EN ALAN AR MEURVOR

AUX COULEURS DU JAPON

IMG_5512Au jardin botanique de Cornouaille... Je n'en dis pas plus, je vous laisse vous promener...

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KALA GOAÑv

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Nouveau massif en formation...

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Qui me dira ce que c'est...

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Auf der einen oder der anderen Seite des Rhein10 : BALADES VOSGIENNES

IMG_2216 - CopieAssez paradoxalement, c'est dans ce massif que je vis pour la première fois un endroit montagneux - vague souvenir de petite enfance - et pourtant ce sont les montagnes dont je peinais le plus à me représenter l'aspect.

Petite halte pour voir les célèbres tours jumelles de l'abbatiale de Murbach. Le site et l'harmonie extérieure du bâtiment sont un régal pour l'oeil, mais l'essentiel de l'église a été détruit. Le peu qui subsiste de l'intérieur est d'une architecture froide et angulaire qui ne m'a pas du tout séduit. (et dont il me semble que c'est une composante fréquente du roman rhénan, héritier sans doute de la froide monumentalité des églises ottoniennes.)

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Nous filons vers le Grand Ballon, point culminant des Vosges (1424 m), et sur la route, à l'heure du pique-nique, surpris par les 11° ambiants et ventés, j'opte pour l'aire de repos intra-automobile.

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Ce n'est pas le jour de la grande randonnée et nous optons pour un circuit court qui démarre près des chèvres.

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Fleurs et paysages...

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IMG_2244 - CopieEnsuite nous pousserons jusqu'au col de la Schlucht, le fameux endroit où j'étais venu enfant. Je me souvenais de la roche du Diable, site qui m'avait semblé vertigineux. La roche a été creusée pour faire passer la route. De là on voit le minuscule lac naturel de Retournemer et plus loin celui de Longemer, traversés par la tristement célèbre Vologne.

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A proximité, un jardin des plantes montagnardes que nous n'aurons pas le temps de visiter.

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Près du Gazon  du Faing, nous voyons des zones tourbeuses, des étendues de bruyères et de myrtilliers. Et là, que vois-je? Plein de myrtilles (j'en vois si souvent des sans fruit). Nous en ramassons (c'est très fastidieux) de quoi faire une mini confiture le soir qui finira dans les yaourts.

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IMG_2659Quelques jours plus tard, nous ferons une randonnée qui occupera toute notre journée. Départ de la Schlucht pour suivre le sentier des roches. Environnement rocheux et humide à la fois qui n'est pas pour me déplaire. Les mousses partout étalent leur verdeur exquise et tentent mon objectif...

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A l'issue nous arrivons dans une sorte de cirque au pied du Hohneck.

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De là, nous montons au sommet. Le Hohneck est très beau, beaucoup plus montagnard d'aspect que le Grand Ballon bien qu'un peu moins haut.

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Le Grand Ballon vu du Hohneck.

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Arrivé à la maison, le Grand Ballon d'Alsace est toujours en vue, mais il n'est plus le seul ballon d'Alsace...

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RENDEZ VOUS AVEC DEUX GUILLAUMES

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Auf der einen oder der anderen Seite des Rhein9 : L'ORTENBOURG

IMG_2349Petit post pour un gros donjon. C'est le dernier de la série des châteaux-forts. Le seul bâtiment construit en granit (sauf encadrement des baies) des vacances. Je l'ai tout de suite vu... une certaine familiarité.

Celui-ci aussi, j'en connaissais le profil depuis bien longtemps, bien que j'en eusse oublié le nom.  Il faut dire que le donjon de 32 mètres de haut, chemisé sur 17 mètres, fait partie des silhouettes marquantes de l'architecture militaire médiévale.

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A l'intérieur c'est un peu une carcasse vide perchée sur son piton, ce qui ne manque pas de m'évoquer (un peu) Montségur.

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La grande salle est comme à St Ulrich percée de nombreuses fenêtres à lancettes géminées.

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Le Haut Koenigsbourg n'est pas loin.IMG_2315

La cathédrale l'est beaucoup plus (41 km !)  mais elle est parfaitement visible.

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Vignobles et Forêt Noire.

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Les Vosges.

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BARR AVEL

Coup de vent hier qui a bien secoué notre salle de répétition. Mais revenu au bercail le soir, à la faveur d'une belle éclaircie, je retrouve la joie de la chasse aux vagues dont j'ai été privé pour cause de bridge pendant un bon moment...

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Posté par karagar à 19:29 - Commentaires [9] - Permalien [#]

Auf der einen oder der anderen Seite des Rhein 8: Un histoire de calorifère....

IMG_2108 - CopieOn le sait, le Haut Koenigsbourg est le Pierrefonds allemand, tous deux ruines médiévales "réinventées"en château idéal pour exaucer les voeux d'un empereur. Celui-ci est le cadet de Pierrefonds de près d'un demi siècle et toutes les techniques modernes du début du XXème ont été utilisées pour la construction. Je ne connais pas encore la fantaisie de Viollet Le Duc et ne pourrai donc pas comparer.

Nous avons la chance d'y arriver assez tard pour que le gros de la foule ait quitté les lieux tout en ayant du temps pour notre visite qui sera donc tranquille.

C'est assez impressionnant de parcourir une telle forteresse, dans un tel site.

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On pense à Carcassonne pour les murailles "flambant neuves", au Mont Saint Michel pour les rampes d'escaliers entre les remparts. Mais contrairement à ce dernier monument, il manque la patine et l'usure, le souffle des ans peut-être et émotionnellement, il y manque quelque-chose. Mais j'ai été sensible aux pièces meublées dans un style plus proche de mes goûts que ce qu'on peut voir habituellement dans les châteaux.

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Et puis soudain, en entrant dans la grande salle, je l'ai, mon moment d'émotion. Un flash ! Quelque chose me revient en mémoire, un truc de ma vie qui a eu son importance et que je dois à ce château.

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C'est le poële ! Le poële en faïence verte, aux motifs gothiques, qui m'avait fasciné lorsqu'adolescent j'avais vu sa photo. J'en avais été tellement marqué que quelques années plus tard, par un hasard qui m'avait semblé miraculeux, je découvris qu'il existait - à une échelle moindre - des poëles en faïences, gothiques et verts s'il vous plaît, à vendre sur le marché. Ce fut mon moyen de chauffage pendant 13 ans.

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Ce que j'ignorais, c'est que chaque salle du château avait son poële! Un vrai festival. Ce fut bien là le clou de la visite pour moi.

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Ony  voit aussi les vestiges anciens à partir desquels ils ont été reconstitués.

