tarn. L'idée de voir le lieu de naissance d'une grande rivière me plaisait. Pour nous y rendre nous empruntons une "route = chemin" "forestière = sans arbre" sans doute plus abritée et donc parmi des tapis de fleurs variées.

 

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Voici la petite dépression où nait le tarn. Il nait donc dans le granite, ce cours d'eau que j'ai vu en d'autres lieux escorté de hautes falaises calcaires...

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Fort curieusement, en redescendant du mont Lozère de l'autre côté (au nord) nous trouvons très vite un autre célèbre cours d'eau en son cours supérieur, le Lot (l'Ot à l'origine, même mot que l'Oust breton). C'est un autre monde, les feuillus remplacent les conifères, le paysage est fidèle déjà à l'idée qu'on se fait de la vallée du Lot. Nous sommes venus en ce lieu pour voir les ruines du château du Tournel, bâti à partir du XIIIème siècle et détruit lors des différentes guerres de religions. Il est situé sur un éperon rocheux et schisteux, schiste brun foncé dont il est lui même bâti. Je suis étonné de voir à quel point les murailles sont parfois construites à l'aplomb du vide...

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MISSION CEVENOLE 3

Le lendemain, le temps est favorable à notre mission. En route donc pour la Garde Guérin récupérer les reliques. Route au nord, vers les confins de la Lozère.

IMG_9887 - CopieEn chemin, nous nous arrêtons au village de Concoules, dans un site bien cévenol mais avec les hauteurs lozériennes juste à l'arrière, pour admirer le clocher de l'église. C'est un "clocher peigne", lui aussi d'un style plus fréquent en Lozère. On dit ces clochers du XIIème, mais la modénature m'évoque nettement l'art gothique, à creuser...

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Nous arrivons à la Garde Guérin, un village qui n'a jamais dépassé son enceinte médiévale (comme la Couvertoirade en Larzac mais beaucoup plus petit). Il est situé sur une vraie vigie naturelle, un éperon entre les Gorges du Chassezac et une autre vallée. C'était un poste de garde pour assurer la sécurité des voyageurs sur la route de la Régordane, principale voie d'accès au sud (par Saint Gilles du Gard), à Rome, aux croisades... avant l'intégration du couloir rhodanien au royaume de France.

 

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Le village est "possédé en coseigneurie par une communauté de plusieurs chevaliers : los Parièrs (en occitan « les Égaux », du latin par). Chaque parièr possède une parérie, appelée aussi part ou portion, dont il assume la charge et les émoluments : péage, cartalage (droit sur la mesure du grain), arrière-guidage, pulvérage (droit sur la poussière soulevée par les troupeaux de bêtes)" (wiki)

 

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Les chevaliers exigent que leurs maisons ne soit jamais mitoyennes d'où ces espaces entre les maisons:

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IMG_9911 Nous trouvons enfin l'église pour y récupèrer le bien du prieuré. C'est un tout petit édifice roman mais l'intérieur est riche d'une plastique murale subtile, très hiérarchisée et possède des chapiteaux que le granit rend un peu frustres mais très beaux et qui m'ont rappelé ce qu'on peut voir de la même époque par chez nous.

 

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Montée obligatoire au donjon du XIIème, présentant un rare décor de bossage sur toutes ses murailles. L'ascension est la plus difficile que j'ai pu faire dans une tour médiévale. Elle relevait parfois de l'escalade.

 

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Nous nous éloignons du village, cherchant notre traditionnel emplacement pour pique-nique.

 

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IMG_9983 Finalement nous nous laissons tenter par une descente au fond des gorges du Chassezac, 400 mètres plus bas.

 

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C'est un lieu de canyoning mais nous arriverons à une petite crique où l'on peut gentiment se baigner sans revêtir le harnachement que portent ceux que nous croisons et qui reviennent d'un parcours de 5 heures.

