EN ALAN AR MEURVOR

UNE PRISE USB DANS LA TÊTE

Il m'est arrivé aujourd'hui une expérience inédite dont  je croyais à peine qu'elle puisse être possible. Visitant une exposition dans une maison phare de la côte nord du Cap, où étaient exposées, entre autres choses, des photos de phares et de vagues, je tombe sur un cliché devant lequel je m'arrête, interdit, sans comprendre immédiatement d'où vient mon trouble. Cette photo, je l'ai déjà vue, d'une certaine manière j'en suis l'auteur, alors que je n'ai pas appuyé sur le déclencheur. Cette composition de formes et de couleurs, je l'ai formée dans ma tête pour écrire le début de la nouvelle "Le Roc", avec précision. J'en ai tendu l'image sur l'écran de mon imagination comme une caricature improbable, un agencement trop beau pour être vrai, à l'unisson avec le romantisme échevelé et baroque du récit.

Or, je constate que cette image est née à la réalité depuis, à mon insu. La voyant tout à l'heure, j'ai eu l'impression qu'un logiciel malin avait décrypté les arcanes de mes neurones pour en faire une pixelisation. N'étant pas dans ma tête, on peut difficilement imaginer le sentiment que j'ai eu en la yant, un peu celui de voir une prophétie se réaliser. Et je me suis dit aussi, après coup, qu'il était étonnant que je me sois souvenu aussi nettement de cette image que j'avais créée dans ma tête préalablement à l'écriture. J'imagine que j'ai oublié bien des choses que j'ai écrites (je le constate parfois en feuilletant mes propres ouvrages), mais cela était resté intact. Je sais que cette écriture est de celles qui m'ont le plus marqué.

Une fois de plus m'est apportée l'illustration que l'imaginaire engendre du vrai,  à bien des niveaux.

" Rien n'existait d'autre que ce face à face des deux éléments rivalisant de couleurs et de formes, soudés par les stridences des folles ruades du vent. Et puis, entre deux gigantesques plissements liquides, ricanant de leurs éclatantes dents d'écumes défiant les masses étamées, qui s'écartèrent avec révérence comme des rideaux sur un coup de théâtre, il apparut, aiguillon incongru aux colères marines, dérisoire éclat de résistance humaine. Mon cœur était étreint d'impatience angoissée, ainsi juché à l'étrave, aux avant-postes de cet inconnu tant désiré. Mais dès que je le vis, s'arrachant à la gangue océane tel un naufragé raidissant son corps pour quelques dernières bouffées d'air vital, dès que je vis ce frêle fût de granit où la maçonnerie grossière faisait d'étranges bubons, où la peinture aux vagues souvenirs de blancheur s'écaillait en de sombres plaies ouvertes, je conçus dans la fulgurance de cette seule apparition magnifique et misérable à la fois, toute l'étendue de ma naïve utopie... "

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CA DEVAIT ARRIVER

Il y a quelque mois, après la résurrection médiatique d'une personnalité dont on ne parlait plus du tout, je me suis dis, outre qu'il était tourné bien con: aïe, finie la tranquillité.

Et puis, comme rien ne vint, je ne me suis plus méfié.

Mais hier, j'eus un rappel à l'ordre en fanfare !

156_186361_1266685767Alors que je sirotais une bière bretonne bio tranquillement dans un pub irlandais du port de la plus grande ville du Finistère, tout absorbé par les souvenirs irlandais de mon interlocuteur, égrainés dans son beau breton du nord-ouest, je ne prêtais nulle attention au cinq ou six jeunes gars (ou sept?) à côté de nous, en grande conversation.

Et puis soudain - je n'ai rien vu se mijoter - une sorte de tsunami ! L'un d'eux me demande : on peut se prendre en photo à côté de vous? Je demande pourquoi, pour la forme, mais je connais la réponse. Alors se dresse une forêt de bras tendus et sommés de smartphones, pour une séance de selfies collectifs ! C'est à celui qui se serrera le plus près de moi, on m'attrappe par l'épaule, on me serra la main. Une minute de la vie d'une célébrité !

Je suis obligé d'expliquer à mes compagnons que je suis un peu habitué à ça (même si les proportions sont cette fois d'un cran supérieur)...

Bon, vous l'aurez deviné, il y aura aujourd'hui sur les réseaux sociaux brestois, beaucoup de photos prises auprès du chanteur Renau*d dans un pub!

Je n'en reviens pas de la popularité dudit chanteur parmi des gens si jeune.

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IWERZHON 14

GLENN DAOU LOC'H

Glendalough, la vallée des deux lacs, un toponyme presque directement compréhensible en breton, c'est un monastère fondé par saint Kevin au VIème siècle, avec entre autres églises, une chapelle dont le clocher reproduit la forme des célèbres tours isolées irlandaises. C'est aussi le site le plus connu des montagnes de Wiclow, situées directement au sud de Dublin. Du monastère, plusieurs randonnées sont possibles, dont l'une, après avoir longé une cascade, monte au sommet d'une falaise granitique dominant le lac supérieur, suit la vallée jusqu'à l'impétueux torrent-cascade qui lui donne naissance et retourne au point de départ par le bas, le long des lacs. Près du torrent on voit les vestiges de mines de plomb argentifère, comme à Huelgoat, en Bretagne. Malgré une importante fréquentation des ruines, les chemins éloignés sont très tranquilles, on y croise plus de cerfs sika, importés du Japon, que d'humains. C'est pour moi la plus belle de nos randonnées montagnardes irlandaises.

Au retour, il fait déjà bien sombre, les ruines sont désertées et un vent important secoue les ifs fastigiés du cimetière. Il n'y a plus là qu'une promeneuse allemande esseulée qui se dit terrifiée du spectacle. Il est vrai que sous cet éclairage, l'endroit a tout d'un décor de film d'épouvante.

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 Tuya géant

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MOULINADES

Petite balade dimanche, pour visiter un endroit qu'il me titillait de découvrir depuis un moment. C'est le moulin de Tréouzien, niché dans une vallée, tout près de la mer au havre de Porzh Poulhan. Cela fait un an qu'il tourne de nouveau après restauration par la même association qui gère le moulin de Keriolet, connu de beaucoup de mes lecteurs ! 

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A la différence de ce dernier, il n'y a pas de roue, car il fonctionne au moyen d'une pirouette, sorte d'ancètre de la turbine. Celle ci, mue par une puissante et étroite chute d'eau, tourne à la même vitesse que la meule. Il n'y a pas de démultiplication donc et elle est plus exigeante en débit que la très large roue de Keriolet. L'eau est retenue dans un réservoir d'où elle dégringole vers les pirouettes. L'une actionne, on l'a vu, la meule, l'autre une mini centrale électrique. (une demi heure pour les besoins d'éclairage du moulin, en leds il est vrai). Par ces temps de grandes sécheresse, il n'a de l'eau que pour trois heures. On montre aux visiteurs le fonctionnement avec parcimonie. Le réservoir met 6 heures - en ce moment - à se remplir.

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On parle avec l'employé de l'assoc - qui vient du jura et s'étonne de l'ensoleillement !  (Vous ne connaissez beaucoup vous qui viennent ici pour le soleil?) à propos de sècheresse et du débit des ruisseaux. Ce qui m'intéresse en ce moment à cause de mes activités secrètes...

Me voici en pleine mer à escalader une tourelle. DSC05019

Vous y avez cru? DSC05021

Enfin pique-nique sur la belle Gwenndraezh, non loin de là. 

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Des fois on se dit quand même que vivre là où on vit..

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IWERZHON 13

JOURNEES CAPITALES

Achill Island Dublin, cela équivaut à peu près à couper l'Irlande en deux par sa moitié. Un peu de route donc mais une bonne portion d'autoroute et deux escales, assez proches.

La première fut pour l'église- cathédrale de Clonfert, qui se tient à la place de l'abbatiale fondée au VIème par Brendan lui-même. Encore lui! L'édifice est surtout connu pour son portail roman, réputé le plus beau d'Irlande. On peut s'amuser à y déceler les influences de l'art roman dans certaines de ses déclinaisons françaises tout en constatant une forme de patte irlandaise, en lien avec les traditions sculpturales et ornementales antérieures.

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En tout cas, après avoir tant visité d'églises dans ma vie, je vois pour la première fois, l'autenthique chat-piteau.

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Non loin de là, mais encore faut-il trouver la route, se trouve le célèbre monastère de Clonmacnoise, un des sites religieux les plus prestigieux d'Irlande en son temps. Le site est joliment situé sur les rives du Shannon.