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Posté par karagar à 23:31 - Commentaires [4] - Permalien [#]

MAIN SOUS LA TABLE

Ceux qui fréquentent les réseaux sociaux, même un peu en dilettante comme moi, n'ont pu passer à côté de ce déferlement de témoignages de femmes victimes de harcèlement, propos déplacés et autres désagréments d'ordre sexuel de la part des hommes.

Je regarde ça de loin, car chaque témoignage provoque des contre-attaques tellement affligeantes que ça me fait mal de les lire. J'ai donc assez peu de persévérance en la matière. Ça n'est pas la première fois que je constate ce phénomène de débridage de la "parole" et ça n'est pas ce qui m'effaie le moins dans cette quatrième dimension qui se nomme Internet que ce dégueuli sans entrave morale, sur bien des sujets, qui donne du genre humain, une bien piètre idée. (Et j'observe des personnes amies faire la police dans cette jungle, je trouve qu'il y a de quoi y perdre la santé mentale).

Je n'aime guère le mot-dièse sous lequel ces témoignages paraissent - dans cette langue vulgaire branchouille du moment qui m'agace - mais c'est un détail.

L'essentiel est que toutes ces histoires racontées ou évoquées me laissent, à chaque fois que j'en lis des bribes, abasourdi.  Comme s'il y avait un insoupçonnable morceau d'iceberg immergé. Non que j'ignorais que tout cela existât mais cela donne l'impression - exagérée ? - qu'aucune femme, à un degré ou à une autre n'a pu totalement échapper à cela dans sa vie. Il est vrai que j'ai un peu vécu autrefois "à l'ombre" d'un traumatisme de cet ordre mais je le considérais plus comme un cas particulier que comme un symptôme de la généralité. Bref, ça me tourne dans la tête.

Et les questions sont innombrables. En voici quelques unes : A quoi cela tient-il? Y a -t-il une minorité d'hommes tellement active dans ses agissements qu'elle assombrit l'image de l'ensemble, ou ce type de comportement est-il majoritaire? Pourquoi les femmes - en dehors de situations hiérarchiques - mésestiment-elles leur puissance de réaction?

Soudain m'est revenu en mémoire la seule chose qui me soit arrivée, assimilable à certaines histoires que je lisais. C'était une fête, je chantais -  Fromfrom était assise à côté de moi ! -, et, assis de l'autre côté, le copain d'une de mes élèves, beaucoup plus âgé qu'elle et sans doute passablement éméché. Alors que sa compagne était dans les parages, il met sa main sur ma cuisse et remonte fermement et sans hésitation vers mon entrejambe. Je saisis sa main avec la même fermeté et l'ôte de là. Tout cela en chantant. Personne n'a rien vu. Car c'était là ma pire crainte, que mes élèves s'en rendent compte. Pourquoi a-t-on un peu honte de ce qu'un autre fait? Sans doute le fait que nous ayons été tout deux du même sexe, et que la situation ait été pour moi exceptionnelle, m'a rendu la chose plus risible que traumatisante. Sans doute aussi n'eût-il pas osé en faire autant dans une situation où je n'aurais pas manqué de me défendre un peu plus ouvertement. Mais voici un autre sujet d'interrogation : quel plaisir tire-t-on d'un contact physique dont on voit qu'il répugne à l'autre?

Quoi d'autre? Une fois sifflé (il y a longtemps je vous rassure) par un mec qui était dans un groupe de filles sur une plage dont j'entendis les commentaires (louangeurs) sur ma personne. J'en fus alors flatté. Le siffleur était très beau mec. Est-on alors aussi impartial?

Sur la même plage, un autre, vieux cette fois à mes yeux d'alors, m'aborde en plein midi alors que je suis seul sur ma serviette et me demande si je veux un bon repas au resto ! Je ne doute pas de la façon dont il aurait voulu que je montre ma reconnaissance. Rien de traumatisant, mais ce fut un peu plus troublant de s'imaginer soi-même achetable à si vil prix. 

Voila, c'est tout. Tout le reste est assimilable à de la drague de bon aloi. Mais d'autres hommes pourraient raconter des histoires plus conformes à ce que ces femmes nous racontent, de pression sexuelle dans des situations de hiérarchie professionnelle.  Statistiquement négligeable sans doute...

Ces petites anecdotes me sont revenues pour essayer de mieux de réprésenter ces situations décrites, mais elles ne sont sans doute pas transposables car non sous tendue par la conviction de supériorité d'une sexe sur l'autre, si étrangère à ma façon de voir l'humanité et dont je me rappelle de l'avoir découverte stupéfait, dans les propos de mon frère aîné.

Posté par karagar à 20:45 - Commentaires [13] - Permalien [#]

Auf der einen oder der anderen Seite des Rhein 7

IMG_1808Cette fois nous sommes en Alsace, le doute n'est pas permis.

Après nous être installé dans notre gîte où la langue alsacienne se fait entendre et d'où nous pouvons voir les sommets du Grand et du Petit Ballon, nous voici à Ribeauvillé..

L'Alsace est un pays dont la géographie se saisit d'un seul coup d'oeil. La vallée du Rhin, toute plate, bordée par les Vosges aux sommets habillés de vert sombre et dont les premières pentes sont occupées par le vert clair du vignoble. C'est le long de ce dernier que s'égrennent les célèbres villages dont nous ne visiterons finalement aucun des plus célèbres. Nous ne traversâmes que celui de Ribeauvillé en quête de forteresses. Je pense que ce fut bien ainsi car la fréquentation touristique semblait y être hyperbolique. Je prends conscience alors du caractère très touristique de ces endroits.

Le relief vosgien est le cadre idéal pour une succession de vigies médiévales, des châteaux forts pour beaucoup en ruine dont j'avais presque oublié l'existence jusqu'à la préparation de ce voyage. Ils avaient pourtant pas mal occupé mon esprit à mon adolescence avant qu'ils aient disparu de ma tête. Il y a là en effet quelques constructions prestigieuses et fiers donjons.

Je sélectionnai les deux plus belles ruines et un troisième château en... meilleur état.

Notre première ballade fut donc dédiée aux châteaux de Ribeauvillé.

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Pour les atteindre il fut traverser le  village éponyme, qui bien que ne faisant pas partie de la top list des villages à voir, me semble déjà riche en habitat ancien.

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Une fois quitté le village, l'ascention se fait au travers des vignes jusqu'à la lisière de la forêt.

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Les châteaux sont au nombre de trois, qui occupent chacun une altitude différente.