 

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(Je précise que ce sont des gorges granitiques et que plus loin le Chassezac a des gorges calcaires. Or, comme on pratique le canyoning ici, cette partie s'appelle "le canyon" alors que le partie calcaire s'appelle "les gorges", j'aurais tendance à utiliser pour ma part "canyon" pour un formation calcaire, mais enfin...).

Bien sûr, je ramène dans mon herbier, quelques spécimens pour le frère Theodoric, herboriste de l'abbaye.

 

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MISSION CEVENOLE 2

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IMG_9870Le lendemain, nous connûmes notre seule journée de grisaille au long de ces trois semaines, la pluie menaçant même. Nous hésitâmes donc à prendre la route de la Garde, où nous devions récupérer des reliques appartenant au prieuré et indûment conservées dans la chapelle du château, car la zone est escarpée et nous n’aurions voulu pour rien au monde être surpris là-bas par un de ces déluges dont la région se fait spécialité. Autant dire que nous pouvions tout à loisir gaspiller notre temps à des futilités, au regard de notre saint père bien sûr. Car pour ma part, je tiens la botanique pour une activité saine et dont le propos est de mieux connaître l’œuvre du Seigneur. Or, le frère herboriste de notre abbaye m’avait signalé avec insistance, avant notre départ, que le prieuré abandonné ne devait pas être loin de la bambouseraie d’Anduze, la plus vieille de ce type où l’on peut voir des bambous géants (jusqu’à 21 m!) y prospérer depuis 150 ans. Je la connaissais de nom bien sûr mais je l’imaginais en Aquitaine !

IMG_9644Le parc est très impressionnant, les bambous y sont représentés sous tous leurs aspects et leurs possibilités d’utilisation (labyrinthe, construction…)

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mais surtout, ils sont tellement grands qu’ils forment un vrai petit monde à part.

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Les couleurs des tiges et des feuillages sont variées et font de belles scènes.

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Enfin, il n’y a pas que des bambous. Profitant de la thématique asiatique, de l’eau (irrigation) et de la terre acide, on y a créé aussi un jardin japonais qui est le premier que je vois qui me convaincque vraiment. L’endroit est très troublant.

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On y voit aussi de beaux arbres aux dimensions remarquables dont ce ginkgo.

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On y trouve aussi pas mal de belles plantes aquatiques (ou de terrain humide -hibiscus moshata aux fleurs énormes-).

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Bref, le parc est peut-être un peu trop connu de nos jours et trop aménagé (un endroit ne gagne jamais à devenir une « attraction ») mais la réputation n’est pas surfaite.

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MISSION CEVENOLE 1

Frère Vladimir et moi-même nous étant vu confier, par sa sainteté en personne, une mission de remise en ordre – le mot est faible – d’un petit prieuré perdu des Cévennes, nous nous mîmes en route en ce chaud mois de juillet pour un long voyage dont nous n’imaginions pas encore toutes les prolongations et les périples supplémentaires.

Je vous ferai grâce des détails du long voyage qui nous fit passer par la Vendée qui déjà, à la faveur d’une chaleur hors normes, prenait des airs de grand sud.

Notre arrivée dans les Cévennes se fit par le nord-est, contournant les inhospitaliers monts Lozère, et nous comprîmes assez vite la nature du terrain. Sœur Lolita nous avait aimablement avertis de la difficulté des routes, nous enjoignant d’éviter de passer par la paroisse dont dépend le prieuré (ce que nous aurions fait, inévitablement) pour lui préférer le col de Portes, bien protégé par son château, plus proche au final, de notre destination et offrant surtout une route un tantinet plus large et moins tournicotante.

Nous nous installâmes donc au prieuré au plus bas d’un village médiéval, au bout d’un raidillon qui ôta toute velléité à notre carrosse de s’y aventurer. L’ancien cloître abandonné, d’une architecture des plus simples, nous tint lieu de quartier général. Nous lui préférâmes en effet aux pièces obscures et exiguës du logis sa vue plongeante sur la vallée profonde, aux flancs équarris en terrasses où poussaient jadis le mûrier,ainsi que sur les montagnes bleues palissant vers la silhouette incertaine du Mont Ventoux. On vivait ici des châtaignes et du vers à soie.

