EN ALAN AR MEURVOR

Tonket d'ar mor hag en e zle

08 novembre 2009

PIECES A CONVICTION - BRO AR MORDANIOU

-          Je ne vous vois guère enclin, Monsieur le Juge, à m’accorder des circonstances atténuantes, me trompé-je ?

-         

-         Si, au contraire. Pas plus tard qu’hier, j’ai su résister, vaillamment et sans faiblir, à l’appel d’Alan Meurvor. Courbé sous les vents de galerne, j’ai percé les défenses de la ronce et de l’épine noire, j’ai pioché la terre, déraciné… D’ailleurs, encore aujourd’hui, mes courbatures en témoignent et…

-         

-         Bien sûr Monsieur le Juge, mes courbatures vous sont invisibles et ne pourront pas être portées au dossier mais l’essentiel est ailleurs…

-         

-         Ma voisine n’avait qu’à ne pas me narguer de la sorte !

-         

-         Certes, 20 km, c’est beaucoup pour un voisinage, mais c’est que nous nous adonnons à la fenêtre électronique et hier soir, moi fourbu, rappelez-vous, elle me balance à la figure, via la fenêtre sus mentionnée, vous avez compris, de superbes photos de la pointe du Van. Tenez, vous pouvez vérifier, c’est ici ! Dans le genre prick teaser, on ne fait pas mieux. Pardonnez-moi, Monsieur, le Juge, c’est une métaphore ! Alors, oui, je le reconnais humblement, j’ai voulu…

-         

-         Vous l’avez dit, Monsieur le Juge, me venger ! Mais dites-moi, l’art mis dans l’exécution du forfait, les efforts physiques, mieux encore, les périls encourus, n’allègent-ils pas la culpabilité ?

-         

-         Oui, j’ai bien dit, les périls ! La prise de risque fut énorme, à tel point que je dirais qu’au vu de l’engagement mis dans cette entreprise, la vengeance ferait presque honneur à celui qu’elle vise, la plaignante, n’est-il pas ? Bref, nous fûmes les seuls à nous engager sur l’étroite piste caillouteuse dont on avait ôté les câbles et autres rambardes de sécurité. Le vent était si violent qu’en certains endroits tout l’effort musculaire semblait déployé à ne pas reculer, à ne pas être balayé comme de vulgaire fétus de paille. Je me vis en quelques failles ouvertes sud-nord, incapable pendant de longues secondes, soit de progresser, soit de revenir sur mes pas ! Fort heureusement, le vent nous poussait vers le sud où la paroi granitique retenait nos corps et évitait un envol fatal. Mon assistant, un londonien, imaginez la chose Monsieur le Juge, bien qu’il se fût lesté d’un silly coat, maudissait Dieu de ne lui avoir accordé que 61 kg ! Je craignais qu’il ne regagnât la perfide Albion par les airs, à la manière d’un sea bird !

-         

-         Bien, bien, Monsieur le Juge, je vois que vous me trouvez bavard, voici les pièces à conviction :

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An den a savas hag a reas un nebeud kammedoù diasur war-zu lez an tornaod ma wele ar mor o fregiñ a-rodelladoù war ar c’herreg-tarzh. Displegañ a reas e zivrec’h ar brasañ ma c’halle, ha mont war-raok.

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C’est le pays des balises, des amers, des tourelles, de ces dérisoires fanaux qui sont à cet indocile magma d’émeraude ce que les clochers sont au bocage.

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Ce pays a aussi ses cathédrales… les phares.

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Petit hommage monomaniaque enfin à une silhouette qui a fait rêver l’enfant que je fus de l’adulte qui n’en revient pas encore de l’avoir à portée… d’objectif.

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Tevenneg, fut un exil insoupçonnable pour une famille…

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Je ne l’avais pas vu de mes yeux bien que j’eusse scruté l’horizon, et il apparait sur les photos, comme par magie, comme un fantôme derrière la Vieille : AR MAEN. Sur la seconde photo, vous pouvez les voir tous les trois, du premier au dernier, quatre lieues d’enfer écumant.