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On y trouve une fois de plus un éparpillement de petites églises et autres bâtiments, dont deux tours. 

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Mais la célébrité du lieu tient surtout à ses deux croix hautes, dont la croix des saintes écritures, une des plus richement sculptées du pays. Pour des raisons évidentes de conservation, les originaux sont dans un musée  avec d'autres plaques sculptées provenant du site, alors que des reproductions se trouvent à leur emplacement d'origine.

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Ça, c'est pour notre costumière... DSC04169

Le soir nous arrivons à Dublin.

DSC04213Une journée et deux soirées, c'est trop peu pour découvrir une capitale mais disons que ce qui frappe d'emblée à Dublin, c'est sa (petite) taille. Une capitale à taille humaine, lit-on parfois, eh bien c'est un bon résumé. On passe facilement d'un quartier à l'autre, d'une ambiance à l'autre. Je peux dire aussi que nous nous y sommes tout de suite très bien senti. Il y a des pubs très célèbres à Dublin, qui sont des incontournables touristiques, notamment dans la rue au fou nom de "Temple bar", mais nous avions eu la chance d'avoir quelques adresses "hors circuit", entre autres de ce pub où nous prîmes un "cheese and ham taosty" pour notre midi. Un pub feutré ou l'on parle à voix basse. Dans un coin une table est occupée par trois hommes d'un âge certain, dont on sent rien qu'à les voirs qu'ils ont ici leur marques, leurs habitudes et dont je n'aurais pas été étonné qu'ils eussent également leur chaise. On s'attend à voir à Dublin des personnages et ceux là, pour le coup en étaient. Le hasard voulu que nous retournâmes dans ce pub pour un thé. Nos vieux étaient toujours là, mais leur cercle s'était grandement élargi. Un club de philosophie?

On est en 2016, donc on commémorait le centième anniversaire de l'insurrection de 1916 (qui fut dublinoise), qui conduira quelques années plus tard à l'indépendance, avec une grande attention portée à la langue gaélique. Qu'en est-il cent ans après?

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Dublin n'est pas réputée très belle. J'ai trouvé le jugement sévère.


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Même sans monument éblouissant, le style géorgien - anglais -, présent dans beaucoup de quartier, donne une certaine unité de style. 

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C'est dans une de ces maisons géorgiennes que vécut Oscar Wilde.

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La brique est en tout état de cause un facteur d'unité.


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Il y a à Dublin deux cathédrales, Christ Church, anglicane et tellement refaite au XIXème qu'on ne sait pas s'il y reste une seule pierre du Moyen-âge...

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Et la cathédrale Saint Patrick, bien sûr, qui a le statut de cathédrale nationale.

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Même si on y repère plus facilement la griffe médiévale (et anglaise !), c'est aussi un édifice (à l'extérieur en particulier) très restauré. Le choeur a quelques grâces mais je ne suis pas transcendé.

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DSC04302Ceci est le parlement. Alors que je le prenais en photo (pas pour sa beauté architecturale vous l'aurez deviné), le vigile nous apostropha : "C'est notre parlement !" Avec dans la voix la même fierté que si c'était un nouvel acquis. La discussion s'engage. Alors que Vladimir lui explique où nous habitons, quelle n'est pas ma surprise d'entendre le policier lui demander s'il parle breton ! Je ris sous cape. Mais on me dénonce ! D'ailleurs, notre interlocuteur n'est pas long à remarquer que pour un hexagonal, Vladimir a un foutu accent londonien. Obligé d'avouer ! Petit échange consensuel sur Cromwell s'ensuit. Il nous conseille de revenir le lendemain matin pour visiter. (ce que nous ne ferons pas) On y voit des chose intéressantes, selon lui. Notamment, le lieu ou fut accueilli Kennedy. Première visite d'un président américain. Reconnaissance du jeune pays. Depuis, tous les futurs présidents américains ont dû, pour faire bonne figure, se trouver un ancêtre irlandais. Et ils en ont tous un, Obama compris. Le seul qui n'en ait pas, c'est Trump. Notre flic y voit un signe de bonne augure.

Le second soir nous allons écouter de la musique dans un pub qui était sur notre liste d'adresse, bien loin du centre ville. Pour y aller, nous passons près de l'ancienne distillerie des whiskey Jameson.

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Si vous étiez Hercule Poirot, vous diriez qu'il y a un trou dans notre emploi du temps. Et vous auriez raison. Un moment de notre journée fut consacré à Trinity College, l'université historique de Dublin.

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C'est là qu'on peut voire le livre de Kells, que certains considèrent comme le plus beau livre du monde.        

kellsun Certes, l'essentiel est constitué de panneaux d'explications et de photographies, mais dans la dernière salle, il est là, sous sa vitrine, ouvert à une page choisie parmi toutes celles qu'il contient. C'est assez stupéfiant de constater de visu la taille minime des détails ornés (la question d'un grossissement optique éventuel est posée par les historiens) et aussi la force des coloris. Et puis, pour moi, le sentiment de côtoyer un mythe.

Enfin... deux! Car ensuite nous allons dans la library, célèbre bibliothèque contenant des livres particulièrement rares. Sa longue salle dont la partie basse date du XVIIIème siècle fait 65 mètres de long.

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Et au milieu, toute petite, il y a une cage de verre. J'ai les larmes aux yeux en m'en approchant tant l'émotion est grande. Dans la cage se trouve la harpe dite de Brian Boru, la plus ancienne harpe gaélique conservée, que je soupçonne être le plus vieil instrument européen conservé en état. C'est le symbole de la nation irlandaise, celle dont la silhouette est sur tous les euros irlandais et en bien d'autres lieux... et dont j'ai vu et touché bien des reproductions plus ou moins fidèles. C'est le plus ancien représentant d'une famille de harpes spécifiques au monde gaélique et bien différentes des harpes continentales contemporaines.

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PARI GAGNE

Mon éditrice rechignait à publier du théâtre...

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APPLE PIE

Faite avec les pommes toute rouges d'un petit pommier abandonné parmi les ronces et la lande au dessus de la plage de Saint Tugen.

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IWERZHON 12

ISLA NUBLAR

DSC04096Le lendemain matin donc, bien que notre logeuse nous eût presque interdit toute promenade aventureuse, nous repartîmes pour Keem Beach, lieu de départ des randonnées visant à atteindre la pointe extrême de l'île, ou mieux encore, le sommet du Croaghaun, cette montagne dont la face nord, dévalant abruptement dans l'océan, revendique avec ses plus de 680 mètres, le titre de plus haute falaise d'Europe (en mettant Madère en Afrique bien sûr).

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Après un petit tour en hauteur près d'un lac, nous comprîmes que le Croaghaun ne serait pas pour nous, nimbé qu'il était de la ouate la plus épaisse.

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Alors, sans carte, ni sentier aménagé, fort de ma fréquentation assidue de Goût Gueule Herse, nous nous lançâmes au travers des pentes tourbeuses et du Heath, dans l'espoir d'atteindre la pointe. Nous remontons une vallée qui débouche à Keem Beach, dont l'un des flancs est le Croaghaun alors que l'autre monte vers 250 mètres avant de s'effondrer brusquement dans la mer. Il y a des traces dans l'herbe mais qui ne forment pas de vrais sentiers.

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Nous passons enfin sur l'autre flanc et l'escaladons sans savoir si la pointe est encore loin. De là, nous pouvons voir le Croaghaun, du moins sa partie non ennuagée. On voit aussi des traces anciennes d'occupation humaines.  

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Arrivé au sommet de la falaise, nous avons l'heureuse surprise de constater que la pointe est à portée de jambes. Mais nous sommes attaqués par celui que, en fond de vallée, nous avions oublié : le vent. Sa violence est inouïe. Je sais que la moindre photo demandera une vigilance sans faille. Nous sommes, face à cette force, un fétu de paille. Entre la masse de la montagne, la profondeur de la vallée, le précipice marin de l'autre côté, je me sens comme sur une frêle nacelle dans l'immensité moutonnante de l'herbe. Il y a quelque chose de grisant et d'angoissant à la fois. Ayant vu pourtant de hautes montagnes, rarement un endroit ne m'a semblé aussi extrême.

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Cette photo, prise au moment du retour durant lequel nous longeons la falaise car un sentier y apparaît plus clairement, est la dernière. On y voit très bien cette pente interrompue par la falaise et semblable à une crête de vague, configuration fréquente en Irlande et qui me fascine passablement. C'est la dernière photo car à partir de ce moment là, malgré un vent du diable, on ne voit plus rien, juste assez pour deviner le bord du précipice et il se met à pleuvoir. A chaque pli du relief le vent s'engouffre, terrible. Nous arriverons trempé. Au cours de ces longues heures de marche, nous ne vîmes personne.