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Le lendemain, un dimanche, notre première tâche nous attendait. Il s’agissait de récupérer au presbytère de Runes, une partie des archives du prieuré. Sachant l’entreprise aisée, j’y voyais déjà l’occasion de quelques escapades. Les récits et dessins de voyages m’avaient convaincu de m’attarder en certains endroits. Mais la route était longue jusqu’aux rebords du Mont Lozére. Il nous fallut traverser plusieurs vallées cévenoles et je mesurai alors tout à fait la nature de ce pays. C’est un relief en creux, constitué d’une multitude de vallées encaissées couvertes de résineux. Le châtaignier est résiduel. Curieusement, délaissé il recule, alors qu’en nos terres armoricaines, il se débrouille plutôt bien tout seul. Selon qu’on va vers le nord ou le sud, l’est ou l’ouest, la végétation change, le chêne vert apparaît et disparaît, la cigale chante ou se tait. On est au portes du « midi » et la région oscille. Néanmoins partout, l’hortensia est bleu ! Alors qu’on gravit les flancs lozériens, tout change. Le schiste sombre laisse place au granit, l’arbre aux landes et aux estives.

Nous faisons escale dans un premier village pour nous fournir en pain (qui sort à l’instant d’un four à bois). C’est l’occasion de voir le premier clocher à jours (celui d’une petite église romane) et les maisons en granit. Elles pourraient bien nous paraître familières ces maisons, mais l’appareillage est différent. On les dirait faites par des géants.

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 IMG_9502Sans tarder, nous nous rendons à Runes, mais avant d’entrer au village, nous nous permettons une escapade à la célèbre et toute proche cascade. Elle est encore bien en eau et le dénivelé est impressionnant (70 m). Et là, je dois confesser que nous fîmes une chose que notre état devrait nous interdire mais seul Dieu en était témoin et il ne vit rien qu’il ne connût déjà. La cascade est prisée des voyageurs, et l’endroit aurait dû être fréquenté. Mais il se trouve qu’à ce moment précis l’immense majorité de la population sacrifiait à un nouveau culte – dont nul n’ignore que je le réprouve – voire à un nouveau dieu de forme ronde. Grâce à cela, il n’y avait, hors nous, pas âme qui vive et nous pûmes nager dans le bassin de la cascade, entièrement dévêtus. Eau froide et revigorante.

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De là, il n’y avait qu’un pas pour rejoindre le village, au pied d’escarpements hérissés de formes plutoniques.

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Enfin libéré de notre mission, j’étais impatient de voir, non loin de là, le Cham des Bondons, petit plateau calcaire en bordure du massif granitique et en face des Causses Méjean. Ce n’était pas tant pour ses menhirs dont on dit qu’il y aurait en ce lieu la plus grande concentration après Carnac (mais tellement disséminés qu’on ne les remarque guère) que pour ces infinis herbeux et ondulant d’où émergent deux puechs marneux dont j’ai longtemps hésité à penser qu’ils étaient l’œuvre de la nature, enfin de notre Seigneur voulais-je dire. Le paysage était aussi particulier et grandiose que je l’imaginais. Nous nous lançâmes à la conquête du plus joli des puechs qui se laissa investir sans regimber. Nous ne vîmes bien sûr pas un chrétien en marche et il soufflait alors une petite brise tiède qui ajoutait au plaisir de déambuler dans ces immensités.

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Posté par karagar à 21:57 - Commentaires [6] - Permalien [#]

AVIS DE DEPART

Nous sommes partis directement après la journée de au travail.

Nous dormons auprès de la rivière Vendée mais ça n'est qu'une escale, demain nous serons vers là :Résultat de recherche d'images pour "cham des bondons"

Ensuite:Résultat de recherche d'images pour "avignon"

Ensuite:Résultat de recherche d'images pour "cathédrale de toulouse"

Ensuite:Résultat de recherche d'images pour "cantal"

A dans trois semaines!