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L'un d'entre eux, dit de Saint Ulrich, dont le vrai nom est Grand-Ribeaupierre (francisation de Rappolstein) est un fier ensemble, relativement ancien puisque le donjon date du XIIème, la grande salle aux remarquables arcatures encore romanes du XIIIème, d'autres éléments sont ajoutés du XIVème au XVème.

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IMG_1872Nous n'irons pas voir le plus haut des trois et qui est aussi celui dont les vestiges sont les plus ténus, mais le voisin, le Girsberg, que voici vu du Grand-Ribeaupierre.

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Auf der einen oder der anderen Seite des Rhein 6 : FREIBURG

 IMG_1720 Strasbourg fut une escapade lors de notre séjour en Forêt Noire. Mais cette fois nous quittons définitivement le massif pour traverser la plaine d'Alsace et rejoindre, aux confins de celle-ci, les montagnes vosgiennes.

Notre route coupera Freiburg et sillonnera la partie sud du Schwartzwald, qui est aussi la plus élevée.

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Notre seule vraie halte sera pour la belle cascade de Todtnau.

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A Freiburg, ville presque entièrement détruite, le point de mire est, on ne s'en étonnera pas, la cathédrale. On sera plus surpris de savoir que cette grande bête n'est cathédrale que depuis le XIXème siècle et qu'elle n'était auparavant, qu'église paroissiale.

Je m'engage un peu en terre inconnue même si la silhouette m'en est bien connue. J'ai trouvé assez peu de documentation sur la cathédrale et je suis mal préparé à ce que je vais voir.

IMG_1718 Sauf pour la tour. La tour de Freiburg, considérée parfois comme la plus belle de la chrétienté, fait partie de la même famille que celle de Strasbourg et celles de Cologne dont elle est très proche. Sans doute s'inspire-t-elle même de celles Cologne mais sur plan, car elles ne seront montées qu'au XIXème. (C'est la même histoire que les flèches de Quimper et celle de Pont Croix). Elle est même la seule grande tour de style gothique germanique avec Strasbourg achevée au Moyen-Âge. Mais ce type de flèche a inspiré... Burgos !

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Mais hélas, la belle est gâtée par les échafaudages!

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 IMG_1556Je retrouve, comme à Strasbourg, le beau soin ornemental apporté à l'extérieur de l'édifice, peuplé de gargouilles, et de grandes statues en pied, agrémenté de beaux fenestrages et balustrades aux dessins festonnés variés et inventifs. Déjà, se profile une chronologie: un transept roman tardif et ses deux tourelles à l'allemande, une nef avec des éléments très français, Saint Denis, encore, mais je vois aussi des détails du transept de Notre Dame de Paris, une tour gothique germanique à maturité, un choeur flamboyant.

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A l'intérieur, l'impression se confirme, les bas-côtés et leur arcature, les piles de la nef, tout cela fleure bon Saint Denis, via Strasbourg sans doute.

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Mais dès que le regard s'élève, tout change, le mur est plein, sans à-jours, et les fenêtres, reléguées aux lunettes de la voûte ou presque, sont très modestes. D'ailleurs, la cathédrale, très sombre, pâtit - à mon sens - de ce choix. Ce parti n'est pas unique, je sais qu'on le retrouve dans la cathédrale géante d'Ulm et en d'autres endroits des pays germaniques. Qu'est ce qui a produit ce nouveau choix si divergeant du modèle dionysien? Est-il apparu ici? Voilà les questions sans réponses que me laisse cet édifice.

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Le choeur est lui en gothique tardif germanique. Le déambulatoire était payant.

 

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IMG_1616Malgré de beaux éléments, je peine à me laisser emporter, l'obscurité, la foule donne un côté étriqué à ce vaisseau.

Mais deux belles surprises néanmoins m'y attendent.

Une série de vitraux du XIVème archaïsants dans les bas-côtés:

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Et un portail de la fin du XIIIème, dont la polychromie a été maintenue au fil des siècles (dernière intervention en 2004!), aidée sans doute par le fait qu'il est abrité sous un porche, comme en Bretagne. C'est la première fois que je vois un grand portail gothique"à la française" peint, comme ils devaient l'être à l'origine. C'est assez frappant et les scénettes paraissent encore plus nombreuses. Hélas, des fils tendus altéraient la vue, et les photos....

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 Le tympan associe un Jugement Dernier et des scènes de la Vie de Jésus.

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Auf der einen oder der anderen Seite des Rhein 5 : STRASBOURG 2 : à travers la ville

IMG_1141 Évidemment, Strasbourg fut aussi l'objet d'une balade au travers de ses rues, le long de ses quais et elle ne manque pas de charme ni de quoi attraper l'oeil en tout coin. L'engorgement touristique, auquel nous participions, et le caractère un peu attendu que tout ce que nous allions voir, gâtaient un peu la chose.

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Pas question de  visiter toutes les églises, et le hasard fut que nous entrâmes dans la plus intéressante d'entre elles, l'église luthérienne Saint Thomas. Édifice presqu'entièrement gothique mais composite, sa nef offre la particularité d'être la seule église-halle (5 nefs de même hauteur) d'Alsace (XIVème), alors qu'elles sont légions en Allemagne. Je connais bien sûr ce dispositif depuis longtemps mais j'ai pu en mesurer l'effet pour la première fois. Une fois de plus c'est beaucoup plus prenant que les photos ne peuvent le laisser imaginer.  (C'est assez différent des nefs aveugles bretonnes, la seule chose (vaguement) approchante est le choeur de N.D. de Bon Secours à Guingamp).

L'orgue de 1740 s'enorgeuillit d'avoir été utilisé par W. A. Mozart en 1778.

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 IMG_1225La suite montre le quartier des Tanneurs, de la Petite France (= de la syphilis), jusqu'aux pont fortifiés, dits Ponts Couverts, bien qu'ils ne le soient plus (XIIIème).

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IMG_1247 Assez remarquable également, l'église Saint Pierre Le Jeune, protestante, avec son jubé et ses fresques du XIV ème, mais le temps et la capacité d'absorbtion me manquaient. Je n'ai même pas vu qu'il avait un cloître.

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Avant que les pieds ne demandent grâce, nous poussons jusqu'à la Neustadt impériale où dans jardin public trônaient quatre ginkgos d'une taille inédite pour moi.

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DISKAR AMZER - AUTOMNE

Le tout début d'automne est un petit printemps à mes yeux avec cette explosion de fleurs très colorées et cette impression de regain de vitalité des plantes avant l'hibernation...

Petit tour au jardin avec la star du moment, les asters qui sont à septembre ce que les azalées sont à avril...