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Parmi les endroits frappant d'Achill, il y a le deserted village de Slievemore. Encore un effet de la grande famine. C'est très impressionnant car c'est plus qu'un hameau. La route bordée de ruines fait plus d'un kilomètre!

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De là, on voit les falaises qui nous avaient fait effet de mirage le jour de notre arrivée. La taille des maisons, pourtant beaucoup plus proches, donne une idée des proportions.

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Nuages et soleil font à Achill un spectacle permanent.

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Le matin de notre départ (pour la grande ville, quel contraste !), Achill est plus ensoleillée que jamais et nous peinons à partir. Mais c'est décidé, ce sera notre point de départ pour le "grand nord" irlandais. Nous reviendrons donc !

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IWERZHON 11

ETREZEK AN ENEZ

DSC03896 Il en fallait une dose d'intuition, pour ne pas dire de voyance prophétique, pour deviner que Plume, du soda bread, nous ferait tout un fromage, et prendre cette photo qui témoigne de la variété en la matière dans les magasins irlandais. Et je dois dire que si cette photo fut prise à Clifden, j'aurais pu en faire de semblables un peu partout.

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clifden achill C'était le jour de quitter le Connemara pour notre escale la plus nordique. Mais avant nous fîmes un petit détour au travers d'une zone qui apparaît sur les cartes et les vues satellites comme vérolée d'une myriade de petits lacs au point qu'il y a plus de bleu sur la carte que de terre.

Sur place, l'impression est très différente. Il y a certes une infinités de petits lacs, mais plus éloignés les uns de autres que je ne l'imaginais. 

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DSC03909 Depuis que nous sommes dans le Connemara, je retrouve l'abondance des sorbiers qui m'avait surpris en Écosse. (Je me souviens qu'il y en avait pas mal aussi dans l'Arrée.)

Nous longeons une belle rivière pour remonter vers le nord et retrouver le massif des Twelve Bens que nous abordons par le sud donc et que nous pouvons admirer au delà de nombreux lacs, plus imposants ceux-ci.

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Plus au nord encore, voici le seul "fjord" d'Irlande et là, parmi l'herbe de ce qui semble une banale prairie mais qui s'avère être une vraie éponge tourbeuse, que vois-je, partout? Des semis de pontiques. Voila bien qui va à l'encontre de tout ce qu'on m'a "enseigné" en matière de rhododendrons qui ne supporteraient pas d'avoir les pieds dans l'eau... J'en ramène un petit en souvenir.


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Après un peu de route, nous voici à destination: Achill Island.

Elle est si peu distante du rivage, qu'un pont suffit pour s'y rendre. C'est la plus grande île d'Irlande. Je suis impatient de voir cette île dont les photos m'ont fort impressionné. Pendant le voyage, le ciel a pris des teintes de plomb qui faisaient craindre le pire. Finalement, le temps est gris mais calme.

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DSC03957 Ceci est la tour qui appartenu à la femme pirate du XVIème siècle, Granuaile. Cette fois ce sont les gunneras qui se ressèment partout !! DSC03959

Puis notre route arrive devant l'océan et là, la surprise est totale : c'est la tempête! On se serait un peu cru chez nous en hiver, sauf que les roches sont beaucoup plus sombres.

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Nous arrivons enfin à notre B&B, aménagé dans une ancienne maison de douaniers. C'est très beau, juste devant la mer qui gronde, mais nous sommes un peu en décalage par rapport à la clientèle. Peu importe. Achill Island est connue pour son climat capricieux. Souvent bouché mais dont on dit que les éclaircies sont inattendues et somptueuses. Quand nous sommes entrés dans le gîte, nous n'avions pas vraiment vu où nous étions. Malgré le vent violent, tout était bouché. Le temps d'un thé et le ciel se déchire. Quand nous ressortons, nous ne sommes plus au même endroit. Nous avons l'impression d'un mirage soudain. Des falaises immenses sont apparues devant nous, que les dernières franges de nuées finissent de dévoiler.

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Nous ne pouvons résister à l'envie, avant de dîner, d'aller voir Keem Beach, réputée un des plus belles plages d'Irlande et qui sera le point de départ, le lendemain, de notre aventure. 

La route pour s'y rendre, me donne quelques frissons.

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Disons que c'était un repérage.

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IWERZHON 10

CONNEMARA

gate Quittant le château (rien à voir avec la photo qui est l'entrée d'une bergerie et un modèle pour notre futur portail), nous ne tarderons pas à entrer dans le Connemara. De ce comté au nom si célèbre et un peu galvaudé, je retiens quelques impressions générales. La première qui me vient, sans doute, est la silhouette assez fascinante des Twelve Bens (les douze montagnes), massif qui occupe le centre du comté et qui se voit de partout. Malgré des altitudes modestes (bien moins hautes que les montagnes du Kerry - deux seulement dépassent un peu les 700 m), les flancs sont abrupts, les dénivelés importants, une certaine grandeur s'en dégage. La côte au contraire, est assez basse et s'éparpille en de nombreuses îles. M'y promenant, j'ai eu de fortes réminiscences du nord Finistère, la côte léonarde, Ouessant comprise. De manière plus générale, j'en conserve une impression de douceur, malgré  la sauvagerie de la nature parfois. Enfin, contrairement au Kerry, le Connemara est littéralement envahi de français. C'est très frappant. L'influence d'une certaine chanson??

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Avant même de rejoindre notre chambre à Clifden, nous nous rendons au Connemara National Park, en quête de chemin de randonnées. C'est ainsi que nous monterons en haut de Diamond Hill, 440 m,DSC03827(j'écris l'altitude, mais le ressenti était différent).

Très vite la vue s'étend sur côte assez proche.

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En haut, il fait froid et nous sommes dans les nuages. Au gré des déplacements des nuées, des morceaux de paysages apparaissent ou disparaissent.

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Voici la célèbre Kilmore Abbey. Les flancs de la montagne qui la domine (je l'ai compris en passant auprès en voiture) sont envahis de rhododendrons, qui prennent déjà une allure un peu menaçante.

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Le lendemain, nous empruntons la "sky road". Décidément, ces routes "scenic" de l'Irlande ont une réputation surfaite.  Bien sûr c'est très beau, mais sur des kilomètres, un seul endroit justifie le surnom de la route. Bruyère et ajoncs nains nos dépaysèrent beaucoup.

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L'eau est partout (rias) et les 12 bens toujours là en "fond d'écran" !

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Finalement, nous faisons une promenade à pied sur Omey Island qu'on rejoint à marée basse.

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Les vaches irlandaises (j'ai-je déjà dit?) sont bien belles. (au bord d'un lac au centre de l'île)

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Comment ça tient? DSC03848

Les bens , encore et toujours...

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16°, je dirais, pas mal pour l'Irlande... Si j'avais eu mon maillot...

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Le soir, pendant que Vladimir est chez le médecin (problème à l'oreille), je fait un tour au port de Clifden où un cormoran se sèche.


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Les bens ne sont pas loin.

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IWERZHON 9

D'UNE TOUR A L'AUTRE

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Avant de quitter les Burrens, il convient d'évoquer nos soirées. Contrairement au  Kerry où nous faisions notre popote, nous avons dû dîner au restaurant. Le choix n'était pas très large, à moins de faire des kilomètres chaque soir. Le village le plus proche, Corofin, offrait, outres ses quelques pubs, une auberge où nous pouvions manger. A part un fish and chips à Baltimore, c'était un peu un baptême de la cuisine locale. J'aimais l'ambiance de cette salle, pub à l'avant, restaurant en arrière, un peu sombre, mais chaleureuse. Ayant goûté la cuisine, nous n'eûmes aucune envie de tenter le diable plus loin. Nous y mangeâmes trois fois. La cuisine était traditionnelle et excellente. Irish stew, boeuf à la Guinness, apple pie et cheese cake à la Baileys... Même la purée (je ne suis pas fan) était un délice.

C'est dans ce même Corofin que nous assistâmes à notre première session, dans un pub voisin du resto. Pas beaucoup de touristes, les musiciens sortent, entrent et se joignent au gré de leur envie, beaucoup de violons, un bodhran (ça donnera des idées à certain...), une mandoline et une flûte traversière, les gamins apprennent dans un coin sur leur fiddle en essayant de suivre les grands, quelques filles entonnent une chanson (et là , c'est silence total dans le pub). On n'a pas regretté d'avoir attendu.