Posté par karagar à 23:31 - Commentaires [4] - Permalien [#]

Auf der einen oder der anderen Seite des Rhein18: FIN DU PERIPLE.

Petit crochet pour voir la mer du Nord. C'est la deuxième fois que je la vois (la précédente en Angleterre, assez loin de là) et je reconnais immédiatement sa couleur jaunasse. Suis un peu difficile sur la couleur de la mer, normal...

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Arrêt minute à Yprès, tristement célèbre. Magnifiques monuments médiévaux remontés après guerre.  La cathédrale m'intrigue. Je ne comprends pas tout de ses influences... normale je débute dans la région...

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Enfin à Lille, nous tombons sur les deux monuments que nous cherchions. C'est pas de la chance ça?

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Posté par karagar à 23:27 - Commentaires [4] - Permalien [#]

Auf der einen oder der anderen Seite des Rhein17: ENTRE LES TOURS....

IMG_4346Nous traversons la Belgique flamande pour aller voir deux monuments nordiques et faisons donc escale en cette ville célèbre. Assez de tours à Bruges pour ne pas devoir aller à Gand...

Une fois de plus, pas d'explications détaillées, Bruges est trop riche et nous ne cherchâmes pas à tout voir.

Je craignais la fréquentation mais ça n'était pas pire qu'en la capitale alsacienne. Néanmoins, ayant choisi de dormir sur place, nous avons pu voir la ville devenir quasiment déserte après 19h00. Tout cela donne une certaine artificialité (malgré l'authenticité historique) au détriment du charme peut-être. C'est néanmoins très beau.

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Musée de l'ancien hopital Saint Jean (musée Memling)

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Autopsie

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La chasse de Sainte Ursule (peintures Hans Memling) où je reconnais Cologne dont nous arrivons (étonnant vu l'éloignement dans le temps)

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Mariage mystique de sainte Catherine

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L'apocalypse

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Posté par karagar à 23:20 - Commentaires [3] - Permalien [#]

Auf der einen oder der anderen Seite des Rhein16: CHAPELLE PALATINE

IMG_4120Il est devenu plus qu'urgent que j'en finisse de ces vacances germaniques ou je risque bien un chevauchement temporel dont ma méconnaissance de la physique quantique me prive d'entrevoir les conséquence sur la révolution solaire...

Donc après Cologne, la dernière étape prévue de longue date était Aix La Chapelle pour y voir l'un des monuments les plus insignes de l'histoire médiévale : la chapelle palatine.

Elle est de plan centré dont il a été beaucoup question tout au long de ces vacances, c'est un lointain avatar (en brûlant beaucoup d'étapes) du mausolée évoqué récemment par Calyste. On pourrait disserter longuement sur la structure de cette édifice qui doit à St Vitale de Ravenne, à l'ornementation antique et carolingienne mêlées.

Au XIVème, on remplace la petite abside carolingienne par une immense abside gothique, bâtie sur les plans d'une autre chapelle prestigieuse bien que vieille d'un siècle seulement : la Saint Chapelle de Saint Louis, édifice phare en Europe. Elle est bien plus haute que cette dernière 32/20m.

Je dirais juste que - est-ce à cause de la foule, du manque de lumière par cette sombre journée, des dorures refaites à l'excès ? - je n'ai pas été emporté par ce monument. Même l'immense "Sainte Chapelle" m'a semblé bien grossière par rapport à son modèle.

 

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STRAIGHT FROM DAETH VALLEY

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AVANT L'ORAGE

Petit tour entre 22h et 22h30 avant l'orage hier soir et après une semaine inouïe, climatiquement parlant.  On a déjà eu aussi chaud, mais sans discontinuer sur une telle longueur de temps, c'est inédit, je crois. Je me rends compte que j'ai "shunté" juin photographiquement parlant, alors que c'est le mois le plus fleuri...