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06 novembre 2009

COURS DE BRETON - MALIGORN EÑVORIÑ

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03 novembre 2009

TU N'ENCULERAS POINT... EN BRETON

Lorsque l’on rend public quelque-chose que l’on a créé, on s’expose par voie de conséquence à la critique. Les louanges sincères donnent ni plus ni moins que du bonheur, la mauvaise presse blesse, force est de le reconnaître aussi. Il faut apprendre, j’imagine, à n’accorder aux unes comme à l’autre qu’un poids relatif. Je suis d’ailleurs le premier à prêcher pour une plus grande abondance et un plus grand discernement dans la critique littéraire bretonne et me dois donc de reconnaître la plus totale légitimité à toute appréciation négative argumentée qui concernerait les caractéristiques intrinsèques des textes. De ces dernières, il ne me viendrait pas à l’esprit de parler ici.

Pourtant, tombant aujourd’hui sur le second article de presse consacré à mon recueil de nouvelles, j’y lis une remarque peu ou prou équivalente à celle formulée dans l’article lu précédemment et qui me fait, je dois l’avouer, à cause de la réitération qu’elle contient, bondir. Je ne peux certes pas jouer, dans cette affaire, la carte de la naïveté. Ceux qui me côtoient de près savent assez que j’ai exprimé plusieurs fois des craintes sur la façon dont cet ouvrage serait reçu. Néanmoins, mon inquiétude concernait uniquement la nouvelle éponyme du livre, qui, bien qu’elle soit un des textes dont je suis le plus fier, contient une description crue et ambigüe d’une scène de viol et dont la conclusion peut paraître choquante.

Mais dans les deux articles, les auteurs affirment que le thème récurrent de l’homosexualité – traitée de mon point de vue de façon plus poétique que factuelle – empêche le lecteur landa, donc hétérosexuel, d’y trouver son compte. Dans le deuxième, il y est même dit qu’un lecteur hétéro pourra sans doute difficilement lire la dernière nouvelle (le viol) jusqu’au bout ! L’assertion est assortie d’une réflexion que je traduirais par : « Que voulez-vous, on ne joue pas tous dans la même cour ».

Je trouve que c’est gonflé ! Dois-je dire, moi, sous prétexte que je suis homo, que les 99,99% de livres que j’ai pu lire dans ma vie où il était question d’amour ou de désir m’étaient indigestes parce qu’il s’agissait d’histoires entre un homme et une femme ? Et puis, rassurez-moi aussi : Les lecteurs de Jean Genêt, les spectateurs de « Brokeback Mountain » et autre « Tu n’aimeras point » sont-ils tous homos ou non ? Combien de livres, de films nous invitent à entrer dans la vie de gens auxquels nous ne pouvons pas nous identifier dans l’absolu ? Mais n’avons-nous pas tous en commun cette humanité qui fait qu’en extrapolant nous devrions toujours pouvoir faire vibrer notre corde sympathique ?

Bien que je ne parvienne pas à y voir clair, il y a un enseignement à tirer de ceci : l’enthousiasme suscité par la sortie de Pa*r Di*bar et les silences éloquents qui entourent celle du R*oc. Témoigner serait acceptable mais pas de broder avec ce coton là ?

D’ailleurs, dans le second article, il y est fait allusion : « Depuis la sortie de Pa*r Diba*r, ce n’est une secret pour personne que Karagar est homosexuel. » Alors, à quoi bon l’écrire ? Une fois de plus, sans pouvoir l’analyser, cette remarque m’a agacé.

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01 novembre 2009

LIKE AS THE WAVES...

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SALON DU LIVRE

Quand ça n'écrit pas, ça cause....

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Ou pire encore...

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31 octobre 2009

TROIS CHOSES

Lorsque Jonathan arrive, il tient un sac contenant des choses qui me sont destinées. Je devine assez vite qu’il s’agit une fois de plus de reliquats de mon passé. Se peut-il qu’il y ait encore des choses, me dis-je, dans cette vieille maison, qui ne tolèrent d’y demeurer en paix ? Il est vrai qu’à chacun de mes passages, je repars avec un des ces colis d’assemblages hétéroclites qu’on prépare à mon intention, à l’annonce de mon arrivée. N’est-il pas normal de laisser des choses derrière soi ? J’avais fait de même dans la maison parentale, près de Paris. Une nouvelle vie ne peut s’encombrer de bagages devenus inutiles ou incongrus. J’ai dû réellement faire le tri, décider de se qui serait perdu à jamais, à la mort de ma mère, alors que la maison était vouée aux dents acérées des bulldozers. 

C’est vrai que je quittai la maison parentale à l’anglaise, feignant de partir en vacances – pour ne jamais revenir. Alors, il n’y eu jamais de déménagement consacré, rituel, net. J’y avais donc laissé des choses qui auraient eu leur part dans ma vie d’aujourd’hui, essentiellement des livres en breton. Ils ont désormais leur place, derrière moi, sur des rayonnages de bois.