En quittant la région, au matin, nous fîmes une halte à Kilmacduagh (l'église du fils de Duagh, tous l'auront compris) pour y voir les ruines d'un monastère. Tous les monastères anciens se présentent comme un ensemble d'églises (ici quatre, dont une fut cathédrale !) assez proches. Je ne sais pas pourquoi. Il faut que j'étudie la question.  Nous ne regrettâmes pas cette visite car le site était presque désert et les ruines forment un ensemble émouvant, d'un beau gris, comme toujours. Je vois enfin ma première tour irlandaise et j'en suis très excité. Vladimir, que je bassinais tous les jours dans ma quête de tour, ignorait totalement à quoi cela pouvait ressembler. Et il fut conquis par ce bâtiment unique en son genre. Il faut ajouter que celle-ci est penchée et est sans doute la plus grande existante. Leur fonction était celle de clocher, et de refuge. C'est pourquoi la porte en est toujours en hauteur, accessible par une échelle qui était retirée en cas de repli. L'intérieur était divisé par des planchers de bois. Pourquoi une telle étroitesse dans la conception, je l'ignore, mais quelle ligne ça leur fait!

Vous retrouvez dans l'église romane les fenêtres particulières évoquées dans le dernier post.

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Un peu plus loin, en direction de Galway, nous passons auprès d'un iksième château-donjon (Dunguaire), mais celui-ci a un tel air de famille avec son célèbre cousin écossais d'Eilean Donnan, que j'en suis éberlué.

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Nous voici à Galway. Ça fait un moment que nous n'avons pas été en ville, si l'on excepte Limerick qui était déserte. Autant cette dernière était grise et peu animée, autant Galway est colorée et pleine de monde, alors même que j'imaginais une ville plus modeste. Évidemment, c'est très touristique mais nous avons trouvé la ville très agréable à tout point de vue.

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Et vous dire que nous fûmes sérieux serait menterie éhontée car nous fîmes les magasins (Et Vladimir s'acheta un instrument de musique, alors que c'est moi qui était sensé...) et nous ne visitâmes QUE deux églises. L'une médiévale, aux abords austères, simple à l'intérieur comme une église paroissiale de Bretagne, avec comme seul fantaisie un retable richement sculpté qui attire mon oeil tant la sobriété était la règle dans tous les édifices vus jusque ici et aussi par sa couleur - du calcaire pourtant toujours - qui rappellerait presque celle de la kersantite.

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L'autre est la cathédrale, vaste édifice, sorte de version de la seconde moitié du XXème siècle de Saint Paul de Londres (ah, le complexe du colonisé !) qui mêle dans un bonheur contestable vocabulaire architectural contemporain et citations classiques. Une mention doit être faite à certains des vitraux au graphisme original, de l'un d'entre eux non figuratif, une sorte d'oeil bleu émanait une sorte de force mystique.

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Le roi décapité par Cromwell (encore lui !)

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Petites lubies personnelles...

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Galway n'était qu'une escale vers le Connemara, nous n'y dormîmes donc pas mais à mi chemin de notre destination, au bord du Loch Corrib (deuxième lac d'Irlande après le Lough Neagh en Ulster), dans un motel pour pêcheurs.

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DSC03764  Non loin de là se dresse Aughnanure Castle, une des 200 tours fortes du comté. Comme les autres aperçues, elle remonte au XVIème et appartenait à une chef de clan. Les photos que j'en avais vues m'ayant semblé attrayante, je décidai que nous visiterions celui-ci avant de quitter le lac. Outre la tour-donjon, subsiste une grande enceinte avec tours alors qu'il y en avait une seconde à l'intérieur, plus étroite donc, dont seule subsiste la tour de guet qui parait désormais isolée au milieu de la cour.

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A l'intérieur, on a restitué le chaulage des murs, ce qui donne une toute autre vision de l'intérieur d'un château fort, presque confortable...

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(à suivre)

 

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IWERZHON 8

THE CLIFFS

La région des Burren est assez riche en vestiges divers, préhistoriques et médiévaux notamment. Sur la route de Moher, nous faisons une halte à Kilfenora (cill c'est l'église en toponymie gaélique, d'où l'abondance des noms en kill), la cité des sept croix. Il n'en reste en réalité que cinq (trois complètes) et l'existence de sept n'est peut-être que légendaire. Bien qu'à l'extérieur à l'origine, elle sont aujourd'hui conservées dans le transept de la cathédrale. Cathédrale, vous avez bien lu. J'ai vu beaucoup de vestiges de cathédrales qui auraient tenu dans ma cuisine !

DSC03579 L'édifice est du XII-XIIIème et l'étrange fenêtre semble un modèle commun en Irlande à cette époque car j'en vis plusieurs à l'avenant.

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La plus décorée des croix est Doorty Cross, du XIIème aussi. Visez les oreilles de l'évêque! (un classique aussi en Irlande). Les ornements celto-viking qu'on voit le long du fût se sont perpétués au long des siècles sans se modifier beaucoup. Ces sculptures pourraient avoir 300 ans de plus que je ne le verrais pas!

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La dernière croix est toujours en place, au milieu d'un pré et bien gardée par des veaux qui nous ont fait une haie d'honneur.

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Nous filons ensuite sur Moher.


DSC03632 21 En fait, j'ai fini par comprendre quelque-chose qui m'échappait jusque là. Quand les guides disent "inaccessible hors parking", il faut comprendre "à ceux qui ne veulent pas faire plus de 200 m à pied" ! Or j'avais dès le début résolu de longer la totalité des cliffs of Moher (7 kilomètres seulement, mais 14 A/R) et les parkings en bout de parcours sont à 2€ par voiture. Tout à fait raisonnable. J'en profite pour étendre le sujet à toutes les mises en garde que nous avons pu lire concernant les divers chemins et sentiers que nous avons empruntés. A les en croire, nous nous exposions toujours à d'innommables difficultés et même dangers. En réalité, aucune des randonnées que nous avons faites ne nous sembla difficile. L'Irlandais serait-il couard?

Bref, après avoir longuement cheminé et profité des falaises parmi un nombre tout à fait raisonnable de promeneurs, nous finissons fatalement par rejoindre le "visitor centre", énorme blockhaus engazonné pour le rendre invisible. Et là, c'est l'horreur totale, ça grouille, c'est balisé, cimenté, encadré, barriéré, tout juste si on ne vous dit pas vers où regarder. Et j'imagine volontiers qu'après s'être fait dévaliser au parking, quand on arrive là, les falaises de Moher ont beau être imposantes et impressionnantes, leur grandeur en prend un coup. La célébrité tue les sites. Au retour, je me suis imaginé une façon très savante et scientifique (ethnographie des temps modernes?) de cartographier la baisse de la densité des touristes à mesure qu'on s'éloigne du "visitor centre" et que le ciment disparaît de la surface des allées...

Alors ces falaises? Évidemment c'est impressionnant, c'est un sorte d'archétype, Etretat en noir (et en beaucoup plus haut !) Bien que proches des Burrens, elles sont en ardoise  - dont il y a des carrières en arrière. Et je voulais voir ça depuis gamin. Mais je dirais que les perspectives changent peu, que tout du long, on voit un peu le même paysage. J'aime les côtes plus chantournées, plus fantaisistes. D'une façon ou d'une autre, elles sont fidèles aux cartes postales, un peu trop proches de l'idée qu'on s'en faisait. Mais bon, après ce bémol, marcher des heures à la frange de ce précipice, laisse quand même quelques bons souvenirs!

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Nous vîmes à peine les île d'Aran, pourtant juste devant nous, à cause de la brume.

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IWERZHON 7

LE PAYS TOUT GRIS 

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Le lendemain, c'était journée migration vers le County Clare dont le nom résonne moins dans les oreilles que Kerry ou Connemara ou encore Donegal. Un peu de route donc. Les deux choses que nous voulions y voir se trouvaient sur un périmètre heureusement assez resserré, évitant du même coup les déplacements excessifs en voiture toujours un peu fatiguants et longs (les routes secondaires sont étroites et très bosselées): les Burren et les falaises de Mohair/Moher. J'était assez tenté par Loop Head, interminable pointe en table rase, mais sa longueur précisément la rendait inaccessible.