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Posté par karagar à 12:45 - Commentaires [6] - Permalien [#]

Auf der einen oder der anderen Seite des Rhein 4 : STRASBOURG 1 : La cathédrale.

IMG_1300 Il est difficile de parler de la cathédrale de Strasbourg avec la même fraîcheur virginale que de celle de Metz tant sa silhouette est connue, même des profanes. Il semble que ce soit la seconde cathédrale la plus visitée de France après celle de Paris. L'origine de ce succès? Sa façade gigantesque sans doute (la plus haute façade médiévale), son horloge astronomique peut-être aussi. Car son modèle intérieur, la basilique de Saint Denis où était né l'art rayonnant, dont elle reproduit assez fidèlement les traits, est loin de connaître le même succès - il est vrai que la ville environnante n'a pas les charmes de la capitale alsacienne - encore que le chantier pédagogique de reconstruction de la tour dionysienne risque peut-être changer la donne.

La cathédrale est un édifice très composite, avec:

un choeur encore roman

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un transept gothique primitif qui a des dispositions très originales (pilier central) dont je situe mal l'origine pour l'instant,

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une nef de style rayonnant français

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 un grand massif occidental enfin, lui-même résultat de multiples campagnes de constructions et repentirs entre la fin du XIII et la fin du XVème et où s'affirme au fil du temps et de son émancipation, un style assez caractéristique du monde germanique.

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Et au fond, assez fidèlement à ce qu'elle est, l'impression qu'il m'en reste est aussi composite. Je suis allé voir Strasbourg avec plus de curiosité que de conviction préconçue. Voici un peu pèle-mêle, les réflexions que je me suis faites.

Il est assez peu commun de voir une grande nef gothique donner sur un choeur roman. L'inverse est plus fréquent et il y a même de prestigieux exemples : la belle nef romane du Mont Saint Michel ouvrant sur le choeur flamboyant de l'abbatiale, la nef protogothique mancelle prolongée par un des choeurs les plus élégants de toute l'architecture ogivale, l'obscure nef de Redon éblouie par le seul choeur rayonnant de Bretagne et j'en oublie sans doute. Cette combinaison, bien-sûr due aux aléas de l'histoire, m'a toujours séduit. Il semble aller de soi que la progression vers le sanctuaire se fasse du plus sombre au plus lumineux, du plus ramassé au plus élancé. Je redoutais un peu la configuration de Strasbourg ayant toujours considéré qu'aucune abside romane n'avait jamais été vraiment convaincante. Eh bien, cela m'a plutôt séduit, et j'en suis venu à la conclusion que j'aimais le choc des deux styles, dans un sens ou dans l'autre et l'impression n'était guère différente de celle - saisissante - qu'on ressent en entrant dans la cathédrale de Tréguier par le transept sud, élancé et très éclairé, et que le regard bute sur les arcades romanes de la tour Hasting, au nord. Par contre, l'absence de déambulatoire, qui bloque la progression au delà transept et entrave la circulation, ma cause une frustration.

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 IMG_1015Dans le même ordre d'idée, j'aurais volontiers imaginé que l'extrême largeur d'une nef gothique aurait nui à sa verticalité et donc à son charme. Pensez, la nef de Strasbourg est large de 16 m, autant que Chartres certes qui est elle même un phénomène en la matière, mais cette dernière est plus haute. La hauteur est ici de 32m, le ratio est facile à calculer. Cette largeur inaccoutumées a les mêmes origines que Chartres, la réutilisation des fondations d'un large édifice antérieur. J'avais noté la même chose à Metz, mais avec 42 m sous voûte, cela sautait moins aux yeux. Eh bien, une fois de plus, ce fut une bonne surprise, l'architecture dionysienne délicate (j'ai l'impression que les retombées sont quand même moins gracile à Strasbourg, mais je dois vérifier) s'acommode finalement bien de ces proportions inédites.

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Il faut signaler des chapelles du XIVème tardif, qui par leur style, nous font loucher vers Prague...

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Un autre détail est à mettre au crédit de la cathédrale, la couleur de sa pierre. Metz était d'ocre jaune, Strabourg est d'ocre rouge (rose, dit-on). Les calcaires du bassin parisien dont sont faites tant de cathédrales paraissent bien blafard parfoi, surtout sous un ciel gris. Le grès des Vosges, sans conteste, ajoute un rehaut à la dentelle de l'architecture.

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Dentelle, le terme est galvaudé, mais force est d'admettre, qu'il s'impose pour parler de la grande façade, très festonnée et in-dentée et même, sur une bonne partie, dédoublée d'un réseau d'interminables colonnettes dites - et le terme semble avoir été inventé rien que pour Strasbourg - harpées. Et il est vrai qu'on se prend de l'envie d'y faire glisser ses doigts. Cette façade, on a mis très longtemps à la construire et elle illustre au mieux à quelle point l'art germanique, longtemps rétif au gothique, s'empare soudain des gracilités du rayonnant, pour développer à l'extérieur des églises un parti pris décoratif unique, qu'on pourrait parfois trouver excessif, mais dont les formes sont toujours d'une grande élégance. Voyez comment ce faisceau de pinacles jeté au dessus du grand portail, semble vouloir prolonger au devant de la grande rose, le dédoublement diaphane de la façade. On notera que cette façade est sans vrai rapport avec l'église qu'elle précède. Un narthex IMG_1098bien plus haut que la nef, permet d'exhausser la rose à des hauteurs amienoises, plus en rapport avec l'ambition du massif occidental.

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Ce dédoublement apparaît aux historiens comme une étape dans l'architecute gothique. Strasbourg devient un chantier moteur des évolution stylistiques après avoir copié l'opus francigenum. Eh bien, malgré une foultitude de détails exquis, malgré une hauteur vertigineuse inégalée, la façade de Strasbourg, parce que le plan d'origine a plusieurs été modifié sans doute, m'apparaît comme un empilement mal proportionné. En détailler les raisons prendrait trop de place ici, je vous laisse comparer le plan B d'Erwin von Steinbach (1), projet initial, et un dessin de la façade actuelle avec une deuxième flèche (2)

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Le sommet de la flèche ne m'a jamais ravi mais je dois reconnaître que ce génial empilement donne du fil à retorde à l'analyse.