Je quittai la maison des monts d’Arrée, la maison de mon jardin, le décor de ma vie supposée hétérosexuelle, d’une manière tout aussi floue. Pour un petit studio quimpérois - trop petit de toute façon pour contenir les traces d’une vie bien entamée – où je ne passais que la semaine travaillée. Dès le vendredi soir, je rentrais à la maison, devenue désormais, « de campagne ». Et puis, insidieusement, je désertai la maison tout à fait, mes week-end n’étaient plus pour le jardin mais pour mon amant. Je ne retrouvai mes livres et quelques bricoles que lors de l’achèvement de la maison océane.

Les colis qu’on me fait parvenir aujourd’hui contiennent des choses parfois si insignifiantes que je m’interroge. Est-ce le souci de ne rien garder qui puisse m’être utile d’une façon ou d’une autre, une sorte d’honnêteté rigoureuse, ou bien plutôt une volonté d’effacement consciencieux des traces qui motive la confection de ces petits paquets ? Cela ne provoque aucune émotion chez moi, juste un questionnement.

Dans le colis, trois choses retiennent mon attention.

Des photos, d’abord, de moi. Combien de fois me sont parvenues ainsi des photos de moi, d’elle et moi, même. Je n’ai jamais fait aucune remarque. Mais enfin, c’est étrange, non ? Aujourd’hui, pour assoir ma réflexion, j’ai pensé aux albums photos de Vladimir. Toutes ses vies, tous ses hommes y sont. Il y eut sans doute aussi des séparations douloureuses, mais ces tranches de vie ne semblent pas reniées… Je ne suis nullement froissé, triste pour elle plutôt.

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A Saint Fiacre, Le Faouët

La seconde chose est un objet, que Jonathan tient dans la main. Alors qu’il s’approche de moi dans une attitude précautionneuse qui atteste de la fragilité de la chose, j’essaye en vain, vaguement inquiet, d’en déterminer la nature. Il y a au creux de sa paume quelque-chose qui ne ressemble à rien de connu. Il le dépose sous mes yeux et enfin je comprends. Un truc que je croyais perdu à jamais. Un morceau de contrefort gothique avec niche pour statue, tombé de ma cathédrale !

Enfin, le troisième élément prend du sens après avoir découvert le second. C’est un long listing (qui m’avait envoyé cela ?) de plantes, d’arbres, pas tous indigènes, du genre de ceux qu’on trouverait dans un grand jardin, avec une colonne, parsemée de blancs, pour la traduction bretonne. Et si l’écriture d’un roman était l’occasion de proposer quelques noms pour ces belles exotiques devenues communes en nos jardins bretons si accueillants ? Encore un motif supplémentaire… D’ailleurs, j’en ai déjà un à proposer, pour le tulipier de Virginie : gwezenn penn-kazh, je sens que ça va faire un tabac !

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24 octobre 2009

FLEURS COUILLUES ET BEAUX MÂLES

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Ouzh heol ar bleizi

Karagar n’a jamais été très compétant en plantes d’intérieur. Et cela pour deux raisons : il n’a pas connu la frustration de plantes ornementales puisqu’il en avait des centaines dans son jardin et il habitait dans une maison ancienne, sombre et froide où les belles tropicales mouraient de peur. Mais, depuis qu’il habite dans une maison ou le sud s’engouffre généreusement, il s’est laissé tenter…

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Certaines lui furent offertes et sont bien vaillantes !

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La toute première à entrer dans la maison, longtemps esseulée, fut une orchidée, cadeau de pacse de ma presque voisine. Je sais la bestiole délicate et ai toujours craint qu’elle ne réitère jamais les performances pulpeuses qu’on leur voit en magasin. Ne point trop s’en occuper fut ma devise et, dernièrement, j’adjoins à ma belle indifférence, un traitement qu’on me conseilla. Et miracle, je crois qu’elle va refleurir.

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Karagar a cliqué fiévreusement sur un site où, comme il pouvait s’y attendre, il s’extasia devant de beaux mâles à poils Des biens bâtis, puissants en diable, le regard féroce rendant leur moment de tendresse plus délicieux encore. Comment en suis-je arrivé à cette extrémité ? D’abord un rêve, l’autre nuit avec le réveil cruel qui ne manque d’arriver. Et puis, aujourd’hui, en faisant le ménage… Gast ! Des crottes de souris ! Alors, lâchant balai et torchon, de manière incontrôlée, suivant une idée soudainement germée, Goo*gle. Je ne tarde pas à trouver le site. Elevage de Maine Coon, Finistère sud… Chut, pas un mot à Vladimir qui attend son gouttière noir et blanc !