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Un peu avant Limerick, nous fîmes un arrêt à Adare, réputé l'un des plus beaux villages d'Irlande, pour notre pique-nique et bien que le guide que nous avions l'eût laissé entendre à mi-mots, ce fut une mauvaise surprise, la seule du voyage je dois dire. Tout était surfait et artificiel. Locronan, sans le bâti exceptionnel de Locronan ! Il y avait bien une profusion de ruine de monastères, églises, château mais la moitié était sur un terrain privé de... golf ! Allez, une mention pour l'augustinian priory, de la fin du Moyen-âge, minuscule abbaye resserrée autour d'un mini-cloître, un groupe de bâtiments très restaurés mais avec beaucoup de charme.

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Nous fîmes aussi un petit arrêt à Limerick, ville ouvrière et industrielle sur la Shannon, le plus grand fleuve des îles britanniques. On y voit un château construit par Jean-Sans-Terre et une cathédrale assez laide avec un portail roman. Le tout, aidé par un ciel bien bas, assez sinistre, je dois dire.

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Enfin nous arrivâmes à Kilnaboy où aucun garçon ne fut assassiné. L'église est en ruine, comme il se doit, et la tour ronde, hélas pour moi qui rêvais d'en voir, n'est plus qu'un moignon. DSC03485 Mais j'aurais largement ma revanche.

Si tant d'églises sont des misérables ruines, c'est que notre cher Cromwell, pas à une humiliation près du peuple irlandais, les a toutes brûlées. Toutes, c'est une exagération rhétorique mais enfin, j'en ai vu tant qu'on a du mal à imaginer un tel acharnement.

Non loin de là se trouve notre Bed and Breakfeast qui restera notre préféré. Nous y passerons trois nuits. C'est une grande maison avec plusieurs chambres. D'un côté, en bas, la salle où sont pris les petits-déjeuners, de l'autre côté du couloir, le salon où chaque soir, dans le minuscule calorifère, un feu de tourbe est allumé. Les chambres sont (trop) petites et l'accueil des nouveaux hôtes semble obéïr à un rituel précis, si bien que nous avons craint, un moment, l'étouffement. Mais ce sentiment se dissipa devant l'accueil et l'humour de Mary. Nous vivrons dans les Burrens nos journées les plus sombres et les plus pluvieuses du séjour et finalement, cette ambiance un peu cosy sera au diapason de la météo. Mary, chaque soir, nous donne une fiche à remplir de nos choix pour le breakfeast, avec choix d'entrées et de plats de résistance. Tout est fait maison (confitures, salades de fruits, gâteaux différents tous les jours), les fromages qui entrent dans les menus sont locaux et tout à l'envi. Surtout, chaque chose est excellente. Une mention à la salade de fruits, assez différente de ce qu'on mange sous cette appellation habituellement - un régal - et au porridge têtes d'épingles où les flocons d'avoine sont de la taille susnommée.

Très vite je remarque, à maints détails, l'importance accordée à la langue irlandaise dont il est dit, dans le dépliant de présentation, qu'elle est, à égalité avec l'anglais, une des langues de la famille - cinq enfants quand même. (Vous n'imaginiez quand même pas que je n'allais pas vous causer gaélique !) D'ailleurs, l'affichage dans la maison - comme dans le pays - est bilingue. Bien sûr, mon métier suscite tout de suite l'intérêt. Je comprends assez vite (et j'entends même alors que j'enregistre Mary me dire quelques mots en gaélique) que ça n'est pas leur langue maternelle. Je ne voudrais pas me lancer ici dans des considérations qui m'amèneraient trop loin, mais j'ai accumulé quelques indices et sur les grosses différences dialectales existant dans cette langue et sur les difficultés de communication parfois entre les locuteurs traditionnels et les "lettrés" qui n'ont pas manqué de me rappeler quelque-chose et m'ont fait sourire intérieurement à ceux qui fustigent ces faits concernant la langue bretonne et voudraient nous faire croire qu'elle est la seule langue au monde à avoir ces problèmes.

 

Dès le début du séjour, mon oreille était un peu à l'affut.  Il y eu plusieurs cas, assez stupéfiant, où j'étais incapable de dire quelle langue j'entendais. La musique n'était clairement pas celle de l'anglais - la musique des vieux en Bretagne est elle celle du français? - mais qu'en était-il des mots? Or, dans certains cas, Vladimir ne me fut d'aucun secours ! Nous nous sommes dit que parfois, le vocabulaire était mélangé, une sorte de créole extrême occidental en somme. La première fois que je fus sûr de mon fait, c'était dans une église, à Cahersiveen, dans le Kerry, des (grands?) parents et leurs (petits?) enfants. Ils s'adressèrent d'ailleurs à moi en anglais pour me vanter des bouteilles d'eau sacrée de saint Je-ne-sais-plus-qui. Une autre fois des ouvriers élagueurs à Portmagee. Quant aux ouvriers travaillant à l'abbaye de Ballinskelligs, nous ne pures déterminer leur langue. J'entendis aussi une famille où mari et femme se parlaient anglais et où la femme parlait irlandais à ses enfants. Bref, toute la diversité du monde... Pour finir, je précise que les zones de  langue gaélique forment des taches disséminées dans le pays. Des panneaux, an gaeltacht, nous l'indiquent toujours.

Le lendemain, nous partons à la découverte des Burren dans le Burren national park, plateau karstique où les plaques de pierre fissurées affleurent partout, un sorte de désert pluvieux. Le calcaire carbonifère est d'une belle couleur grise qui s'harmonise avec celle du ciel et pour moi, les Burren, c'est le pays où tout est gris. L'endroit est connu pour sa végétation méditerranéenne et alpine.

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Au milieu de ces étendues inhospitalières, une parfumerie entourée d'un jardin, où on a mis à profit la richesse florale du pays pour confectionner parfums, savons et autres tisanes.

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En route pour Black Head pour voir le plateau calcaire mourir dans la mer, nous passons près du célèbre dolmen de Poulnabrone (cadrage trompeur, il y avait du monde autour)

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et le château-tour de Newtown, que je vais voir de plus près car pour une fois la tour est ronde. Il fut construit vers 1550 (j'ajoute, bien après Azay Le Rideau, Chenonceau et Chambord pour donner la mesure du décalage !).

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C'est sans conteste à Black Head que nous avons pris toute la mesure de l'étrangeté des Burren. Au pied de la colline, une grande terrasse naturelle au dessus de la mer ressemble à un pavage fait par des géants où des grosses boules ont dégringolé et se sont figées.

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Bon, à ce moment, parcequ'il il était tard et malgré l'obscurité ambiante, nous avons tenté une incursion à Mohair. On nous avait dit en effet, qu'à partir de 19h00, le parking (6€ par personne !!) était gratuit. Sur place, il pleut, il brume, on ne voit rien, et malgré cela, le gardien nous affirme que les horaires ont changé, c'est désormais à 20h que les barrières s'ouvrent. Bye! Je mets à profit cette mésaventure pour faire une inspection. Le guide précise bien qu'on ne peut pas passer outre le parking. Et en effet, pas d'acôtement et des grillages partout, je ne peux pas la jouer à la bigoudène. Finalement, têtu que je suis, je trouve quand même un emplacement pas trop éloigné d'un chemin dont il me semble qu'il rejoint la ligne de côte un peu plus bas. Je suis méfiant quand même, il y a des caméras de surveillance en des endroits insoupçonnés mais bingo, ça marche. Nous accédons donc au rivage, à un endroit où les falaises s'abaissent. C'est un très bon point de vue mais les murailles noires de Mohair sont décapitées par les nuages ! Nous reviendrons le lendemain, temps permettant, après avoir élaboré une stratégie. Mais avec le recul, je ne sais pas si je ne préfère pas ces photos aux plus classiques que je ferais peut-être le lendemain..

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(à suivre...)

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IWERZHON 6

KENAVO KERRY

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Dernière journée dans le Kerry à explorer - de nouveau sous le soleil - les alentours, à consacrer plus de temps à des endroits aperçus lors d'autres déplacements.

Tout d'abord la route qui mène à Portmagee d'où nous avions embarqué pour les Skelligs, au delà des parcours touristiques les plus courus.

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Pas grand monde donc, des collines, des villages, des moutons, la mer et toujours, en ligne de mire les Skelligs, un peu obsédantes.

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A Portmagee, DSC03445 nous passons le pont pour l'île de Valentia. (Oilean-Bheil-Inse). Le phare situé à Cromwell (!!!) point était accessible en s'acquittant d'un droit que je jugeais exorbitant au vu de la modestie du bâtiment, d'autant que nous savions devoir verser notre écot en de nombreux endroits que nous désirions voir et venant de France tout cela paraît toujours un peu excessif. Mais Cromwell avait bien mal défendu son fort que nous le contournâmes par les rochers et vînmes à bout de ses défenses sans abandonner le moindre sou.