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Concernant la sculpture, le portail du transept sud, le plus ancien, était invisible. Ceux de l'ouest, dont certaines statues sont très célèbres (le tentateur et les vierges folles, l'église et la synagogue) datent de la fin du XIIIème ou début XIV ème (?) et sont d'un style qui a déjà beaucoup évolué par rapport aux portails classiques dont is s'inspirent (Paris, Reims, Amiens...). On voit les corps s'incarner de plus en plus, et un relatif réalisme envahir les saynètes. Cela donne une certaine truculence à cette statuaire abondante mais concernant les statues en pied, cette agitation et ces déhanchements me font regretter  la monumentale sobriété de leur aînées.

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Plus anciennes, car datant de  la fin de la première campagne gothique (transept sud), sont les célèbrissimes statues du pilier des anges, dont le style est originaire de l'Île de France, mais dont la nécessaire adaptation au support a modifié certains paramètres esthétiques.

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Plus trivialement, je ne suis pas sûr d'avoir totalement goûté aux charmes de la cathédrale, à cause de la foule. La foule à l'extérieur, bruyante, parasitant un plenum inespéré des cloches (le plus bel ensemble campanaire de France quand même), la foule à l'intérieur surtout et, pire encore, le parcours obligé, balisé de barrières, imposant les angles de vues, le sens de la visite, interdisant toute flânerie et déambulation aléatoire. Au micro, comme dans les églises italiennes, une voix rappelant la consigne de silence régulièrement, avec raison sans doute, mais avec une hargne qui annihilait le peu de sérénité résiduelle dans le grand vaisseau.

Nous revenons en toute fin d'après midi pour faire l'ascention de la façade alors que la foule s'étiole. C'est la seule façon d'en profiter.

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La cathédrale partage avec St Pierre de Rome la fait d'avoir une petite maison au sommet.

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Sans titreL'ajourement virtuose du gothique germanique fait des escaliers, habituellement éclairés d'étroites meurtrières, de vraies cages de pierre.

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On mesure de là aussi, l'élongation extrême des colonnettes et la profusion des pinacles...

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D'en haut je vois ce sommet de la Forêt Noire d'où j'avais pris la photo de la cathédrale au loin !

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Après dîner, nous revenons pour le spectacle de mise en lumière de la cathédrale.

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JARDIN ET FLEURS

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PARADIS NORDIQUES

Cet après-midi sont arrivés les nuages et le thermomètre a chuté de 10° en quelques petites heure.

Mais jusqu'à hier encore, visites quotidiennes aux criques de la côte Nord, dont celle de Kerisit très difficile d'accès (un lit de cascade presque asséchée par l'été), eaux limpides, nage de plus en plus aventureuse, un ailleurs à portée de main...

Penharn

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Auf der einen oder der anderen Seite des Rhein 3 : SCHWARTZWALD

IMG_1532 Nous arrivâmes dans un village de la Forêt Noire en fin de journée après avoir traversé le Rhin à Kehl, sur un pont dont j'avais tant entendu le nom que je l'imaginais joli, au bout d'une longue avenue qui aurait mené majestueusement de la cathédrale strasbourgeoise en Allemagne. Quelle déception !

IMG_0717 A la pension des Trois Sapins, l'accueil fut lui aussi pour le moins inattendu. Après que Vladimir avait décliné son identité, notre hôtesse fit mine de ne pas nous connaître et après avoir trouvé trace des échanges internautiques qu'elle avait eu avec lui, elle déclara que leur "conversation" par mails interposés n'avait pas assez duré pour qu'elle ait considéré la réservation comme sûre. Je me voyais déjà devoir chercher un autre hébergement, lorsque nous comprimes qu'il restait malgré tout de la place. (Sur huit chambres, une seule était alors occupée en réalité, ce que nous déduisîmes plus tard!). Le formalisme de notre hôtesse fut encore mis à rude épreuve, lorsque Vladimir se montra incapable de fournir une pièce d'identité - j'avais eu la mauvaise idée de lui offrir un nouveau portefeuille récemment... - et baragouina une excuse alambiquée tout autant que peu convaincante sur son changement de nationalité.

Une fois installés dans notre chambre vaste et spartiate, qui avait à mon goût quelques relents hospitaliers (ou conventuels), nous lûmes la brochure d'accueil où il était spécifié que le dimanche étant jour du seigneur et de la famille, les chambres ne seraient pas faites. C'est alors que nous remarquâmes la forte abondance d'images pieuses dans toute la pension. Autant dire qu'une certaine inquiétude était alors montée en nous.

Eh bien, ces craintes se dissipèrent, et à part l'angélus bien matinal sonné sur des cloches successives et vraiment tonitruantes (ah la qualité allemande !), rien ne troubla notre séjour et notre hôtesse s'avéra fort prévenante.

Pas d'églises (à part la virée strasbourgeoise) au programme, rien que des balades, dont deux circuits qui démarraient à proximité de notre maison et nous permirent de délaisser enfin la voiture, qui pour nous satisfaire pleinement pouvait un peu se faire désirer après les kilomètres alignés. 

IMG_0662 Voici pèle-mêle des images des paysages environnants, caractérisés par des forêts immenses, où, au dessus des hêtres, les sapins dominent jusqu'au sommet. De grands herbages d'une verdeur quasi irlandaise y font de magnifiques trouées.

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  Grand amoureux des arbres, je n'ai jamais été très fan des sapins et autres épicéas. Mais je dois dire que ceux que nous vîmes là bas étaient d'une telle majesté, d'une hauteur cathédralienne, que je révisai un peu mes a priori.

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 IMG_0677 L'omniprésence du bois, des scieries, de son odeur a été quelque-chose qui m'a également beaucoup plu. Le long des promenades se trouvaient différents objets et sculptures, pas toujours du meilleur goût, taillés dans des morceaux de bois restés sur place ou des souches.

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 IMG_0619 Plus charmant, au long des sentiers, des bars self-service, où des boissons locales, alcoolisées ou non, sont proposées, réfrigérées par des circuits d'eau fraîche détournée des ruisseaux de la montagne.

 

 

 

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La photo de notre pension donne une idée de l'habitat. L'architecture est traditionnelle mais tout est tellement pourléché, propret, géraniumé à outrance, qu'on peine à distinguer le bâti ancien du neuf et que tous ces villages sans verrues et où rien ne dépasse me laissèrent de marbre.

 IMG_0804 Un jour, nous reprîmes la voiture pour un itinéraire qui nous mena à la cascade d'Allerheiligen en sept paliers, que l'on peut longer sur toute sa hauteur grâce à des escaliers.

En haut se trouve une ancienne abbaye ruinée dans laquelle était dressée une scène de théâtre où on avait eu le mauvais goût d'installer un décor moyenâgeux de pacotille qui jurait avec les vrais vestiges...