(Gus, le plus gros Main Coon de Bretagne)

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LES ÏLES, YA OU OUI, LES JOLIES FILLES

Encore de ces petits riens qui ne sont que prétextes à dérouiller le clavier.

« Ca, c’est les îles », la petite phrase tirée du film « L’équipier » que nous nous répètons à l’envi, Vladimir et moi, comme pour feindre d’oublier que la frange orientale du Cap s’accroche au continent, j’ai regretté tout à l’heure qu’il ne fût à mes côtés pour la lui lancer. Je découvre en me levant un temps que je n’apprécie guère. Crachin, ciel blanc et sans relief. J’aime les nuages, les atmosphères perturbées, la pluie cinglante et le soleil en embuscade, j’aime la valse des dépressions atlantiques, je ne comprends jamais la consternation qui s’affiche sur les visages au moindre milimètre cube d’H2O qui s’écrase sur le sol, mais le ciel uniformément blanc, j’avoue, je le trouve aussi triste que d’admettre que la vie ne recèlerait aucun mystère. Tout occupé à mes travaux ménagers, je ne vois pas le changement qui s’opère et quand enfin je sors sur la terrasse, ce n’est pas tant le soleil éblouissant qui me surprend que la température. Instinctivement, je retire mon pull. Les insectes bourdonnent comme soudain réveillés. Au même moment, le bulletin météo parle de la grisaille du nord de la France. Je fronce les sourcils jusqu’à ce qu’il mentionne l’exception de notre péninsule. Vient ensuite la litanie des températures, 14° à Paris, 17° je ne sais plus où (Biarritz, peut-être) et il termine par un joli 18° à Brest. C’est comme à l’école, quand on a eu la meilleure note. Oui, je le confesse, les résultats footballistiques me gonflent, mais j’ai le chauvinisme météorologique ! Ah, au fait, devant un tel changement, je me suis dit : « Ca, c’est les îles ! ».

Quand je réponds au téléphone, si je ne reconnais pas d’emblée la voix au bout du fil, je suis à chaque fois victime d’une surchauffe neuronale : Faut-il répondre « ya » ou « oui ». Ca parait bien peu, mais dans le court laps de temps avant que l’interlocuteur décline son identité, mon errance est terrible. Une sorte de « bug ». Le malaise est parfois tel, qu’il peut durer bien après que l’ambiguité est levée, me faire bredouiller, et donner l’impression qu’on me dérange. J’ai été déstabilisé plusieurs fois par des personnes non bretonnantes qui utilisent la forme bretonne de mon nom. Devoir répondre « oui » après avoir entendu mon nom en breton me demande un effort intellectuel intense ! Assez curieusement, ce matin, on m’apelle par mon prénom en français et j’ai étépris de la même hésitation ! C’était le mari de mon ex.

Un petit souvenir m’a traversé après lui avoir parlé. C’est un garçon facile à vivre, plutôt sympathique et avec lequel je suis à l’aise. De tous les hommes que je connais, il a le statut unique et étrange à mes yeux d’être relié à moi par une femme (je veux dire qui est ou fut notre). Curieusement, pendant longtemps, et malgré sa carrure, il me craignait. Je l’initimidais, tout ce que je lui disais semblait être reçu comme un ordre ! Il ne percevait sans doute pas, le bougre, que dans le même temps, alors qu’il effectuait des travaux chez nous et que je prêtais parfois main forte, moi, je m’efforçais de ne pas être à la traîne, d’excécuter correctement les tâches qu’il me confiait, avec cette ancienne petite voix stupide mais parfois encore présente qui me sussure de faire semblant d’être un mec comme les autres. Marrant, non ? Je veux dire tous ces moments de la vie où les gens interprètent les autres de travers. J’ai un vague projet d’écriture, là-dessus : je n’ai que le titre « re an tu all » et une bonne idée de mise en scène, me semble-t-il.