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La salicaire est la seule plante que je suis sûr d'avoir vue (hors pays tropicaux non européens) partout où je suis allé. Elle est d'une constance et d'une indifférence au climat incroyable. En climat méditerranéen (et même dans notre jardin breton, plutôt sec), on ne la trouve qu'en zone humide, mais en Irlande, grâce à l'arrosage perpétuel, je suppose, elle est présente partout. Autant dire que je n'en n'ai jamais vu autant, ni avec un tel effet décoratif car elle est toujours en grandes colonies.

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Deux autres constantes végétales, en bord de route, la reine des prés (même topo sur ses exigences d'humidité) et une exotique invasive, le montbretia/crocosmia (Afrique australe). Combinez tout ça avec les fuchsias et le décor est planté. Notre hôtesse du Kerry me demande si je veux des montbretias et elle comprend aux moulinets que je fais avec mes bras qu'ils ont ici aussi, une petite tendance à être indésirables.

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Puisque nous en sommes au chapitre botanique, sachez qu'il y a, non loin du phare, un jardin exotique qui bénéficie outre de la pluviométrie et d'une position abritée des vents dont on imagine bien qu'ils peuvent être très violents, de températures rarement négatives (11 jours de gel/an). Nous arrivons hélas trop tard pour le visiter, mais,  nous l'avions déjà longé précédemment et une chose incroyable avait attiré mon attention. J'avais laissé ce mystère en suspens lors d'un commentaire de Plume: tous les talus et abords du parc étaient envahis de fougères arborescentes qui se ressèment à la faveur de l'humidité ambiante. Jeunes, il est difficile de les distinguer d'autres espèces indigènes et "herbacées", mais on voyait bien les aînées qui les dépassaient de leur tronc. J'en ai ramené 4 !  4434f5f63b3a0994a4e8412d178a29ac

Mais j'aurais pu en remplir le camion rien qu'en écumant les abords du parking. Dans deux trois ans, ça vaut 50 € pièce et encore, pas chez Tr*uffaut! DSC03313 Elles n'ont pas trop aimé le temps au retour (chaleur et sécheresse), mais je crois qu'elles ont pris.

Au delà du pont, nous marchons vers une pointe en laquelle je fonde pas mal d'espoir, et les Skelligs jouent à cache-cache derrière les indentations de la côte.

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De notre route, nous pouvons admirer les falaises derrière Portmagee dont j'estime qu'elles culminent entre 250 et 300 mètres, soit bien plus que les célèbrissimes falaises de Mohair. Alors, il faut que je vous touche un mot ou deux des falaises rentables. Il y a sur le littoral irlandais de nombreux "spots" ou la montagne est entaillée par l'océan et où la falaise, sur une assez courte portion est très haute. J'observe beaucoup la topographie et je gougouleurse pas mal aussi, si bien que je repère assez vite les endroits où nous pourrions aller en quête de sensations fortes. Néanmoins, comme je l'ai déjà signalé, il n'y pas pas de sentiers des douaniers, tous les prés sont clôturés et le sol est incertain. Bref, c'est la plupart du temps impossible - et frustrant. C'est pourquoi, aux endroits les plus impressionnants et propices, les propriétaires des dits prés ont aménagé un point de vue (parking, passerelle métallique etc...), qu'ils clament à force de panneaux être "la plus haute falaise" ou encore "la plus célèbre vue" d'Irlande pour vous demander 6 € à l'entrée. C'est le cas de ces falaises-ci, et d'autres sur Valentia elle-même à Geokaun Mountain. Pas plus envie de dépenser 12€ que de voir le charme brisé par les aménagements divers.

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Heureusement, ils y aussi des endroits avec sentiers publics. C'est le cas de Bray Head, la pointe ouest de l'île où nous nous rendons et dont les falaises gratuites n'ont rien à envier aux autres.

Notre parcours :aller blanc/retour bleu:

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C'est une longue montée jusqu'à la tour napoléonienne d'où l'on découvre le bras de mer qui fait de Valentia une île et au loin les hautes montagnes du Kerry.

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Nous voici sur la pointe et nous regardons les hautes falaises qu'il nous reste à parcourir,

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mais pour l'instant je brave mon vertige.

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Je réalise plus tard, vu du sommet, l'endroit où je me trouvais alors que quelqu'un d'autre a pris ma place... DSC03412

Du sommet, la pointe prend un aspect différent, et on mettrait bien le phare de la Vieille sur les Skelligs!

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La côte nord de l'île vue d'en haut:

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Et aussi An Tiaracht, avec son phare. En effet, à vol d'oiseau, la presqu'île de Dingle n'est pas loin. Par la route, il faut des heures!

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A l'heure de redescendre (c'est tourbeux - linaigrette/ bog cotton) la lumière a changé.

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C'est après cela que la quête des fougères nous avait mené au bout de l'île et nous prendrons donc le bac pour rejoindre Cahersiveen et son S*uper Valu*e bien achalandé.

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Le lendemain nous faisons route vers le nord.

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IWERZHON 5

PARADIS BLEU-VERT

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Pour la presqu'île de Dingle, j'avais commandé du soleil au bon Dieu qui exhaussa mes voeux. Peut-être à cause de la photo que j'avais postée avant le départ, je ne pouvais imaginer cet endroit que dans un camaïeu de vert et de turquoise. Et je dois dire que nous fumes comblés. 

Nous voici au bout, à (ou "aux alentours de", tant il est difficile de savoir exactement quelle pointe porte tel ou tel nom) Slea Head, le point le plus occidental d'Europe, excusez du peu, bouclant de la sorte notre périple des finistères européens.

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On distingue sur cette photo  Coumeenoole Beach, rendue célèbre par le cinéma (voir plus loin).

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Au retour de la pointe, où malgré le soleil, un vent froid m'obligeait au K-way avec capuche, nous nous étonnâmes de voir tous ces baigneurs sur la plage. Nous y installant pour le pique-nique, nous comprîmes alors à quel point cet endroit était abrité et chaud. Ce fut donc notre premier et dernier bain de ces vacances irlandaises.

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Mais avant, nous avions parcouru cette pointe, colline herbeuse qui pour une fois n'était pas tourbeuse et laissait baguenauder à loisir parmi les moutons. Un pur bonheur.

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De là, la vue était splendide sur l'arrière pays montueux

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et sur les îles Blasket, un archipel de six îles variées (de la grande colline, à la pyramide rocheuse en passant par le bas plateau), parmi lesquelles le fameux récif et phare d'An Tiaracht dont je vous parlais à l'occasion de la visite aux Skelligs. Deux de ces îles était habitées depuis des temps anciens mais furent évacuées dans les années cinquante par le gouvernement à cause des mauvaises conditions de santé de la population restante.

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Me voici l'homme le plus à l'ouest d'Europe.

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Après le bain, nous continuâmes à longer la côte et j'aurais voulu explorer à l'infini tous ces tours et ces contours. Une autre fois peut-être... Cette petite ritournelle de "la prochaine fois" commence à me tourner dans la tête.

 

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 Vladimir manifesta le désir d'aller voir cette école. Elle fut construite uniquement pour les besoins du film "Ryan's daughter", une adaptation irlandaise de Madame Bovary sur fond de révolution. Elle est aujourd'hui dans un état de délabrement étonnant compte tenu de sa période de construction (le film est sorti en 70). J'ai revu ce film en rentrant. Qui n'est pas seulement une grande épopée romantique mais est rempli de subtilités et d'éléments inattendus. Et les images (c'est très esthétisant) restent longtemps.

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Nous n'étions alors plus très loin de l'oratoire de Gallarus, un des monuments les plus connus d'Irlande. Une fois de plus, datation et fonction sont très mal connues (VIIème  XI-XIIème siècle? Chapelle de cimetière, ermitage pour les "étrangers"...?) Ça n'est pas une construction en pierre sèche à proprement parler, puisque les pierres sont taillées, on trouve des traces d'un fin mortier. Les pierres, à l'inverse des murs de nos talus, sont penchées vers l'extérieur, de sorte que l'édifice, après tant de siècles est toujours au sec. L'architecture est des plus simples mais d'une très grande précision et demanda une technicité certaine. En tout cas, cette toute petite chose a beaucoup de grandeur.

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Il est tard, et nous avons la chance de voir cet endroit dans l'envoûtement d'une quasi solitude...