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 IMG_0887 De là nous nous rendîmes au Mummelsee, seul endroit touristiquement surfait des environs, où je m'improvisai capitaine de pédalo (un baptême!).

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Un sentier menait au sommet du Hornisgrinde, point culminant du nord du massif (1164 m), où se dressent plusieurs tours d'observation, dont la tour Bismarck, et une éolienne typique des éoliennes allemandes (très haute et base peinte en vert).

 

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Du haut de cette dernière on pouvait voir le Rhin et la cathédrale de Strasbourg, distante de 33 km.

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IMG_0845 Un moment, je perdis Vladimir, pouvez-vous m'aider à le retrouver?

Bruyères et myrtilles.

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Folie d'épilobes... 

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Petites distractions cornusiennes (il a vu certaines en vrai...)

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Nous étions alors tout proches de Baden Baden, où nous primes notre dîner....

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Auf der einen oder der anderen Seite des Rhein 2 : METZ ET SA CATHEDRALE

IMG_0486bis Pendant longtemps Metz ne fut, à mes yeux, comme bien des villes de France je dois dire, qu'une cathédrale. Elle en était ce que le visage est à l'ensemble du corps humain. Mais je dois confesser qu'à part cet édifice hors pair, la ville ne me tentait guère et j'imaginais volontiers l'église géante se dresser au dessus d'un ensemble sans charme, à l'instar de Notre Dame d'Amiens, la belle aux yeux gris, dont Saint Etienne est l'outsider insoupçonné.

Ce fut jusqu'à ce que j'entende la douce voix du regretté Jean-Marie Pelt vanter les charmes de sa ville natale (qui est celle de Verlaine aussi). Cela suffit  à me la rendre désirable. Et en vérité, baignée d'une chaleur quasi méridionale, elle m'apparut fidèle aux dires du botaniste.

Saint Etienne, ça n'est pas rien. Il me reste bien sûr, malgré mes voyages sur les traces du gothique, bien des cathédrales à découvrir, qui me réservent autant de surprises, mais Saint Etienne c'était la dernière qu'il me restait à voir de mon panthéon personnel. Et la curiosité - le mot est faible, Vladimir peut témoigner de mon état nerveux quand je parcours les derniers mètres qui me séparent d'une cathédrale inconnue - était d'autant plus grande qu'elle ne figure pas au panthéon "classique". (absence de grande façade et donc d'une grande programme sculptural? construction étirée dans le temps?) Car depuis mon enfance, chaque fois que je vois une photo du vaisseau messin je suis frappé par les singularités qui la séparent de ses grands modèles mais saisi aussi par sa majesté. Alors?

Il en est des cathédrales - et je sais cela depuis bien longtemps - comme des gens. Certaines sont photogéniques, d'autres ne le sont pas. Je ne me suis jamais vraiment remis de ma déception à Coutances - une de celles sur lesquelles je misais le plus -  dont je continue à savourer les représentations. Combien d'autres à l'inverse m'ont pris au dépourvu dans l'art de la séduction, au delà de toute attente, comme les cathédrales anglaises dans leur globalité.

 

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 IMG_0449 Alors? Et bien ce fut un ravissement total! Et ce que je vis était fidèle à la représentation que les images avaient permis de m'en faire. Le grand vaisseau m'enveloppa de cette sensation que seules les plus belles réalisations du gothique me procurent, d'être dans un espace régi par ses propres lois, aérien et vibrant.

Il y avait bien sûr la hauteur, proche d'Amiens, mais avec une plus grande largeur elle semblait moins verticale sans pour autant, et ça je ne l'explique pas, perdre de son élan. Une sorte de générosité dans le gigantisme. Cette largeur innacoutumée, elle la partage avec Strasbourg et pour les mêmes raison : traditions architecturales de l'Empire.

Le rapport hauteur largeur est loin d'être la seule variable, faute de quoi l'écriture architecturale serait bien limitée dans son expression. Metz cumule un certain nombre de singularités. On notera une retombée des voûtes bien basse, d'où ce caractère enveloppant, j'ai envie de dire maternant, du couvrement.

coupe Mais plus essentiel est le rapport des trois étages. Le bas côté - et donc les arcades sur piles - est vraiment très bas. Ce qui laisse un espace réellement démesuré au triforium et à la claire-voie. Le triforium étant vitré (les travaux datent d'après 1240) l'étage clair occupe les deux tiers de la cathédrale. Si l'on associe à cela le fait que les façades des transepts sont elles aussi vitrées presque de haut en bas (ayant sans doute les plus grand fenestrages gothiques du monde) on obtient la plus grande surface de vitraux du Moyen-Âge! D'où ce joli surnom qu'elle porte de lanterne de Dieu.

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Cette combinaison de particularités n'est pas le fruit d'un projet cohérent mais bien le résultat d'une histoire mouvementée. Si les piles sont si basses, c'est que la cathédrale avait été conçue plus modeste et selon un schéma différent. C'est lors que la seconde campagne de construction que le projet fut revu à la hausse (au sens propre!) et révisé stylitiquement aussi, emporté qu'il fut dans le tourbillon du conquérant gothique rayonnant français. Les voûtes ne sont posées qu'au XIV ème siècle. Ce surhaussement explique sans doute la corniche au dessous du triforium (pour épaissir l'assise), et aussi le bandeau inhabituel de drapés et de feuillage au bas des fenêtres (pour gagner encore de la hauteur murale). Bref, ce magnifique effet résulte de bien des contingences...

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Une autre bizarrerie est l'emplacement des tours. Il m'a fallu fort longtemps pour comprendre cette affaire. La partie ouest de la cathédrale était une autre église (Notre Dame) et les tours s'élèvent là où s'arrêtait la cathédrale proprement dite. Mais ce second édifice a été intégré si parfaitement à l'église épiscopale qu'on a peine à imaginer qu'elle furent deux, qu'une cloison les séparait et que le sol avait un niveau différent. Plus curieux encore, cette Notre Dame était ronde et son axe était perpendiculaire à celui de Saint Etienne. Là vous n'y comprenez plus rien, mais grâce à un passionné de la cathédrale qui tient un blog, je peux vous montrer ceci :

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Quelques traces témoignent de l'intégration de Notre Dame la Ronde: les quatre piles rondes des premières travées, le choeur susistant de l'ancienne église ronde qui semble "éventrer " le bas côte de la cathédrale, le porche sud en lèger biais et le porche nord qui est l'entrée principale de l'ancienne Notre Dame.

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Pour tous ceux qui s'y perdent voici une petite animation, tirée du même blog, retraçant l'évolution du chantier au XIIIème.