Un jour, le mari de mon ex et moi, dinions en tête à tête. Son fils devait être là aussi. Je ne sais plus comment nous en sommes venus, - ce fut la seule fois -, à évoquer mon homosexualité. (Grrr… dit comme ça on dirait une pathologie). J’en viens à dire, sans doute dans un esprit de boutade : « tu sais, moi je ne regarde pas les femmes » (regard sexuel s’entend sinon l’assertion serait fausse !).  Et là, il me répond avec un aplomb non coutumier chez lui et qui m’avait désarçonné : « c’est faux ! ». Devant mon air d’incompréhension, il s’explique : « Ben si, tu sais repèrer les jolies femmes, et S. alors ! » Il parlait de sa femme, bien-sûr. L’amour avait guidé ses paroles et j’avais trouvé cela touchant. Mais je n’ai rien trouvé à répondre.

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21 octobre 2009

DIHUN ALAN MEURVOR - LE REVEIL D'ALAN MEURVOR

w01Darn a ya war gousk ken gant ar soñj eus diskar an amzer, en em zastum enno o-unan. Ar roue kozh Alan Meurvor avat, aet faezh o labaskenniñ a-hed un hirbadus a hañvezh a zihun trumm hag e skeventad kentañ, daoust pegen klouar, a zo dezhañ nerzh dibar an azgzenel.

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NETRAOUIGOU (petits riens)

Grosse fatigue hier soir, de celles qui engluent l’esprit et émoussent les envies. J’en profite pour exécuter quelques tâches qui sollicitent peu l’imagination : j’envoie des photos de « Moi et Shakespeare », j’écris un mail à une amie parisienne pour lui signaler que Vladimir présente sa pièce à Paris et je me vautre devant la télévision. Mais dès la réception du mail, l’amie me téléphone et l’entretien sera long. Tant que ma posture canapéesque n’est pas remise en cause, tout me va, anything goes, comme dirait l’autre. Au cours de la conversation, quelque-chose retient mon attention. Elle me parle de son grand-père trégorrois, jardinier au château de K., un homme d’un autre temps, qui était dans une forme de servitude et qui soudain, lui semble avoir été libre. Une envie de jardin, de quitter la ville qui résonne étrangement dans la bouche de cette urbaine. Tiens, la conclusion de Candide revient sur le tapis. L’interprétation que m’en donna Vladimir samedi semblait être assez juste. Faudrait-il remettre le nez dans Voltaire ?

Un dernier clic vers la boîte à mails, au cas où – où quoi ? Je ne sais, je n’attends rien de particulier, en tout cas pas à ces heures là - avant la cigarette ultime. Vous savez, celle qui se fume sur le balcon, hañv-goañv, été comme hiver. J’allume la lumière en forme de hublot, qui n’éclaire que le plancher décoloré, la balustrade bleue – rambarde de phare ou d’un transatlantique ? – et se fond dans la noirceur. J’entends le vent dans les branches, les vagues qui galopent vers la rive de galets (comme dirait l’Autre, avec un grand « A » cette fois) et tous les rêves salés sont alors possibles.

« Tiens, j’ai retrouvé ça dans mon ordi ! ». Le message est laconique. Et viens d’une enseignante. J’ouvre le dossier joint. C’est une sorte de devoir scolaire, rédigé par un lycéen. L’exposé est assez squelettique et on devine le plan imposé. Présentation de l’auteur, résumé du livre, remarques sur la langue, appréciation personnelle. J’ai alors imaginé cet élève dans ses recherches. L’auteur ? C’est qui ce type ? Ca m’a rappelé un truc qu’on avait eu à faire au collège dans le cadre du cours de musique : résumé de la vie de Moussorgski ! Pas entendu la moindre quadruple croche ! Et on s’étonne que je n’aie toujours rien compris à la musique savante ! Je lis la présentation de l’auteur. Pas une ligne n’est du lycéen : il a recopié une partie de l’article de Wikipédia. Ca m’a fait tout drôle soudain, d’être Moussorgski ! Je lui accorde néanmoins d’avoir été au-delà du simple clic. Car il a trouvé une photo ! Or, il n’y en a pas sur l’article de Wiki qui m’est consacré. Pour trouver une photo de moi…, la seule (nominale) sur le Net, à ma connaissance, il faut aller voir l’article de Wiki consacré à… Mme K. (On ne rit pas au fond de la salle, mar plij !). Le résumé est un peu un miroir déformant qui grossit des détails qui n’avaient pas une grande importance, mais l’histoire semble avoir été comprise. En conclusion, il semble avoir aimé le livre dont il dit qu’il fut « facile à lire ». Ca, c’est la bonne nouvelle. On ne me le dit pas si souvent, et émanant d’un lycéen, c’est encore mieux.

Sujet de devoir scolaire ! Mon Dieu, la vie est cruelle !

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