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SATISFACTION : ELOGE DE LA LONGUEUR NECESSAIRE

La patience, j'en ai ou je n'en ai pas. Au volant, j'en suis terriblement dépourvu. Comme à pied, je n'aime pas être entravé, devoir piétiner. Côté jardin, je me surprends à être celui qui professe l'art d'attendre. La nature m'a éduqué.

Parfois, on se dit que les planètes sont alignées pour que telle ou telle chose arrive. J'entends par là - on sait que je suis peu enclin à l'ésotérisme - que les conditions sont réunies. Et on croit s'être trompé à constater qu'elles ne se produisent pas. Et puis un beau jour, on comprend qu'on a tout bonnement manqué de patience. Ça s'est passé récemment. Je m'étais, il y a peu, plaint en ces colonnes, que malgré la proximité de la mer et l'amoncellement de rochers qui caractérise notre jardin, je n'avais pas la chance d'y rencontrer le lézard vert occidental. Récemment, à plusieurs reprises, j'ai entendu un gros bruit de fuite en m'approchant d'un massif. J'ai pensé mulot et compagnie (et campagnol?) Erreur ! L'autre jour, je l'ai vu, sous les feuilles de l'agave, aussi vert que fugace! J'en suis très fier. J'espère que Bibi ne l'a pas vu, car ce chat est un abattoir sur pattes.

Le roman horticole, je le sais a mis a rude épreuve la patience des lecteurs. Plus de 400 pages, des digressions chute libre dans le passé de l'art des jardins... Mais les témoignages de satisfactions ont été au rares que précieux. Deux beaux articles de presse, quelques témoignages verbaux, dont la femme de l'homme qui prétendait vouloir le réécrire à sa façon, me dit un jour, en cachette de son mari, qu'elle l'a lu deux fois. Plus tard, après un reportage sur un jardin écossais vu sur Arte, elle vient me trouver pour me dire qu'elle y a vu le jardin du livre. Et là, j'était tout bonnement heureux, car ce jardin qu'elle avait vu ressemblait vraiment à celui du livre... donner avec les mots à voir les images de ma tête... ma seule vraie ambition littéraire.

Et puis le mois dernier - je n'y pense plus guère, le livre est sorti il y a si longtemps déjà - je vais à Nantes donner une journée de formation et l'une de mes stagiaires (une enseignante de l'école où je me trouvais) sort un beau livre de son sac (consacré un créateur nantais de "folies" jardinesque), me le tend en disant : "On ne fait pas assez de cadeaux aux écrivains. Voici, pour te remercier d'avoir écrit Mi*en*da**ll !" La patience est à double sens...

Longue est aussi la pièce de théâtre récemment créée. 2 heures, montre en main. Moi, j'étais rassuré, je craignais bien pire. Mais le programmateur, le futur spectateur appréhendent... On me pria même de... rogner. Ce que je fis pour des raisons toutes autres. Au final, j'ai eu beaucoup de témoignages m'assurant que le spectacle n'avait pas semblé trop long. Mais j'eus droit à un éloge inattendu de la longueur. Lors d'une fête à Quimper, où j'attendais pour un plateau télé et après avoir un peu galèré pour connaître les horaires et les modalités... du maquillage, je m'accorde un bière à un stand. Le serveur, à moment de la commande, me fait un immense sourire. Bizarre. Au retour, verre en main, il me dit : j'ai vu votre pièce. (Je ne sais toujours pas comment il a su que j'en étais l'auteur...). Non bretonnant, il a suivi le propos grâce au seul surtitrage. Cela m'intéressait au plus au point car c'était le premier témoignage qui me parvenait sur le sujet. Et était enthousiaste. "C'était long, mais il fallait bien cela pour que les idées rentrent.  Ma copine et moi, on a discuté trois jours durant des idées de la pièce."Ouah ! Il était contant le buveur de bière. La longueur, les petits moments d'ennuis même, nécessaires dans une pièce, ai-je récemment entendu dans la bouche d'un metteur en scène de haut vol, pour que le drame prenne plus de puissance, de profondeur... Et puis, faisons nous plaisir, quatre mentions (je les compte, hi!hi!) à mon feu collègue d'outre Manche !