Par un curieux concours de circonstances (à moins que mon inconscient n'ait guidé mes choix de destinations) le thème des églises rondes va me poursuivre durant tout le voyage, ce qui statistiquement, quand on court les églises gothiques, a peu de chance d'arriver et pourtant...

Les parties orientales sont plus tardives (fin du Moyen-âge) mais les bâtisseurs ont tâché à ne pas compromettre l'unité de l'ensemble en sacrifiant à la mode du temps. Des détails trahissent la période flamboyante, comme la voûte ou la transformation de la frise sous les fenêtres, déjà évoquée, en d'autres motifs. Cet art de changer sans en avoir l'air est très médiéval et m'a fait inévitablement penser à Quimper (dans le rapport de temps inverse entre nef et sanctuaire).

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Deux particularités de ce choeur contribuent à l'aspect général intérieur : 1/ l'abside est à trois pans (comme en Bretagne) d'où un rond point partagé entre trois grandes baies au lieu des cinq ou sept du gothique classique, 2/ le choeur est très peu profond, selon la tradition qui prévaut dans l'Empire jusqu'alors et à l'inverse du gothique français: cela a pour effet de créer visuellement un espace presque indifférencié entre choeur et transept et quand on se tient à la croisée l'oeil balaye d'un coup l'ensemble de l'abside et des croisillons (surtout leurs immenses verrières) et l'effet cage de lumière est à son comble.

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Au nord de la cathédrale se trouvent deux portails (les autres sont néo-gothiques) dont l'un était la porte avant de N.D. La Ronde. Si les grandes statues en pieds ont disparu, les soubassements sont entièrement sculptés de saynètes dont d'incroyables bestiaires mêlant animaux réels, humains et chimères...

 

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Cette impressionnante surface (plus de 6600 m2, dépasse mon jardin !!) vitrée a donné du travail aux artistes de tout temps, de Hermann de Munster (XIVème)

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à Chagall, plus près de nous.

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IMG_0371 Même en l'absence d'une façade harmonique (les tours sont grandes mais peu aux proportions de la cathédrale géante), l'extérieur est d'une grande beauté, et sa belle pierre à la couleur chaude n'y est pas pour rien. La tour sud dit de la Mutte est le beffroi de la ville et n'a jamais appartenu à la cathédrale. Son bourdon s'est tu après avoir sonné l'armistice de la Grande Guerre jusqu'en 2015 car ses vibrations mettaient la flèche en danger. De là à dire que la Mutte a été muette...

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IMG_0257 Elle se reflète dans la Moselle, que nous retrouveront bien plus tard pour une autre cathédrale.

J'ai découvert les cathédrales, étant enfant, en noir et blanc. Non que je sois si vieux que ça, mais je récupérais des images d'ouvrages anciens, et les livres d'histoire de l'art montraient encore de ces belles héliogravures en noir et blanc. J'en ai gardé le goût. Metz fait partie de celles dont j'ai tout de suite pensé que le monochrome leur siérait.

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Il y a d'autres églises à Metz dont une importante abbaye gothique, qui hélas était fermée (qui a dit ouf ?).

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Je n'ai pas vu de maisons médiévales mais été impressionné par le quartier impérial du deuxième Reich dont les bâtiments sont d'une architecture très spécifique. (Néo Moyen-âge germanique fantasmé...)

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La ville de J.M. Pelt met les plantes à l'honneur un peu partout, notamment dans cette exposition de villes futuristes végétalisées.

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J'ai aimé l'acérolienne (j'ai inventé le nom).

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Avant de quitter la ville, le lendemain, nous allâmes jeter un oeil à la porte des Allemands, châtelet fortifié médiéval (XIII-XVème) avec espace intérieur assez unique. 

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Nous quittâmes  Metz avec une autre (beaucoup plus) célèbre cathédrale en ligne de mire, mais de même qu'entre deux verres de bon vin, il faut se rincer la bouche, nous fîmes un pause pour les yeux outre Rhin.

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Auf der einen oder der anderen Seite des Rhein 1 : LA VIEILLE VALISE

 IMG_0156 L'itinéraire est en zig-zag - tro-didro pourrait-on dire - et aucun tour opérateur n'aurait sans doute conçu pareil circuit qui va, puis se dédit comme sous l'effet d'un repentir soudain, et qui au final trace sa route et trouve sa cohérence. C'est qu'il est le résultat d'un rapiéçage, avec ses étapes décidées à la dernière minute, celles qui se réduisent comme une peau de chagrin où d'autres encore qui à force d'être repoussées en viennent à disparaître, comme cette escale parisienne qui d'incipit fut reléguée au rôle de post scriptum pour finalement ne pas figurer à l'index.

La première de ces étapes, sur la route de la Lorraine, inconnue parmi les inconnues, nous emporte à 850 km de P., après une interminable traversée, de greniers à blé en greniers à blé. Là bas, auprès du cours supérieur d'un célèbre affluent de la Seine, je traque ma mémoire.

Je m'apprête à retrouver, le lendemain, un endroit que je n'ai pas vu depuis près de 45 ans. Dont j'ai pourtant des images, et surtout une géographie dirais-je, assez précise. Qu'en sera-t-il lors de cette confrontation? Le calque du souvenir va-t-il se placer exactement sur la silhouette du réel?

 IMG_0095 En attendant, nous arrivons pour l'heure du dîner, au Val des Orchidées. Une vingtaine d'espèces y prospèrent dit-on. Ce sera sans doute notre plus belle arrivée dans un hébergement. La maison est en pleine nature, jouxtant étang et rivière, au sein d'un vaste terrain où la tondeuse a tracé des allées qui serpentent et délimitent de grands massifs. N'y poussent que des plantes sauvages luxuriantes. Un vrai jardin pourtant mais sans qu'on y ait planté quoi que ce soit. Je suis charmé. Nous nous y perdons à la tombée de la nuit avec délectation. Mais des nombreuses espèces d'orchidées, une seule est encore en fleur.

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Il règne là un rare parti-pris de symbiose avec la nature qui fait que chaque année, au printemps, on ouvre les fenêtres pour laisser les hirondelles retrouver leur nid. Elles pondent à même les poutres du salon. Il y a plusieurs nids là où nous prenons notre petit déjeuner. Des installations protègent nos têtes des déjections et à certain moment les piaillements sont assourdissants.Voila comment vivre un moment unique auprès d'animaux des plus communs. Dans la salle d'à côté, et au long de l'immense terrasse couverte qui domine le domaine, sont exposés les tableaux un peu étranges d'une artiste polonaise.