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A un lancer de pierre de là, le monastère de Kilmalkedar (Cill Maoilchéadair ) dont la fondation est sans doute liée à la proximité du mont Brandon, site religieux préchrétien mais dont la légende dit que Saint Brendan y décida de son voyage... en Amérique. (en passant quand même par la petite Bretagne où il a laissé son auge !). On y voit une église romane, un cadran solaire, des croix gravées. C'est le premier édifice que je vois qui présente un écho de l'art européen (la sculpture et l'architecture romanes ici, en l'occurence).

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On y voit même la maison de Saint Brendan... Celui qui n'a aucune idée de l'architecture domestique du VIème pourra peut-ête y croire... DSC03274

Et, comprenne qui pourra, alors que je suis tranquillement en vacances, rien que pour m'énerver, les morts font des fautes de mutation !

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Retour par Connor Pass, un col qui ouvre des perspectives sur les deux côtés de la presqu'île

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et sur Brandon Mount.

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Et une petite cascade en surplus... DSC03305

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LE COUP DU PIMENT

Plusieurs fois, Vladimir a planté du piment.

N'ayant pas tout à fait le climat de Cayenne, celui-ci arborait quelques rares appendices verdâtres qui faisaient office de poivrons de Lilliput, un peu maigrelets dans la salade de tomates.

Cette année, sous serre, les fruits sont plus nombreux et... rouges. Et l'autre jour, me disant qu'à tout casser ça ferait un poivron un peu plus costaud, je croque dedans à pleine dents.

Eh ben, c'était... du piment. Heureusement que j'avais un verre d'eau à portée de la main.

J'ai donc dit à Vladimir de faire de la purée de piment...

A quand le couscous du Cap?

 

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IWERZHON 4

 BALADES DANS LE KERRY

Le jour qui suivit l'expédition aux Skelligs nous optâmes pour un programme tranquille et dans la proximité. Cahersiveen fut la ville de nos courses durant cette semaine. DSC02836Les devantures de bars irlandais sont souvent de véritables compositions et celle-ci particulièrement, attira, on s'en doute, mon attention.DSC02831

Non loin de là se trouve un site où, regroupés sur une assez faible superficie, s'élèvent un château et deux forts circulaires. En Irlande, la datation, même approximative, des constructions anciennes est pour un oeil disons continental, assez malaisée. L'architecture est en Irlande, de manière globale, assez déstabilisante, capable du meilleur et du pire, le meilleur s'exprimant le plus souvent dans ce qui est purement autochtone. La taille souvent lilliputienne des monuments anciens (médiévaux), leur simplicité de conception est assez étonnante. J'ai plus de questions que de réponses à ce sujet. Mais je pense surtout que ce pays où les romains n'ont jamais posé le pied a mis ses raffinements dans autre chose que dans l'architecture monumentale.

Par contre, les forts circulaires et les tours fortes sont innombrables. Les forts circulaires par dizaines de milliers quant aux tours fortes, il y en a des centaines dans chaque comté. Pour ces dernières, leur abondance saute aux yeux. Au début je voulais m'arrêter chaque fois que j'en voyais une, j'y ai vite renoncé. Ces constructions très austères sont souvent du XVIème siècle, là encore c'est un choc chronologique, car elles ont l'aspect des tours du XII ou XIIIème en France ou en Angleterre. Château de Ballycarbery:

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Ceux que ça intéressent iront glaner des renseignements sur les ringforts (parfois cathair/caher en irlandais dont je pense que c'est le même que kêr/caer en breton/gallois), mais disons que les spécialistes se querellent encore pour la datation - âge du fer, haut Moyen-âge? -, et leur fonction. En tout cas, ces forts circulaires en pierres sèches (décidément domaine d'excellence des irlandais : forts, oratoires, murs, cellules monastiques, on y reviendra) sont assez fascinants. Forts de Cahergall et de Leacanabuile :

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Un autre jour, de peur de nous cantonner aux régions côtières, nous traversâmes la presqu'île vers les terres, royaume incontesté de la tourbe et des moutons, pour Killarney.

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A Killarney, nous visitons la cathédrale. Il me semble que j'aie été jusqu'alors condamné au néo-gothique. D'ancien, nous n'avons vu à ce moment que des ruines misérables et ce qui sert de lieu de culte actuel est souvent d'une innommable laideur. Quant on sait la ferveur des irlandais - et c'est un fait, le dimanche il ne fait pas bon se garer près d'une église - il y a de quoi être surpris. J'aurai plus tard un élément de réponse. La cathédrale de Killarney prend le contre-pied des usages locaux, du moins par sa taille imposante. L'extérieur est d'un néo-gothique académique austère que n'auraient pas renié les curés des Côtes d'Armor du XIXème siècle. L'intérieur est beaucoup plus moderniste dans sa version revisitée et un peu rocailleuse du gothique. Il était intéressant d'y jeter un oeil, son architecte n'étant autre qu'Augustin Pugin, qui dessina le plus célèbre sans doute de tous les monuments néo-gothiques du monde, j'ai nommé Big Ben. 

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Nous nous rendions en réalité à Killarney pour le parc national et l'opportunité qu'il offre de randonnées montagnardes sur des chemins balisés et existants. Ces montagnes irlandaises, malgré leurs altitudes modestes (encore que la région de Killarney soit la plus haute d'Irlande avec un sommet dépassant les 1000 mètres) ne se laissent pas gravir si facilement, il y a peu de chemins balisés et la tourbière menace partout. (Ah que mes chaussures écossaises - fort utiles au demeurant dans la jungle réunionnaise - me furent précieuses!) Les chemins partaient du parc du manoir de  Muckross House ( Theach Mhucrois) dont la verdeur faisait mal aux yeux.

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L'un d'entre eux montaient à Torc waterfall,

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traversait la forêt

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puis s'élevait jusqu'au sommet de Torc Mountain avec vues sur les lacs, dont Loch Lean (loch Lein), le lac de la connaissance ou de l'instruction, lié peut-être à l'apprentissage du roi Brian Boru.

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Je m'exclame devant mes envahisseurs préférés, constate qu'ils germent partout (y compris dans l'écorce des arbres, ou la mousse qu'elle abrite), mais j'ignorais à cet instant que je verrais dans ce domaine, beaucoup plus effrayant (le mot n'est pas de trop) plus tard.

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D'ailleurs, beaucoup de gigantisme chez toutes ces plantes, qui pour boire beaucoup ne souffrent pas de cirrhose. 

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Paysages du retour vers l'extrême ouest:


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Il y eut aussi ce jour mémorable où Vladimir pris d'assaut un château et s'en rendit maître :

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Une autre promenade nous mena autour de Derrynane bay,

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allant de Lam's Head (et son bateau echoué),

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à la demeure de Daniel O'ConnelDSC03052 ses jardins (très) humides  DSC03080 DSC03086 et sa pierre oghamique,

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en passant par Abbey Island, accessible à pied, et les dunes arpentées par De Gaulle en 1969.

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PAS DE BLOG CE WEEK END

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IWERZHON 3

L'ÎLE PAROXYSTIQUE

skellig-map6bis Nous sommes sympathiquement accueillis dans le gîte par notre hôte. Nous occuperons une petite partie d’un bâtiment assez étrange, d’apparence composite, dont nous découvrirons le corps de logis principal, d’une grande modernité, le dernier jour. Mais ce qui me frappe - et me plait - à cet instant, c’est son isolement, dernière maison au bout d’une longue voie en cul-de-sac, entouré de pâtures et de landes.

Après les entrées en matière d’usage – c’est notre propriétaire qui prononcera le ‘from home to home’ mentionné au début de ce récit en apprenant d’où nous venions – Vladimir s’enquiert de la meilleure route pour se rendre à Portmagee où nous devons nous rendre le lendemain matin pour embarquer à destination de Skellig Michael. Celui-ci ouvre des yeux ronds : Vous aller aux Skelligs ! Ouah, quelle chance ! Il jette un œil à la mer qu’on domine, jauge l’aspect des vagues. Il ne devrait pas y avoir de problème. Car parfois, pour les Skelligs…

Oui, de la chance, nous en avons, plus sans doute qu’il n’imagine.