Gortoz pell, gortoz gwell (la longue attente est récompensée) dit le breton, voila que le critique littéraire assez enclin à me casser (mais nous sommes nombreux sur le champ de tir!) fait un billet louangeur sur la dite pièce ! J'ai dû lire deux fois pour chercher le venin ! Point !

Enfin, douze ans c'est long. Et je viens de mettre fin à un long stand-by de 12 ans, et ça n'est pas la moindre des conséquence de la pièce de théâtre ! De la même façon que j'ai arrêté de fumer. Soudaine, comme un déclic accompagné de certitude. Pour les besoins de la pièce, on nous a prêté une petite harpe. (Qui s'avère historique, je le sais depuis peu, car c'est le premier coup d'essai de ce luthier depuis longtemps réputé comme un des meilleurs dans son domaine.) Cette harpe non jouée depuis des décennies, cordée de nylon, n'avait rien  à voir avec l'instrument que je pratiquais, à corde de bronze et correspond à un type d'instrument moderne qui n'est pas mon préféré dans le genre harpe celtique. Longtemps même, c'est un comédien qui la gardait chez lui. Las de l'entendre désaccordée pendant les répets, j'ai demandé à la prendre en charge. J'ai cru un moment qu'elle était irrécupérable et puis, ces instruments sont un peu vivants, elle a de nouveau accepté l'accord et aujourd'hui, s'il l'on excepte ces journées de forte chaleur, elle montre une belle constance. Et puis, il y a eu une rencontre improbable. Moi qui n'aime guère le nylon, je me suis surpris à la mettre tous les jours sur mes genoux. Instrument limité certes, mais léger, "portable" ! J'ai commencé à y prendre plaisir, j'ai même enregistré un morceau qui clôt la pièce. J'utilise à 80 % la technique de la harpe irlandaise (ongle, étouffées etc...) le seule que je connaisse et c'est sans doute cela qui fait que le son me plaît plus que je l'aurais imaginé. Le déclic ça n'est pas que ça. J'ai été surpris dèjà de constater que, si mon répertoire - assez conséquent -  s'est envolé - je ne lis pas la musique, j'avais toujours mes doigts. Que la dextérité donc revenait assez vite malgré la longue coupure et mon âge. J'ai goûté au plaisir d'une harpe portable et aux écartements de corde moins inhumains que ceux de ma grande harpe Go*as/Sti*vell. Mais surtout, et ça s'est venu progressivement, que je n'avais besoin de personne. Que certes je ne lisais pas la musique, mais que je pouvais m'inspirer de quantités de vidéo sur Internet, que je ferais ce que je pourrais, ce qui me plairait, ma cuisine en somme, que je mélangerais les types d'arrangement si ça me chantait, bref que je pourrais me prendre en charge tout seul. Je me suis enfin (harpistiquement parlant j'entends) senti LIBRE.  Ça a pris 12 ans. Je vais peut-être jouer comme un pied mais tant pis. Je le vis vraiment comme un révolution intérieure que je suis seul à voir. J'avais perdu une roue, je l'ai retrouvée. Ça fait comme un sourire en moi à chaque réveil. C'est ma révolution des cinquantièmes rugissants, comme il y en eut une autre précédant les quarantièmes... Je me sens enfin entier. Ni plus ni moins.

Ce soir, j'ai fait un truc énorme. J'ai commandé un harpe historique à caisse creusée, cordes tirées à la main, faite en Irlande, une "reproduction" de  celle du dernier harpise à avoir joué sur métal en Irlande à la fin du XVIIIème, De*nis Hem*pson . Un an d'attente... une petite idée de la destination l'été prochain.

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ALLER ET RETOUR VITE FAIT AUX CARAÏBES

Je croyais la réputation de cet endroit un peu surfaite, mais je dois avouer que c'était inouï...

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Posté par karagar à 00:01 - Commentaires [12] - Permalien [#]