Le lendemain, nous partons vers le village où vécut ma grand-mère maternelle. La mémoire est étrange. Je conduis sans l'aide de la carte. Je trouve même un raccourci. Passant devant une grille, je freine. Un  nom me vient en tête : le val des écoliers. Et aussitôt, un écriteau me le confirme. Combien de fois ai-je pu passé là dans mon enfance? Très peu. Je suis surpris qu'il me soit si familier, au point de le reconnaître du premier coup d'oeil. 45 ans, c'est long pour un pays où je n'ai séjourné tout au plus qu'une semaine par an. Enfin nous arrivons au village, ayant dû suivre une déviation. Le fameux pont-levant sur le canal menaçait ruine et a été enlevé.

IMG_0138 Une fois à pied, je sais m'orienter, je retrouve les ruelles. Ma mémoire géographique ne me fait pas défaut. Mais qu'en est-il de la mémoire sensible? C'est étrange, tout me parait plus beau, plus coloré, les maisons, la rivière, le déversoir, le pont, même le relief me semble plus accidenté que dans ma mémoire. Ne dit-on pas l'inverse, que le regard enfantin rehausse la réalité de l'or de son émerveillement?

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Ou alors, l'acharnement de ma mère à dénigrer cet endroit ne m'avait-t-il pas, à posteriori, convaincu?

Car elle ne venait pas ici de gaieté de coeur. A la vue du double portail en plein cintre du grand domaine voisin, dont l'apparition annonçait l'imminence de l'arrivée chez ma grand-mère, j'ai ré-entendu les soupirs de ma mère...

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Malgré cela, cette maison, sans confort moderne, a façonné irrémédiablement mon imaginaire, l'a marqué d'une empreinte qui ressemble à un délicieux frisson. Dans mes premières années, je ne percevais guère que ma mère y souffrait et je n'ai retenu de ces séjours que le goût inimitable des tomates et des saucisses, les histoires à dormir debout de la vieille, de pas d'ours dans la neige et de souterrains remplis de squelettes.

En arrivant aux abords de la maison - une rampe bien raide qui monte de la rue - ce qui me surprend le plus c'est la réserve de bois. Bien qu'elle ait changé d'aspect, elle n'a pas bougé de place. Cette permanence du plus aléatoire des détails me fait l'effet d'un sas temporel. Comme si quelque chose avait pu perdurer, une trace insoupçonnée.

IMG_0144 Nous nous tenons devant le portillon de bois qui désormais sépare la cour de la rampe. Je repère les nombreux changements, détaille à Vladimir les dispositions anciennes quand un chien vient aboyer qui fait sortir l'habitant des lieux. Je m'excuse de ma curiosité arguant de la raison de ma présence. "Vous êtes le petit fils de Madame P.!"

Qu'il connaisse son nom est un bon signe et en effet, il est bien celui qui a acheté la maison à l'époque. A quelques détails invisibles et que je nomme - la présence de la citerne désormais enfouie, l'emplacement de la cave voûtée et cent autres choses disparues qui feront l'objet d'une question de ma part - il sait immédiatement que j'ai connu l'étât antérieur.

Quand il s'est installé, il y avait encore au village, des gens qui avaient connu Madame P.  De sorte qu'il ne fut en rien étonné quand j'évoquai ma grand-mère comme une vieille sorcière. Il avait entendu dire... Cette confirmation de la bouche d'un tiers, me vaut légitimation.

La maison n'était plus qu'une carcasse et de ce que j'ai connu ne restent que les murs... et la cave. Si bien qu'à l'intérieur, bien banal, rien ne me parle, même les volumes d'origines ont disparu.

IMG_0146 Sauf l'armoire. Décapée, elle a perdu de sa teinte sombre qui m'impressionait, et partant, perdu de sa superbe sans doute aussi. Je l'avais tant convoitée étant enfant, j'avais tant espéré qu'elle nous revienne. Mais les seuls meubles sauvés, détournés par les voisins,  - dont la table de notre actuelle cusine - l'ont été de mauvais gré, ma mére ayant souhaité que "tout aille au feu".

Notre hôte nous offre un verre devant la maison, désormais une terrasse au bord de laquelle trône - à grand renfort de terre de bruyère - le rhododendron Elisabeth. Comble de l'ironie.

Sa femme, discrète jusqu'alors, nous rejoint.

"Dans les décombres, laissée par les voleurs qui avaient pillé tout ce qui pouvait avoir une quelconque valeur marchande, j'avais trouvé une valise, pleine de photos et de livres anciens. Votre mère m'avait bien fait comprendre, au téléphone, qu'elle ne voulait rien d'ici, mais je n'ai jamais pu me résoudre à la jeter ou à la détruire. Je ne sais plus où je l'ai mise."

Puis elle a disparu. Elle est revenue au bout d'un moment, la valise à la main. Dedans, des photos que je connaissais déjà pour certaines, mais beaucoup d'autres montrant des personnes que je n'identifie pas. Mes soeurs, plus âgées, et plus au fait de la famille du côté de ma mère - dont j'ignore presque tout - pourraient peut-être en dire plus...

Peut m'importe au fond ce qu'elle contient. Je ne l'ai même pas ré-ouverte depuis que nous sommes rentrés. Ce que je retiens de cette histoire c'est le geste délicat de cette femme, qui n'a pas pu jeter les traces d'une vie. 

IMG_0113 Sur la terrasse, il est midi. J'attends cet instant malgré l'émotion de l'ouverture de la valise. D'où je suis, en tournant la tête, j'apperçois le clocher de l'église du village, tout près. Oh, il n'est guère beau ce clocher édifié tardivement sur une église gothique, elle du XIIIème siècle dont la fine architecture gothique est parvenue jusqu'à nous entièrement intacte. Mais quand j'étais petit c'est de cet endroit, exactement - et la vue est inchangée - que je guettais midi. Alors, je me mettais à courir pour être au plus près lorsque la cloche se mettrait en branle. Je scrutais les abat-sons à m'en tordre le cou pour deviner les mouvement de l'animal d'airain. La passion des cloches était déjà là.

Drôle de petit bonhomme, n'est-ce pas?

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IRELAND 3

Allez, on termine avant de partir ! La vidéo est plus courte et moins intéressante, il aurait mieux valu 2 parties un peu plus longue, mais le chargement est déjà une longue affaire ainsi...

Posté par karagar à 18:29 - Commentaires [2] - Permalien [#]

IRELAND 2

Et voilà !

Et on a même de l'espoir pour le n° 3 !!

 

Posté par karagar à 15:44 - Commentaires [10] - Permalien [#]