Peut-être vous souvenez-vous que j’annonçais notre intention ici d’aller en Irlande par une photo de Skellig Michael. Car malgré tous les attraits de ce pays, c’est la première chose qui me soit venue à l’esprit. Pourtant, j’ai connu l’existence de cette île assez tardivement. Par le biais de son phare. Je me souviens très bien que je tournais les pages du chapitre d’un grand livre sur les phares de l’arc atlantique consacré à l’Irlande quand je restai saisi par la photo de l’île d’An Tiaracht de l’archipel des Baskets avec son phare minuscule, tant la situation de ce dernier m’avait semblé extrême. inish3 Je tournai la page suivante et mon étonnement fut à son comble en ce qu’elle montrait une île plus escarpée encore, quoique très ressemblante. Ce crescendo m’avait fasciné. Cette seconde île c’était Skellig Michael. MI+Skellig+Michel+island+kerry+star+wars+Tourism+Ireland

Curieusement, ce n’est que bien plus tard que j’ai découvert l’existence du célèbre établissement monastique et subséquemment la possibilité de visiter le site classé à l’Unesco. Et c’est aussi en fonction de ce projet que l’organisateur-en-chef-des-hébergements Vladimir nous dégota notre gîte de Ballinskelligs., du gaélique Baile an Sceilg, le village des Skelligs ! Pourtant, bien qu’assez peu distantes, les Skelligs sont totalement invisibles du village, une montagne de plus de 400 mètres s’élève entre les deux.  DSC03015 Le nom vient de ce que les moines ont quitté leur ermitage au XIIème siècle à la suite de changements dans l’église irlandaise et durcissement des conditions climatiques pour fonder ici une nouvelle abbaye dont on voit les ruines près d’un ancien château-fort.

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Bien avant le départ, par prévoyance, nous voulons réserver des billets pour l’île. Et là, horreur, nous nous rendons compte à quel point nous avons été naïfs et même au contraire imprévoyants. J’ignorais en effet quelques éléments essentiels du dossier. Sur ce site important de nidification, le nombre de visiteurs quotidien est limité. Or, la demande est grande, d’autant – et j’ignorais cela aussi! – que le final du dernier opus de Star Wars se passe au Skelligs! Bref, tout était réservé et même aurions-nous décidé de revenir à la fin de notre séjour, plus de deux semaines plus tard que nous n’aurions pas eu plus de place. Je pars donc en Irlande sachant que je n’irai sans doute pas à Skellig Michael mais que nous aviserions sur place.

Arrivé sur le sol irlandais, Vladimir téléphone aux différentes compagnies. C’est bien sûr booké ! L’un des interlocuteurs lui dit cependant : « Je pourrais vous dire de venir sur le quai dans l’attente d’un éventuel désistement, mais c’est très aléatoire… Mais voici un numéro de téléphone. Ne téléphonez pas, il ne répondra pas, mais envoyez un sms. » C’était pour le moins bizarre. Cela qui fut fait néanmoins. Réponse laconique. Venir à telle heure, tel jour (le lendemain de notre arrivée dans le Kerry en fait), lire les consignes de sécurité à telle adresse internet. Un autre sms, le lendemain, nous demandera d’arriver une demi-heure plus tôt que prévu.

Nous prîmes donc la petite route en balcon au dessus de la mer, priant pour ne pas nous trouver derrière (ou croiser) un car, jusqu’à Portmagee. Là, une flottille de bateaux attend (une dizaine) et une grille barre l’entrée du quai ! Au portier nous donnons le nom du mystérieux sms-eur et la porte fut ouverte en nous indiquant un rouquin près d’un bateau, le plus petit du lot. Nous sommes huit, je crois à pouvoir monter dessus. Le bateau quitte le port, alors que nous ne comprenons toujours pas à quel saint ou à quel dieu des gaëls nous devons cette chance qui reste inexpliquée. On nous distribue des gilets de sauvetage et aussi de grands cirés qui n furent pas en trop. La mer fut en effet plus rude que prévu et la traversée fut assez impressionnante au vu de la taille de l’embarcation. Et j’adore ça.

Nous accostons au petit môle, où les bateaux font une ronde pour déposer les passagers. Quel étrange sentiment de se trouver au pied de la sombre pyramide au milieu des flots.

 

 

 

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skellig-map-2 De là part le chemin qui devient rapidement un escalier abrupt - au pied duquel nous avons droits aux consignes de sécurité et au rappel des morts survenues parmi les touristes imprudents... - qui conduit au monastère. Nous n'aurons pas accès aux phares afin de préserver la tranquillité des volatiles.

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En chemin j'apperçois un premier macareux (angl. puffin, bret. poc'han). Tel un Cornus je me démène pour réussir la photo quand, levant le nez de mon appareil, je vois qu'ils sont par centaines autour de moi...

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On ne parle pas le même anglais...

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Nous arrivons sur le replat, à 180 mètres au dessus de la mer. C'est le monastère. Les moines ont bien choisit l'endroit qu'on n'y sent pas le moindre souffle de vent.

Le monastère aurait été créé au VIème siècle et douze moines aurait vécu ici avec un abbé. On peine à croire à la possibilité de cette vie quand on sait qu’au XXème siècle, le gouvernement irlandais lui-même a fait évacuer les derniers habitants de certaines îles jugées trop rudes. Les huttes sont bien sûr typiques du monachisme celtique ancien et ont dû être restaurées (nous en verrons une intacte plus tard). 

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DSC02786 Nous pique-niquerons au pied de l'autre pic qui culmine à plus de 210 mètres au dessus des flot et accessible uniquement par escalade. De là nous pouvons voir en contrebas, le chemin qui reliait les deux phares (l'un d'entre eux est ruiné).

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L'heure est venue de rejoindre notre bateau.

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Sur le chemin du retour, le bâteau prend son temps temps au pied de Little Skellig (Sceilig Bheag), la deuxième plus grande colonie de fous de bassan d'Europe (après St Kilda !). J'avais vu quelque chose de semblable en Bretagne, aux 7 îles, mais les proportions sont autres.

 

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Et retour au port. Nous quittons les Skelligs mais elles titilleront encore bien souvent nos yeux les jours suivants...

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IWERZHON 2

ARRIVEE DANS LE KERRY ET HONTE DE FROMFROM

 

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Nous quittons Baltimore pour faire route vers le Kerry avec l'idée d'aller voir Mizen Head. A l'approche de la pointe, le paysage prend un aspect conforme à l'idée qu'on se fait de l'ouest irlandais.

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C'est aussi, sauf à se rendre sur l'île de Cape Clear, l'endroit le plus proche du mythique phare du Fastnet (Carraig Aonair), célèbre à plusieurs titres. 

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DSC02641 Sur le site de Mizen Head, beaucoup de ce qui nous sera montré est consacré au Fastnet. 

Sur cette photo on voit le petit phare métallique qui a précédé la tour actuelle. La mauvaise qualité du rocher obligea à chercher des assises plus bas d'où l'étrange configuration d'aujourd'hui.

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On peut même voir l'agencement des pierres (venues des Cornouailles) typique de la construction de phare à la britannique. (dovetail mansonry)

DSC02653 DSC02652 Sans titre

 

Le phare de Mizen Head est lui même très peu spectaculaire. Comme beaucoup de phares irlandais, la côte donnant l'élévation nécessaire à une bonne portée géographique du feu et la rudesse de l'océan incitant plus à se tapir qu'à tendre le cou, c'est une tout petite bâtisse, aujourd'hui privée de sa lanterne, remplacée par un fanal à même la roche. 

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Il est séparé de la pointe par une profonde crevasse qu'on traverse aujourd'hui par un pont étonnant.

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C'est un musée, mais le gardien est toujours fidéle à son poste.

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Bien qu'un peu trop bien aménagé - mais cela garantit son accès - Mizen Head m'a séduit par ses falaises formidables et ses noirs rochers formant d'inextricables chaos.

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La route est encore longue, car tournicotante à souhait, mais je fais une halte obligée à Bantry Bay... DSC02698 et de là j'envoie un sms à Fromfrom ! Qui dit ceci : Suis à Bantry Bay, attention à l'évanouissement! Elle est la seule de toute les vacances à qui j'envoie un sms et à mon romantisme échevelé elle me répond par un bovin (asinien?) "Hañ?"

Que je suis dépité ! Me voici donc obligé de lui rafraîchir la mémoire: 

Nous entrons dans le county Kerry:

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Mais il faut aller tout au bout de la péninsule d'Iveragh, la plus grande du Kerry car nous logerons à Ballinskelligs (Baile an Sceilg), le village des Skelligs, ce qui laisse deviner nos intentions.

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Et soudain, au détour d'un virage, dans le jour déclinant, la vision tient du miracle, d'autant qu'à ce moment précis, nous n'osons toujours pas croire que les îles du couchant seront accessibles.

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Nous arrivons enfin à ce qui sera notre home pendant une semaine. Voici ce que nous voyons de notre porte :

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Mais le lendemain il ne faudra pas traîner...

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